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Pour une fois que tu es beau
Cagnard Jean
ESPACES 34
14,50 €
Épuisé
EAN :9782847051681
Une mère - impitoyable semble-t-il - et un fils - obéissant semble-t-il. Le fils revient chez sa mère après avoir fait le tour du monde. Il apporte des nouvelles absurdes. Il n'a rien vu, rien compris - a-t-il seulement ouvert les yeux ? Son but à présent : rester dans les jupes maternelles, bien plus vastes que n'importe quel horizon. Mais il n'est pas le bienvenu et la mère le renvoie grandir dehors - n'y a-t-il pas une guerre quelque part ? Lorsqu'il revient, cette fois, les nouvelles seront plus cohérentes, mais les absurdités du monde se sont rapprochées, les horreurs, les folies, qui peu à peu entament la carapace compacte de la mère. Le fils alors aura des amis, beaucoup d'amis, une véritable population d'amis, tous dangereusement semblables. Et le monde va s'inviter à la table de la mère, étrangement disproportionné, étrangement violent, renversant les rôles et les autorités. Qui sait ce dont sont capables les oisillons qui deviennent des aigles...
Et vous, qu'est-ce que vous vouliez faire quand vous étiez petit?" L'escalier de Jack répond à la question. C'est un récit qui dit "vous". A la fois pour s'adresser au lecteur, mais parce que le narrateur s'interpelle lui-même, sans que jamais cela tourne au vase clos. Des souvenirs, égrenés sur le mode "vous avez 5 ans, et vous faites du vélo". Comme un chapelet des différents travaux ou métiers exercés, depuis l'enfance (un peu), à l'adolescence (beaucoup) puis le jeune âge adulte (surtout). Un premier travail rémunérateur (de la pâte à modeler vendue sur le marché pour le compte du curé) au trafic de métaux, papiers ou divers déchets transportés dans une remorque attelée au vélo. Où vous découvrez que tous les matériaux n'ont pas la même valeur commerciale. L'enfant puis adolescent grandit dans une ville du nord normand, dans une cité ouvrière où les usines dessinent de drôles de couleurs dans le ciel et aliènent les travailleurs tout en nourrissant les familles. Le narrateur a une conscience aigüe de ce qui l'entoure et en même temps une distance amusée qui tourne en dérision bien des situations. Y compris un rapport filial doux-amer qui laisse traîner dans l'air des volutes d'incompréhension, de malentendus, de rejet et d'affection tout en retenue. Car l'adolescent ne passera pas son bac mais ne fera rien non plus pour se faire embaucher dans l'usine où son père travaillera trente-cinq ans. Le narrateur est un beatnik, les années 70 fleurissent et il part sur les routes, la guitare en bandoulière. Il ramasse des fraises, puis des salades, mais aussi des pommes pour gagner de la hauteur. Il porte des cageots d'un train à l'autre à la frontière espagnole, puis assemble des circuits électriques. Le tout sous la douceâtre influence de cigarettes qui font rire. L'homme a du succès, tant auprès des filles que des employeurs qui finissent tous par lui proposer de monter en grade et devenir chef d'équipe. Gagner plus? Pas de ça chez vous! Le narrateur découvre la littérature par hasard, grâce aux trésors dont regorge la bibliothèque parentale: Des souris et des hommes, Le désert des Tartares, Le vieil homme et la mer... Et lorsque LA fille vous offre LE livre, c'est la révélation, rien de moins. Allen Ginsberg, Jack Kerouac. Vous êtes assis sur une moitié d'escalier en pierre, vous êtes aussi maçon, et vous lisez Allen racontant comment Jack, décidé à aller voir comment la vie est ailleurs, dévale l'escalier en disant au revoir à chaque marche. "Votre trente-sixième boulot sera poète."
Tout le long de son existence, on le sait, l?homme se déplace de poème en poème. A peine en a-t-il quitté un qu?il cherche à rejoindre le prochain car l?état transitoire n?est acceptable que dans cette recherche. La vie est dans le poème, c?est-à-dire dans cet état particulier où l?individu se sent au mieux de lui-même, au plus profond, capable même de bonheur. Mais parce que la planète tourne rien n?est acquis définitivement et cet état n?a pas la particularité de durer. Comme il nous a absorbés, le poème nous régurgite, nous écarte de sa protection pour nous convier à avancer jusqu?au prochain.Il y a donc un chemin à faire, comme un collier se construit en accumulant des perles. Au bout du compte c?est peut-être l?enroulement du chemin sous les semelles qui crée le poème. Va savoir. C?est un endroit qui existe parce qu?on a avancé, une sorte de matière inoubliable, aussi géniale que l?alcool ou le miel, parce que sans s?en rendre compte on a fini par marcher sur la bouche, au plus près des frottements.
Comment s'en sortir lorsqu'on est toxicomane ? Comment voit-on le monde ? Comment nous voit-il ? N'est-on pas en permanence "sur le seuil", à cet endroit de mise en jeu de la vie ? Est-on jamais sûr de se réveiller, et dans quel état ? Est-on jamais sûr du prochain pas ? A travers la voix du résident en institution (tous les résidents) et celle de l'éducateur (tous les éducateurs), nous traversons une très longue journée, peut-être infinie, grâce à la langue percutante de Jean Cagnard qui déploie une succession de paysages insolites et troublants, où la vie a la nécessité de se réinventer, parfois de façon drôle et cocasse malgré la souffrance. Comme l'écrit l'auteur : "C'est de l'interprétation libre et inquiétante de la condition terrestre. Et puis comme souvent derrière les apparences, c'est la machine humaine qui est en action tout simplement."
C'est l'été. la radio crie ses scoops. la télé compile ses buzz. Ehsan, douze ans, a disparu. Un petit mot posé sur son lit dit son encombrement face à un monde où la banquise fond, où les ours blancs vivent dans les hypermarchés et où les terroristes mitraillent. Sa petite soeur Chalipa, Samantha la baby-sitter, ainsi que deux alliés de choix, le tout petit Nelson et le débonnaire Salvador, cherchent à le retrouver. Ils se livrent à une enquête imaginant Eshan enfermé dans le bunker du jardin de sa maison ou, pire, ayant définitivement dit ciao au monde. Comment le retrouver avant de devoir prévenir les adultes ? Un texte vif, joyeux, et parfois grave, transcendé par la force du collectif.
« Horlogerie théâtrale au mécanisme parfaitement réglé, ambiguïtés des personnages, renouvellement de thématiques et de structures marivaudiennes, telles sont les singularités du Legs. (...) On signalera l intéressante reprise, par la troupe du Français, dans une mise en scène de Jean-Pierre Miquel, d un Legs transposé dans une atmosphère art déco. L univers à la Watteau disparaît complètement, et l on entend alors plus nettement la montée des revendications féminines et la cruauté des relations sociales dans un monde dominé par l argent. » --[Extrait de la présentation, C. Ailloud-Nicolas]
Résumé : Le théâtre d'une petite ville de province. Comme ailleurs dans le pays, l'extrême droite est aux portes du pouvoir. Parmi la troupe permanente de comédiens. Aymeric rêve de gloire tandis que Lucas s'interroge sur le capacité du théâtre à participer aux luttes sociales et que Michael, sensible aux idées des Premières Lignes, dénote. Barbara, fille de la directrice d'un grand théâtre de la capitale, les rejoint et découvre ces espaces péri-urbains délaissés. Alors qu'Aymeric, monté à la capitale, gravit peu à peu les échelons de la notoriété avec l'appui de la mère de Barbara et de sa compagne, la jeune chanteuse Juliette Demba, le crise politique et sociale conduit à la catastrophe. Mephisto Rhapsodie traite des liens qu'entretiennent aujourd'hui l'art et le pouvoir, le politique et les artistes. Interrogeant les enjeux du théâtre contemporain, et convoquant la vie et l'oeuvre de l'écrivain allemand Klaus Mann ainsi que la figure ambiguë du comédien allemand Gustaf Gründgens dans les années 30, ce texte cherche à déjouer les évidences. Il tente de critiquer la paresse de pensée qui nous fait parfois croire que nous ne participons pas de ce qui détruit un monde et travaille la zone de notre fascination aveugle pour la célébrité et le succès.
Les joyeuses commères de Windsor sont une des comédies les plus farcesques de Shakespeare. Les personnages à la fois typés et vivants s expriment dans un langage coloré. Il y a les meneurs les deux commères, bourgeoises sans état d âme à la vengeance peu charitable, leurs époux, l entremetteuse, les pédants, les simples, les jeunes premiers... Ils évoluent autour de la personne de Falstaff, gentilhomme désargenté, hâbleur et gourmand. Il croit, avec l aide d acolytes peu recommandables, mener son monde alors qu il est le jouet de sa naïveté jusqu à en devenir touchant. Des Joyeuses commères de Windsor on connaît deux états: le Folio, posthume, et le Quarto dont il s agit ici. Ce texte, plus court et publié du vivant de Shakespeare moins soucieux il est vrai de l édition que du travail de plateau, privilégie le jeu et le plaisir de dire. C est ce que cette version s efforce de mettre en avant.