La position particulière de Calais, interface naturelle entre le continent et la Grande-Bretagne depuis les temps les plus reculés, en fait un lieu d'observation privilégié des circulations dans le Nord de la France, et plus précisément des déplacements des hommes. Longtemps pris dans un sens restrictif, ce dernier terme a occulté la présence féminine. Pourtant, les femmes sont bien présentes, pas uniquement épouses fidèles de maris voyageurs : pèlerines, filles à marier ou femmes de mauvaise vie, colporteuses ou messagères, activistes ou réfugiées, elles traversent la région de part en part depuis le Moyen Age. Artistes, femmes du monde (ou du demi-monde), commerçantes, aventurières n'hésitent pas à franchir le détroit, sans parler des sportives qui relèvent ce défi à la nage ! Ce territoire géographiquement limité s'avère ainsi d'une grande richesse et participe, par petites touches ou par des études plus étendues, à bâtir une meilleure vision des déplacements des femmes. Il apporte ainsi sa pierre à l'édifice de l'histoire des femmes comme à celui de l'histoire des circulations et contribue à sa mesure à établir le pont entre les deux.
Résumé : Musicien né à Tarascon en 1723, chanoine à la cathédrale de Nîmes, Charles Gauzargues réussit le tour de force 1 d'entrer, pratiquement inconnu, comme maître de musique à la Chapelle royale de Versailles, sommet d'une carrière rapide et exemplaire. Célébré au XVIIIe siècle comme un "virtuose" et un "savant compositeur", son nom sombre pourtant dans l'oubli avec la chute de la monarchie et la Révolution française. Sa chute sociale, comme pour nombre de musiciens de cour de l'époque, n'aide pas à reconstituer son parcours. Première biographie consacrée à ce compositeur, représentant de la grande musique française, l'ouvrage suit pas à pas le jeune Gauzargues à Tarascon, puis à Nîmes où il enseigne à la cathédrale, enfin à Versailles où il prend toute sa place de maître de musique de la Chapelle de Louis XV Déclassé par la Révolution ; il finit le siècle ruiné. Toute sa vie, il aura poursuivi une carrière de musicien et d'ecclésiastique, et soutenu de nombreux procès qui font la saveur de la vie sous l'Ancien Régime. Il nous laisse deux traités d'harmonie et de composition, de conception fort moderne, ainsi qu'un motet sur lequel plane l'ombre de Rameau - oeuvres présentées et analysées ici pour la première fois.
Résumé : Alors que la monarchie lance ses derniers feux, la Musique du roi recherche l'excellence en regroupant, comme au Grand Siècle, les meilleurs artistes du royaume et recrute jusqu'au-delà des frontières. Castrats italiens, enfants de choeur et autres chanteurs aux voix puissantes composent un choeur formidable, admiré par Leopold Mozart. L'orchestre n'est pas en reste, dont les virtuoses parmi lesquels le jeune Rodolphe Kreutzer " emportent la musique à la première vue quelque difficile quelle soit s. Chaque jour, à la chapelle, à l'opéra ou dans les salons, la musique composée par les chefs de cet ensemble d'élite résonne dans les résidences royales. C'est à Versailles qu'habitent la plupart de ces musiciens. Ils constituent un groupe social homogène, soudé par des liens forts qui dépassent la complicité musicale : mariages heureux ou non, parrainages, amitiés s'y épanouissent en une sociabilité qui s'étend à l'ensemble des serviteurs de la Cour et au voisinage versaillais. Ces quelque 400 hommes et femmes laissent entrevoir l'intimité de leurs logis, entrouvrent la porte de leur culture et de leurs sentiments. Acteurs du cérémonial monarchique, ils permettent aussi une approche originale de la société urbaine des dernières décennies de l'Ancien Régime.
Voici un roman surprenant qui nous entraîne au-delà des simples apparences. L'histoire de ces deux femmes nous invite à plonger au coeur de nous-mêmes, là où réside notre grandeur et notre amour.
L'opposition " correct/incorrect " sert ici de base à un ensemble cohérent d'études portant sur la nature de la traduction, les décalages qu'elle doit accepter ou éviter, la perception et le rendu des valeurs de la ponctuation, la défense des éléments " périphériques " tels que les épigraphes (à partir d'un corpus de traductions d'Ann Radcliffe), la traduction de la théâtralité (à partir de versions successives du Misanthrope), l'exploration d'une des limites de la traduction avec le dialecte, comme incorrection et infraction sociale (dans L'Amant de Lady Chatterley). le traitement de certains effets stylistiques du prétérit anglais, une réflexion cognitiviste sur les généralisations observables en traduction à partir des spécificités linguistiques et des tendances des discours, et enfin une réflexion sur l'adéquation de certaines étiquettes visant à caractériser les options de traduction. Les études de ce volume, abondamment illustrées d'exemples, proposent une vision réaliste de la traduction, qui contribue à affirmer notre perception de l'essence de cette opération tout en faisant apparaître plus clairement les paramètres des actes de jugement et de production sur lesquels elle repose.
De Gaulle, Vendroux, la Résistance, autant de figures et de thèmes connus et méconnus. Le colloque qui s'est tenu à Calais en 2010 les aborde et apporte sa pierre au grand édifice de l'histoire. La Résistance dans le Nord de la France, le Gaullisme et les attaches du Général et de son épouse Yvonne Vendroux à la région, à Calais, à Boulogne étaient au coeur de ces journées. Cette publication s'adresse donc à un public élargi tant les aspects évoqués sont variés. Comment la Résistance se met en place dans le Pas-de-Calais ? Comment ces thèmes ont-ils été évoqués dans les manuels scolaires ? Quels itinéraires pour De Gaulle et la famille Vendroux dans cette période et après ? Qu'en est-il resté politiquement ? Quelles visions les musées régionaux nous offrent-ils ?
Cet ouvrage a pour but d'apporter une contribution à la carte mondiale des littératures car il décrit et analyse les empreintes culturelles, soit le genius loci, de la littérature brésilienne traduite en France dans le système culturel et littéraire français au cours du XXe siècle. Il montre comment les traducteurs traduisent (stratégies éditoriales/commerciales, modèles, concepts de traduction et tendances traductionnelles suivies), et se demande s'il y a assimilation de " l'étranger " ou plutôt ouverture vers les innovations dans la langue et la culture. Ces traductions ont non seulement répandu une certaine vision du Brésil, du Brésil français, mais encore construit et projeté, dans l'imaginaire français, une identité nationale brésilienne qui a toujours cours aujourd'hui. Pour appuyer cette idée, il est tenu compte de tout ce qui " environne " les traductions : choix et décisions de traduction, marché de l'édition, profil des traducteurs, contraintes, ainsi que du ciblage du public-lecteur auquel sont dirigées les traductions. Et si, la position du Brésil, de sa culture et de sa littérature en particulier, véhiculée par le choix des auteurs et des œuvres traduites, sur la carte mondiale des littératures, est celle d'un pays " dominé ", l'étude des traductions françaises d'œuvres brésiliennes révèle les rouages complexes du fonctionnement des systèmes culturels et interculturels.