Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'Asie Mineure après Alexandre (vers 323-vers 270 av. J.C.). L'invention du monde hellénistique
Capdetrey Laurent
PU RENNES
30,00 €
Épuisé
EAN :9782753583603
Pendant des siècles, l'Asie Mineure et l'Anatolie ont constitué l'horizon oriental du monde grec. A partir de 334 av. J. -C. , la conquête menée par Alexandre et les Macédoniens change brutalement la donne. Cette région complexe, composée de sous-ensembles aux identités géographiques et culturelles affirmées, devient alors durablement une sorte de pont intérieur entre l'Egée et la Méditerranée orientale et, au-delà, la Mésopotamie et le monde iranien. Mais à partir de la mort d'Alexandre en 323, elle devient aussi un lieu privilégié de l'affrontement entre ses successeurs et, ainsi, un espace de légitimation des ambitions des différents acteurs, notamment celles d'Antigone le Borgne. Dans le demi-siècle qui court des années 320 à 270, en raison de sa grande diversité territoriale et politique comme de son caractère stratégique, elle est aussi un espace essentiel d'expérimentation de ces formes inédites de domination que sont les pouvoirs royaux hellénistiques. Ce sont alors de nouvelles modalités de relations avec les communautés locales qui sont inaugurées, par tâtonnement, de nouveaux types d'espaces urbains qui se diffusent, de nouvelles conceptions des territoires royaux qui s'affirment, mais aussi de nouveaux réseaux d'échanges et de mobilité qui émergent. Dans ce processus, les rois et les dynastes ne sont pas les seuls à agir, et il faut rétablir le rôle des acteurs locaux, notamment les cités, dans ce processus complexe d'invention du monde hellénistique dans lequel la péninsule anatolienne occupe une part essentielle.
Résumé : La période hellénistique commence avec l'expansion considérable du monde grec lors de la conquête de l'Empire perse par Alexandre le Grand : ses frontières s'étendent désormais jusqu'à l'Egypte et aux contreforts de l'Himalaya, et elle s'achève lorsque Rome s'empare de l'Orient méditerranéen. Cette époque charnière entre l'histoire grecque et l'histoire romaine a longtemps été considérée comme une période de déclin après la période classique, mais l'historiographie récente a complètement renouvelé les approches en s'appuyant notamment sur l'archéologie et sur l'étude des transferts culturels. Elle met l'accent désormais sur la créativité et la vitalité des habitants du monde hellénistique, qu'ils soient grecs, juifs, égyptiens ou orientaux. L'histoire de cette période est traversée aussi par de vifs débats historiographiques qui rejoignent souvent l'actualité de notre époque, comme la question des identités politiques et culturelles ou la réflexion sur la notion de "déclin".
De la fin du IVe siècle au Ier siècle av. J.-C., le royaume séleucide fut, avec ses concurrents lagide et antigonide, une des principales puissances du monde hellénistique. Les conquêtes de Séleucos, le fondateur de la dynastie, lui permirent en effet de dominer au début du IIIe siècle un territoire qui, de la mer Egée à l'Asie centrale et de la Babylonie à la mer Caspienne, faisait de lui le principal héritier de l'empire d'Alexandre et le conduisait à dominer des cités, des dynastes ou des ethnè souvent soucieux d'affirmer leur propre autonomie. Mais l'histoire du royaume séleucide fut aussi marquée par des périodes de crise et de mise en cause de la capacité du pouvoir à dominer la totalité des régions qu'il revendiquait. Si le règne d'Antiochos III (223-187) fut celui d'une réaffirmation de la puissance séleucide fragilisée par la perte des provinces orientales au milieu du IIIe siècle, la seconde partie du IIe siècle vit au contraire l'affaiblissement progressif d'un pouvoir séleucide miné par les crises dynastiques et confronté à la pression de Rome et des Parthes. Contraint, par ses propres ambitions, à dominer un territoire relevant d'une diversité politique, culturelle et ethnique identique à celle de l'empire achéménide, le pouvoir séleucide eut à mettre en place des processus complexes de domination pour affirmer une souveraineté qui ne se confondait pas avec la simple puissance. Fondé sur une documentation épigraphique et archéologique fortement renouvelée au cours des deux dernières décennies, ce livre présente une réflexion sur les structures de ce pouvoir et sur les modalités de son exercice entre la fin du IVe siècle et la fin du IIe siècle. Il se propose notamment de discuter l'idée, longtemps dominante, d'un pouvoir séleucide qui aurait été atteint d'une faiblesse consubstantielle, lui interdisant de contrôler réellement son propre territoire. C'est par l'étude des différentes formes de domination mais aussi par une analyse précise du fonctionnement de l'administration que l'on peut apprécier l'efficacité et l'emprise réelles d'un pouvoir macédonien qui, plus que les autres, eut à inscrire dans l'espace et dans la durée l'ambition qui avait été celle d'Alexandre le Grand.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni