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UNE LIBERTE ET INQUISITION - AVENTURE EDITORIALE
CANFORA LUCIANO
DESJONQUERES
20,30 €
Épuisé
EAN :9782843211218
Il est des livres dont l'histoire est éminemment romanesque et si complexe que le temps s'est chargé de l'ensevelir. Mais il arrive qu'un chercheur découvre, voile après voile, les péripéties qu'a connues cet ouvrage. C'est le cas de la fameuse Bibliothèque du patriarche Photius, mine exceptionnelle de renseignements sur l'Antiquité, mais à la Renaissance tenue en suspicion par Rome, qui voyait en son auteur un dangereux hérétique. En suivant les vicissitudes de cette oeuvre et des hommes qui ont aspiré et travaillé à sa publication, Luciano Canfora nous mène dans un voyage à travers le temps et l'espace, du Concile de Trente à la veille de la guerre de Trente Ans, de Venise à Rome, de Tolède à Augsbourg, de la cour pontificale aux geôles de l'Inquisition. On rencontre ainsi Diego Hurtado de Mendoza, ambassadeur de Charles-Quint à Venise, le grand savant protestant Isaac Casaubon, et surtout les jésuites Juan de Mariana et André Schott, unis dans une complicité extraordinaire pour parvenir à leurs fins et déjouer les interdits de l'Inquisition. Luciano Canfora réussit à transformer la philologie en roman d'espionnage et l'histoire de la culture en un récit passionnant.
Résumé : Que lit-on, et surtout qui lit-on, quand on a sous les yeux les textes de l'Antiquité classique ? On fait trop souvent l'économie des siècles qui séparent leur fabrique du moment de leur lecture. Ce sont pourtant les produits d'une histoire tempétueuse : transmission orale et copies, remaniements et réorganisations, corruptions et pertes, corrections, restitutions et récritures. Entre l'auteur antique et nous, oeuvre le copiste, ce chaînon indispensable et insupportable (c'est en définitive lui qui écrit les textes classiques) dont les philologues s'emploient à gommer toute trace. Telle est la figure singulière que Canfora remet ici au centre de l'histoire des textes, substituant à la quête métaphysique toujours insatisfaite de l'original de l'auteur l'étude historique et jouissive de l'écriture du copiste.
LIBERTÉ POUR LES GRECSAlors qu'on abattait les remparts d'Athènes, au mois d'avril de l'an 404 av. J.-C., beaucoup pensèrent - comme on le lit dans l'Histoire grecque de Xénophon - «que de ce jour datait la liberté des Grecs». Sur ces mots, s'achève le récit de la «grande guerre» qui avait déchiré le monde grec pendant presque trente ans.La «grande guerre du Péloponnèse» (431-404 av. J.-C.) avait vite acquis aux yeux des contemporains les plus avisés une très grande importance, bien supérieure à celle de tous les conflits précédents, y compris de la guerre semi-mythique contre Troie et des glorieuses guerres médiques. La raison de cette importance exceptionnelle en était la durée. Au fur et à mesure que les opérations militaires s'éternisaient, on prenait conscience du fait que cette guerre ne se résumerait pas à quelques combats, que la «bataille décisive» était encore loin. Mais pourquoi une telle durée, inconnue jusqu'alors? Parce que l'enjeu de ce conflit était la lutte pour l'hégémonie.Au lendemain des guerres médiques (478 av. J.-C.), Athènes s'était affirmée comme une grande puissance, pôle d'attraction pour un nombre considérable d'Etats, des îles surtout, qui avaient tiré le plus grand bénéfice de la victoire athénienne sur mer contre la flotte perse. Une «alliance» s'était donc créée, vite officialisée, avec Athènes pour «État-guide». Cette rupture des équilibres traditionnels du monde grec - Sparte, et elle seule avait été jusqu'alors la «grande puissance» incontestée - fut à l'origine du conflit avec cette dernière, qui éclata cinquante ans environ après la victoire athénienne sur les Perses. L'«alliance» se mua rapidement en «empire» et les alliés devinrent de plus en plus des «sujets». À côté de la poursuite théorique de la guerre contre les Perses, visant à «libérer» les Grecs d'Asie mineure, Athènes, «État-guide», se consacra avec une fréquence croissante à réprimer ses propres alliés, tentés de lui faire défection. Tentation d'autant plus forte qu'Athènes s'efforçait de maintenir au pouvoir, dans les cités alliées, des gouvernements de même tendance que le sien: des gouvernements «démocratiques», vacillants ou ne disposant pas d'une supériorité numérique sur leurs adversaires (les oligarques et leurs partisans), mais soutenus par les armes de l'«État-guide».Ainsi l'alliance, née dans la foulée de la victoire sur la Perse pour apporter la «liberté», entendons l'indépendance, aux Grecs d'Asie mineure, se transforma en un mécanisme implacable de frein, de contrôle, voire de répression, des Grecs «libérés». Chaque fois qu'ils le pouvaient, les oligarques tentaient deux opérations étroitement liées: abattre le système démocratique et sortir de la ligue athénienne. La principale défection précédant la «grande guerre» qui allait durer trente ans, fut celle de l'île de Samos (441-440 av. J.-C.). Athènes lança contre cette dernière une répression de grande ampleur, lui livrant une véritable guerre qui dura des années. Mais encore une fois, Sparte n'apporta aucun secours aux rebelles, contrairement à ce que ceux-ci avaient peut-être espéré. Il est évident qu'une intervention aurait signifié une guerre généralisée, aux conséquences imprévisibles.
Résumé : A la lumière de l'expérience de l'édition en cinq langues de son essai La Démocratie, histoire d'une idéologie, Luciano Canfora soulève une question essentielle : l'usage de l'histoire et sa réécriture en fonction du présent, surtout lorsqu'il s'agit de sujets sensibles comme le stalinisme ou le nazisme.
L'abbé Galiani était, selon Nietzsche, "l'esprit le plus raffiné du XVIIIe siècle" et aux yeux de ses contemporains "l'ironie faite homme". Sa Correspondance avec Mme d'Epinay le révèle tout entier. Au cours des dix années de son séjour parisien, Galiani, secrétaire de l'ambassade de Naples, avait été l'hôte favori de tous les salons fréquentés par les encyclopédistes. Mme Geoffrin, Diderot, Grimm, d'Alembert comptaient parmi ses proches. Désespéré par son rappel à Naples en 1769, ii demande à ses amis de lui écrire pour le "consoler des maux de l'absence". Mme d'Epinay devient bientôt et pendant douze années sa principale correspondante. Leur relation épistolaire, sur un ton vif et spirituel, restitue les idées, les propos et l'atmosphère des salons parisiens. Au cours des sept années de ce dernier volume, la Correspondance, toujours variée et enjouée, trahit entre Galiani et Mme d'Epinay une de ces ressemblances qui naissent au fil des longues amitiés. Si tous deux aiment encore à philosopher sur la morale, la physiologie, la pédagogie ou la politique, la musique leur procure les enthousiasmes les mieux partagés. Pour intime et familière qu'elle est, cette correspondance demeure liée à l'actualité, dominée en France par les événements allant du ministère Turgot à la chute de Necker, à l'étranger par la révolution américaine et l'émergence de la Russie.