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Revue d'Architectures N° 270, avril 2019 : Le soft power de la promotion
Caille Emmanuel
D ARCHITECTURE
16,00 €
Épuisé
EAN :3663322104497
Si l'on est rarement récompensé pour avoir raison trop tôt, architectes, paysagistes et urbanistes n'ont pas grand-chose à attendre du malaise qui secoue la société française depuis cet automne. A leur manière, ils déplorent depuis longtemps ces politiques d'aménagement du territoire favorisant la destruction des terres agricoles qui sont inexorablement remplacées par des zones commerciales et des lotissements pavillonnaires. Plus esthètes qu'altruistes, les architectes ont d'abord dénoncé une logique économique, voire normative, favorisant un étalement pavillonnaire délétère au détriment de l'habitat vernaculaire des villages et centresbourgs qui, pour survivre, ont besoin de mutations subtiles et adaptées au cas par cas. Au désastre annoncé, tant sur le plan patrimonial, paysager qu'urbain, est venu s'ajouter le coût écologique d'un habitat grand consommateur d'infrastructures et d'équipements. En bout de chaîne, on assiste aujourd'hui au désarroi existentiel et social d'habitants se retrouvant à tourner désespérément sur les ronds-points, qui constituent désormais l'identité de leur territoire. Comme toujours, on accuse l'Etat, l'ultralibéralisme ou la globalisation, mais si leur complicité est patente, la responsabilité de cette situation incombe d'abord à l'écrasante majorité des Français rêvant d'un pavillon non mitoyen et loin des "cités" . Comment parer à ce qui ressemble à une irrémédiable destruction ? Sans doute faut-il savoir analyser le contexte géographique, social et urbain, en connaître les rouages économiques et administratifs, avoir de l'inventivité et beaucoup de patience ! En somme, les qualités de l'honnête architecte... il y en a peu qui ont l'énergie - ou l'extravagance - de s'atteler à cette tâche ingrate en reconnaissance médiatique ; d'a en a rencontré quelques-uns et vous invite ce mois-ci à les suivre.
Depuis plusieurs décennies on assiste à l'inexorable déclin de l'intervention de la puissance publique sur l'espace urbain. Des pans entiers de nos villes sont insidieusement privatisés. La conception d'îlots et de quartiers, voire de gigantesques cités de loisir planifiées sur des terres agricoles, est désormais prise en charge par le secteur privé. Des grands groupes d'investisseurs et de promoteurs redessinent ces territoires selon leurs critères de rentabilité, les gèrent et les contrôlent selon leurs règles. Cette mutation pose de graves questions politiques, notamment sur la légitimité démocratique de telles décisions. Ces interrogations n'ont jamais véritablement fait débat et seule une minorité de professionnels - architectes, urbanistes, paysagistes - semblent s'en inquiéter. Mais privatisation n'est pas obligatoirement synonyme d'urbanisme générique ou réactionnaire. Avec le développement rapide du commerce sur Internet, les grandes enseignes s'inquiètent fort justement de la perte d'attractivité de leurs magasins. Après avoir siphonné les consommateurs des centres-villes et les avoir attirés dans les centres commerciaux en périphérie, certains redécouvrent les potentialités urbaines des grands îlots. Qui aurait cru que ces blocs rendus impénétrables, cloisonnés et digicodisés puissent à nouveau s'ouvrir au flux des piétons et à d'autres usages comme ils le furent autrefois ? Nous avons choisi de vous présenter plusieurs de ces projets récemment livrés ou en cours de l'être : l'Hôtel-Dieu à Lyon, La Samaritaine, l'îlot Sainte-Croix ou l'îlot Beaupassage à Paris. La réhabilitation d'ensembles immobiliers des années 1970, comme la tour Sunflower à la gare de Lyon, en s'ouvrant à nouveau sur leur environnement urbain, témoigne également de ce nouvel intérêt des maîtres d'ouvrage pour une ville ouverte, complexe, consciente de la richesse des sédimentations de son passé. Mais ce renouveau par un commerce qui s'adresse aux plus nantis ne renforce-t-il pas, malgré ses vertus, la ségrégation sociale qui menace tant nos métropoles ?
Cest un ingénieur-constructeur que nous connaissons et admirons depuis des années sans jamais lui avoir consacré de pages, si ce nest à travers loeuvre darchitectes avec lesquels il entretient une créative complicité, une relation féconde dont ils témoignent tous unanimement. Il ne sagit pas de Jean Prouvé mais de Hélio Olga, un ingénieur-constructeur brésilien de São Paulo. A rebours de lexubérance dun Calatrava, ce petit-fils de charpentier né en 1955 cultive un sens aigu de la frugalité, une apparente simplicité, fruit dun long travail dépure quexprime lélégance de ses structures. Formé comme il se doit au Brésil au béton, il a pourtant choisi une autre voie et décidé de développer la construction en bois. Un choix qui aurait pu paraître une évidence au pays du bois rouge (brasil)1 mais qui est étrangement loin de lêtre : car dans la patrie de Niemeyer, Artigas et Mendes da Rocha, le béton règne en maître depuis près dun siècle. Au-delà du matériau, ce qui fait la singularité de Hélio Olga, cest autant la chaîne de conception quil a développée depuis les plantations darbres jusquau chantier en passant par lingénierie et la fabrication que la conscience quil a très tôt manifestée pour les problématiques de développement durable. Car si le bois est souvent perçu comme un matériau écologique, dans un pays où la déforestation fait des ravages, il peut aussi ne pas lêtre du tout ! Enfin, et cest sans doute la raison qui nous a séduits chez Hélio Olga, cet ingénieur-constructeur a toujours tenu à partager son savoir-faire avec les meilleurs architectes brésiliens dans un pays où ces derniers nont jamais autant été exclus du marché de la construction. Cette édition qui lui est consacrée est donc aussi pour nous un prétexte pour vous montrer leurs réalisations.
Agence Ter. Eustache Kossakowski, 6 mètres avant Paris. Avec Hans Kollhoff. Concours pour la modernisation du site du Quai d'Orsay. La quête de la qualité architecturale de l'habitat social est-elle menacée ? Loi ELAN : comment produire un habitat frugal dont la valeur perçue ne soit pas celle du low cost ? > Introduction : faim du temps L'architecture contre l'histoire Figures contemporaines de l'archaïsme Ruine à l'endroit Miroslav ik : entre tradition et nouveauté La Villette, des événements à contretemps. Institut des sciences moléculaires d'Orsay Résidence pour chercheurs, Villefranche-sur-Mer. Nouvel accueil du musée de Cluny, Paris 5