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La boucle de Bérénice. Un poème de Catulle
Calvié Laurent
ANACHARSIS
11,00 €
Épuisé
EAN :9782914777025
Au lendemain de sa nuit de noces, Bérénice, reine d'Egypte, fit don d'une boucle de ses cheveux à la déesse des Amours pour que son jeune mari Ptolémée lui revienne sauf de ses guerres lointaines. Or, le roi revenu, la boucle disparut de l'autel des offrandes. Passé le premier émoi, l'astronome du palais découvrit au ciel une constellation nouvelle: c'était la Boucle de Bérénice...Callimaque a le premier chanté la divinisation de la boucle. Il ne nous reste que des fragments de son poème en grec, mais quelques siècles plus tard, à Rome, Catulle en fit une traduction remarquablement proche, qu'il dédia au souvenir de son frère défunt.De cette Boucle de Bérénice, Laurent Calvié donne ici une version en français qui renouvelle le geste fidèle du poète latin. Se jouant des grandes formes classiques - l'épigramme et l'élégie, l'ode, la tragédie - le poème nous ouvre à un vertige d'artifices poétiques. Dans une langue aux manières étranges, la Boucle parle de sa propre voix: elle porte l'événement à une dimension mythologique et cosmologique, mais la plainte lyrique que lui inspire sa solitude céleste prend le pas sur la célébration.L'essai d'interprétation dévide l'écheveau de la Boucle et file avec allégresse l'histoire de ses sources et de sa postérité. Le sort de la boucle apparaît sous un jour symbolique et le poème de Catulle est restitué à son fond tragique, d'où sourd le chant pénétrant qui seul vient conjurer la séparation non résignée des amants et des frères.
Résumé : Le mythe colossal de Cyrano ne date pas de la pièce d'Edmond Rostand. Protéiforme, flamboyant, équivoque, la figure du bretteur philosophe, du héros au long nez remonte au vivant même l'auteur des Empires de la Lune et du Soleil. Ce livre érudit, drôle et foutrement romanesque expose les pièces littéraires qui ont contribué à l'apothéose de Cyrano : son ami bigot Henri Le Bret, son amant putatif et ennemi intime Charles Dassoucy, puis Charles Nodier, Théophile Gautier, Paul Lacroix et Remy de Gourmont sont tous entrés dans le choeur des chantres du poète matamore. Le lecteur trouvera ici ensemble plusieurs romans brefs, des saillies assassines, des duels, du plagiat, des spéculations sur les astres et l'au-delà, du sentiment et de la passion, une archéologie de l'invention de Cyrano.
Résumé : "Comment prendrez-vous votre Baudelaire ? " Nature, ou relevé d'un peu de Saint-John Perse ou de Sartre ? Cet essai-roman s'emploie à rendre justice aux interpolateurs, ces mystérieux gâte-sauces auxquels on reproche de dénaturer les grands textes en les épiçant de quelques ajouts intempestifs. On y trouvera Homère, Camus, Ovide, Molière ou Proust abondamment pimentés, dans une prose où la théorie et la pratique littéraire, l'écriture et la lecture sont joyeusement articulées ; on y parle d'action minoritaire, de sabotage et de genre ; et la littérature en sort augmentée, la lecture enfin active, et créative.
Alors que l'Union européenne s'élargit à plusieurs pays de ce qui fut le " bloc soviétique " et qu'il est à nouveau question d'un " couple " franco-allemand solidaire, il est important de redécouvrir certaines sources oubliées des débats actuels. L'intellectuel hégélien Arnold Ruge (1802-1880), auteur des textes traduits ici pour la première fois en français (Pour l'Entente entre Allemands et Français -1843- et Le Patriotisme -1844-) est, face à son ami-ennemi Marx, un des premiers critiques de ce qui allait être le marxisme. Exilé à Paris, il est aussi le pionnier d'une alliance franco-allemande dans un contexte de crise profonde entre les deux pays. Alors que des traductions françaises de textes prénazis, nazis ou crypto-nazis sont aisément accessibles, le versant démocratique et révolutionnaire de la pensée allemande demeure trop souvent dans l'ombre pour le lecteur français. Découverte stimulante, les textes de Ruge intéresseront les spécialistes (études germaniques, histoire, philosophie, sciences politiques) mais aussi tous ceux qui, au sujet des relations franco-allemandes, souhaitent réfléchir au-delà des clichés sommairement pessimistes ou naïvement optimistes.
Résumé : Nicholas Thomas propose dans ce livre une histoire à la fois accessible et neuve de la colonisation du Pacifique au XIXe siècle - chapitre méconnu de l'histoire mondiale. Plutôt que de mettre en avant la progression implacable des puissances occidentales, il fait le récit des itinéraires croisés de dizaines d'individus sillonnant le grand océan. Cette histoire au ras des flots restitue aux Océaniens de Tahiti, d'Hawaï i, des Fidji ou du Vanuatu leur place d'acteurs parmi les baleiniers, explorateurs, militaires, missionnaires et autres négociants venus conquérir les populations insulaires. A suivre les tribulations des uns et des autres, on découvrira un monde plongé dans la dévastation, riche pourtant de dynamiques qui ont configuré le Pacifique d'aujourd'hui.
Au début de l'été 1844, une bande de faux-monnayeurs était arrêtée à Istanbul. Les principaux artisans en étaient un capitaine de navire grec de Corfou et un graveur français de Grenoble, un certain Hippolyte Lange. En nous livrant la traduction des interrogatoires relatifs à l'affaire, Marc Aymes mène sa propre investigation sur les procédures d'enquête des autorités ottomanes. Ce faisant, il dévide pas à pas les composantes éclectiques de cette association de malfaiteurs (les hommes, leurs compétences, leur organisation) tout en nous faisant entendre la parole des escrocs et malfrats stambouliotes, pour aboutir à l'exposé d'une singulière chronique criminelle d'Orient.
Sam Kenoi, Apache Chiricahua interrogé dans les années 1930 sur la réserve de Mescalero, se souvient du Geronimo de son enfance. Il n'appréciait guère cet "emmerdeur [...] trouillard comme un coyote". L'épopée du célèbre chef apache s'en trouve écornée, mais c'est aussi le moyen de faire entendre - malgré a dévastation apportée par les Blancs - la voix du peuple chiricahua, qui survécut à une déportation de vingt-cinq ans avant de pouvoir retrouver ses terres ancestrales. Un récit vif, dense et poignant, parcouru d'un humour cabotin - signe de vie. Ce livre, apparenté aux documents tels que les Lettres à sa fille de Calamity Jane, forme un contrepoint aux célèbres Mémoires de Géronimo.
Oh, pauvres de vous, vendus comme des chiens, infortunés et maltraités! Votre courage s'est-il donc pétrifié? Désormais n'agirez-vous donc plus et serez-vous éternellement des serviteurs alors que vous pourriez être des seigneurs et venger les affronts et les humiliations qui vous sont faits ?". Le mardi de Pâques 31 mars 1282, la Sicile tout entière se révolte contre Charles d'Anjou, frère de Saint Louis, qui occupe le royaume depuis près de vingt ans. Au signal donné à l'heure des vêpres, la population se précipite dans une chasse aux Français qui va faire près de 8000 victimes puis refouler Charles d'Anjou hors de l'île et y installer pour finir la Couronne d'Aragon. A la fois chant populaire et chronique historique, le bref récit de la fin du XIIIe siècle ici présenté met en scène Jean de Procida, l'âme de la rébellion. Héros bafoué mais rusé comme Ulysse, il tisse tambour battant un immense complot à travers toute la Méditerranée, de Byzance à Barcelone en passant par Rome et Palerme. Ce Complot de Jean de Procida, évocation épique de la Sicile insoumise, est aussi à sa façon l'un des tout premiers romans d'espionnage.