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EXPORTER LA LIBERTE, ECHEC D'UN MYTHE
CANFORA LUCIANO
DESJONQUERES
10,50 €
Épuisé
EAN :9782843211041
LIBERTÉ POUR LES GRECSAlors qu'on abattait les remparts d'Athènes, au mois d'avril de l'an 404 av. J.-C., beaucoup pensèrent - comme on le lit dans l'Histoire grecque de Xénophon - «que de ce jour datait la liberté des Grecs». Sur ces mots, s'achève le récit de la «grande guerre» qui avait déchiré le monde grec pendant presque trente ans.La «grande guerre du Péloponnèse» (431-404 av. J.-C.) avait vite acquis aux yeux des contemporains les plus avisés une très grande importance, bien supérieure à celle de tous les conflits précédents, y compris de la guerre semi-mythique contre Troie et des glorieuses guerres médiques. La raison de cette importance exceptionnelle en était la durée. Au fur et à mesure que les opérations militaires s'éternisaient, on prenait conscience du fait que cette guerre ne se résumerait pas à quelques combats, que la «bataille décisive» était encore loin. Mais pourquoi une telle durée, inconnue jusqu'alors? Parce que l'enjeu de ce conflit était la lutte pour l'hégémonie.Au lendemain des guerres médiques (478 av. J.-C.), Athènes s'était affirmée comme une grande puissance, pôle d'attraction pour un nombre considérable d'Etats, des îles surtout, qui avaient tiré le plus grand bénéfice de la victoire athénienne sur mer contre la flotte perse. Une «alliance» s'était donc créée, vite officialisée, avec Athènes pour «État-guide». Cette rupture des équilibres traditionnels du monde grec - Sparte, et elle seule avait été jusqu'alors la «grande puissance» incontestée - fut à l'origine du conflit avec cette dernière, qui éclata cinquante ans environ après la victoire athénienne sur les Perses. L'«alliance» se mua rapidement en «empire» et les alliés devinrent de plus en plus des «sujets». À côté de la poursuite théorique de la guerre contre les Perses, visant à «libérer» les Grecs d'Asie mineure, Athènes, «État-guide», se consacra avec une fréquence croissante à réprimer ses propres alliés, tentés de lui faire défection. Tentation d'autant plus forte qu'Athènes s'efforçait de maintenir au pouvoir, dans les cités alliées, des gouvernements de même tendance que le sien: des gouvernements «démocratiques», vacillants ou ne disposant pas d'une supériorité numérique sur leurs adversaires (les oligarques et leurs partisans), mais soutenus par les armes de l'«État-guide».Ainsi l'alliance, née dans la foulée de la victoire sur la Perse pour apporter la «liberté», entendons l'indépendance, aux Grecs d'Asie mineure, se transforma en un mécanisme implacable de frein, de contrôle, voire de répression, des Grecs «libérés». Chaque fois qu'ils le pouvaient, les oligarques tentaient deux opérations étroitement liées: abattre le système démocratique et sortir de la ligue athénienne. La principale défection précédant la «grande guerre» qui allait durer trente ans, fut celle de l'île de Samos (441-440 av. J.-C.). Athènes lança contre cette dernière une répression de grande ampleur, lui livrant une véritable guerre qui dura des années. Mais encore une fois, Sparte n'apporta aucun secours aux rebelles, contrairement à ce que ceux-ci avaient peut-être espéré. Il est évident qu'une intervention aurait signifié une guerre généralisée, aux conséquences imprévisibles.
Au milieu du XVIème siècle, à Venise, pendant les premières années du Concile de Trente, un livre extraordinaire émerge du "trésor" de Bessarion : la Bibliothèque de Photius, patriarche de Constantinople au IXème siècle. Sa redécouverte fut saluée avec joie et trépidation. Aux savants et aux humanistes, elle parut l'arche du Salut qui - comme on le dit alors - avait sauvé du "déluge turc" tant d'auteurs grecs. A l'opposé, le monde catholique, surtout ses élites culturelles, la considéra avec méfiance : son auteur était tout de même l'artisan "diabolique" du conflit avec Rome d'où avait jailli le Schisme d'Orient. Cette oeuvre ne fut publiée qu'au début du XVIIème siècle - trois fois en cinquante ans - et toujours chez des éditeurs protestants. La troisième édition, la plus heureuse, celle de Rouen (1653), cache une énigme : par qui a-t-elle été préparée ? Que cache le mystérieux sigle placé à la fin de la préface ? Pourquoi le tirage a-t-il été modifié, avec la disparition de cette préface ? A-t-elle disparu totalement ? La question est résolue par la sagacité de Luciano Canfora, qui conduit le lecteur le long d'un parcours riche en surprises, de Byzance jusqu'à la France de Mazarin et à l'Europe protestante, sur fond de guerres de Religion.
Socrate fut condamné à mort par ses concitoyens. L'événement est si célèbre qu'il masque les autres tragédies qui frappèrent les philosophes grecs. Faire profession de penser, c'est-à-dire de remettre en cause l'ordre de la cité et celui du monde, exposait à des périls extrêmes. A la suite de Socrate, Xénophon banni, Platon vendu comme esclave, Callisthène assassiné, Aristote menacé, Lucrèce disgracié sont autant d'illustrations de cette destinée. Au terme de l'Antiquité, dans l'Egypte hellénistique, la néoplatonicienne Hypatie périt déchirée par une foule fanatisée par l'évêque d'Alexandrie : la cité chrétienne n'était pas plus tendre aux penseurs que la cité païenne. Ces rapports difficiles entre philosophie et politique dans la société antique, préfigurent tous leurs conflits ultérieurs dans la civilisation occidentale. Les voici retracés dans un essai qui, dévoilant en outre les mystères de la transmission des ?uvres d'Aristote ou de la doctrine d'Epicure, est mené de part en part avec une rigueur extrême et tout l'art de restituer au passé une intense présence.
Il est des livres dont l'histoire est éminemment romanesque et si complexe que le temps s'est chargé de l'ensevelir. Mais il arrive qu'un chercheur découvre, voile après voile, les péripéties qu'a connues cet ouvrage. C'est le cas de la fameuse Bibliothèque du patriarche Photius, mine exceptionnelle de renseignements sur l'Antiquité, mais à la Renaissance tenue en suspicion par Rome, qui voyait en son auteur un dangereux hérétique. En suivant les vicissitudes de cette oeuvre et des hommes qui ont aspiré et travaillé à sa publication, Luciano Canfora nous mène dans un voyage à travers le temps et l'espace, du Concile de Trente à la veille de la guerre de Trente Ans, de Venise à Rome, de Tolède à Augsbourg, de la cour pontificale aux geôles de l'Inquisition. On rencontre ainsi Diego Hurtado de Mendoza, ambassadeur de Charles-Quint à Venise, le grand savant protestant Isaac Casaubon, et surtout les jésuites Juan de Mariana et André Schott, unis dans une complicité extraordinaire pour parvenir à leurs fins et déjouer les interdits de l'Inquisition. Luciano Canfora réussit à transformer la philologie en roman d'espionnage et l'histoire de la culture en un récit passionnant.
L'abbé Galiani était, selon Nietzsche, "l'esprit le plus raffiné du XVIIIe siècle" et aux yeux de ses contemporains "l'ironie faite homme". Sa Correspondance avec Mme d'Epinay le révèle tout entier. Au cours des dix années de son séjour parisien, Galiani, secrétaire de l'ambassade de Naples, avait été l'hôte favori de tous les salons fréquentés par les encyclopédistes. Mme Geoffrin, Diderot, Grimm, d'Alembert comptaient parmi ses proches. Désespéré par son rappel à Naples en 1769, ii demande à ses amis de lui écrire pour le "consoler des maux de l'absence". Mme d'Epinay devient bientôt et pendant douze années sa principale correspondante. Leur relation épistolaire, sur un ton vif et spirituel, restitue les idées, les propos et l'atmosphère des salons parisiens. Au cours des sept années de ce dernier volume, la Correspondance, toujours variée et enjouée, trahit entre Galiani et Mme d'Epinay une de ces ressemblances qui naissent au fil des longues amitiés. Si tous deux aiment encore à philosopher sur la morale, la physiologie, la pédagogie ou la politique, la musique leur procure les enthousiasmes les mieux partagés. Pour intime et familière qu'elle est, cette correspondance demeure liée à l'actualité, dominée en France par les événements allant du ministère Turgot à la chute de Necker, à l'étranger par la révolution américaine et l'émergence de la Russie.
Les conquêtes d'Alexandre répandirent le grec jusqu'aux confins de l'Ancien Monde. Outre les Hellènes, des Egyptiens, des Syriens, des Hébreux, des Romains même allaient commercer, composer, chanter, philosopher et dogmatiser dans la langue nouvelle. Cette carrière universelle qui s'ouvrait à la culture née jadis en Hellade inaugura un nouvel âge, cette époque dite " hellénistique " qui allait assister aussi au bouleversement de l'ordre politique du monde : les cités-Etats de l'âge classique s'effacèrent devant les grandes monarchies des successeurs d'Alexandre, lesquelles à leur tour durent se fondre dans la domination romaine. C'est l'histoire de cette révolution culturelle que retrace le présent ouvrage, suite de l'Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote publiée dans la même collection. Il évoque notamment toutes les formes nouvelles de culture qui, surgissant au cours de cet âge nouveau, en font le père de la modernité : la chronique se transforme avec Polybe en histoire universelle, elle-même charpentée par la première philosophie de l'histoire, d'inspiration stoïcienne ; Plutarque invente la réflexion historique, cependant que les lettres voient naître le roman, la poésie bucolique, la comédie de m?urs, la vogue de la satire et de la parodie. La science, avec Archimède et Ptolémée, accomplit des progrès décisifs, tandis que la philosophie procède à de vastes synthèses prétendant rendre compte de l'ordre du cosmos.Enfin l'époque hellénistique accueille avec ferveur les cultes orientaux, qui viennent s'unir aux traditions locales pour créer des formes syncrétiques de religiosité nouvelle. La principale de ces religions est le christianisme, qui use du grec pour propager son message dans tout le bassin méditerranéen. La façon dont il se mêle à l'héritage culturel hellénique, notamment à sa philosophie néoplatonicienne, est déterminante pour toute la civilisation ultérieure. Cette vaste aventure de l'esprit est dépeinte dans un récit qui, alliant la richesse à la clarté, révèle les racines de l'Occident moderne.
Résumé : Tel un prisme réfractant sa pensée et sa production ultérieures, les ?uvres de jeunesse de madame de Staël présentent à la fois des essais théoriques et de brefs romans. Parmi les premiers, les lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau révèlent ses opinions philosophiques. Admiratrice du penseur genevois, elle établit avec lui un dialogue critique d'un genre nouveau, soumettant une à une les ?uvres du romancier-philosophe, et au premier chef les confessions, à une analyse pénétrante. L'essai sur les fictions résume quant à lui ses conceptions esthétiques en matière littéraire : elle privilégie " la seule peinture des mouvements du c?ur ", à l'instar de Rousseau, Fielding et Richardson. Loin de s'en tenir à ses théories, la fille de Necker les applique : elle n'avait pas vingt ans qu'elle avait déjà écrit ses nouvelles. Les principales se déroulent dans le cadre pré-romantique de lointains exotiques. Partout, dans ces récits tragiques d'aventure, de passion et de sacrifice, les héroïnes tombent, innocentes victimes d'un monde d'hommes qu'elles surmontent cependant grâce à leur grandeur d'âme. Dans ces premières ?uvres, c'est tout l'art et la pensée de l'inspiratrice de romantisme français qui déjà se révèle.