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LA FORMATION DU CONCEPT DE REFLEXE AUX XVIIE ET XVIIIE SIECLES
CANGUILHEM
VRIN
26,00 €
Épuisé
EAN :9782711601097
Dans cette étude, qui était à l'origine sa thèse de doctorat, Canguilhem retrace les étapes historiques de la formation du concept de réflexe au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, c'est-à-dire depuis les premières expérimentations sur les relations entre système nerveux et système musculaire, jusqu'à la formulation théorique du mouvement involontaire animal, à l'époque moderne. Loin de se réduire au résultat de découvertes spécifiques, et encore moins attribuable à une figure unique de la pensée scientifique, le concept de réflexe s'articule au fil d'une histoire conceptuelle riche et complexe, en opposition à la conception "mécaniste" du vivant héritée de Descartes. C'est cette histoire que Canguilhem nous livre dans ses mutiples sources et filiations, en explorant les travaux de physiologues et biologistes tels que Willis, Haller, Unzer et Pochaska : un exercice exemplaire - et devenu désormais classique - d'histoire des sciences et d'épistémologie.
Résumé : "Puisque la parole et l'écrit devaient aboutir à l'action, c'est-à-dire à la main et à ses gestes, Cavaillès a pensé que c'était d'abord sa main qui devait accomplir des gestes d'opposition défensive et offensive." Georges Canguilhem
Publié pour la première fois en 1962 dans la revue Thalès, ce recueil retrouve aujourd'hui après sa réédition en 1985 dans la collection "Pratiques Théoriques" dirigée par Étienne Balibar et Dominique Lecourt, une force particulière. De 1759 en effet, date de publication de "Theoria generationis" de Caspar Friedrich Wolff à 1859, date de "l'Origine des espèces" de Darwin, s'est constituée une pensée du développement et de l'évolution que l'épistémologie, la biologie, la médecine d'aujourd'hui ne peuvent ignorer. Ni "futilité d'érudition", ni "exercice scolaire" pour reprendre les expressions de Georges Canguilhem, cet ensemble de travaux est un moment essentiel de l'histoire et de la philosophie des sciences contemporaines. L'embryologie, la génétique moléculaire du côté des sciences exactes, les enjeux sociaux et politiques du côté des sciences humaines sont des mots et des choses. Georges Canguilhem, successeur de Gaston Bachelard, à la tête de l'Institut d'Histoire des Sciences, a toujours privilégié la rationalité critique au détriment des modes. La recherche fondamentale lui a donné raison en précisant "le statut social de la science moderne" et en écartant toute forme de bricolage artificiel. Publié pour la première fois en poche, ce "travail d'équipe" témoigne des exigences d'une communauté de chercheurs attentifs au renouvellement des méthodes et des idées
Découverte scientifique tout autant qu'artistique, la photographie, dès son origine en 1839, est source de promesses. Ceux qui les premiers en perçoivent toutes les potentialités sont les acteurs du monde scientifique. Aux yeux de l'observateur de laboratoire, elle doit permettre d'enregistrer ce que l'homme ne voit pas : de l'infiniment grand à l'infiniment petit. Véritable " rétine du savant ", selon la célèbre formule de l'astronome Jules Janssen, la photographie devient dès lors l'auxiliaire indispensable de la méthode scientifique. Cet ouvrage ne cherche pas à retracer en images une histoire de la photographie scientifique (déjà traitée dans d'autres ouvrages), pas plus que d'en conter les grandes étapes ou de dresser la liste de ses principaux acteurs. Il s'agit davantage d'un livre d'images avec une iconographie choisie - souvent inédite - rendant compte de l'étonnante diversité de formes qui aujourd'hui encore suscitent l'émerveillement. Avant tout, l'ouvrage se propose de rendre ces photographies à leur vérité historique en les replaçant, par le biais de notices individuelles, dans le contexte qui les a vues naître et qui fut leur raison d'être initiale (témoignages d'observations ou d'expériences réalisées au sein de divers protocoles médicaux). Malgré le caractère strictement documentaire de cette iconographie, les aspects formels générés par la photographie scientifique ne furent pas sans répercussion sur les différents courants artistiques de la première moitié du XXe siècle. S'il est possible de déceler les traces de cette influence dès les dernières décennies du XIXe siècle, c'est surtout chez les avant-gardes des années 1910 à 1930 que l'impact de cette iconographie scientifique est le plus manifeste. Dans sa postface, " A la recherche d'images susceptibles de nous extasier. Le goût des avants-gardes pour la photographie scientifique ", l'historien Clément Chéroux revient sur cet aspect historique en analysant l'engouement des avant-gardes pour 1'iconographie scientifique qui se traduit principalement par la défense, voire l'appropriation, d'images à caractère scientifique, notamment au sein de courants artistiques comme le surréalisme ou la nouvelle objectivité. Nombreuses sont, en effet, les ?uvres de cette période gui empruntent à la photographie scientifique son processus de production, son mode de visibilité, ou son simple aspect.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.