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La distance qui nous sépare du prochain poème
Cagnard Jean
ESPACES 34
13,50 €
Épuisé
EAN :9782847050806
Tout le long de son existence, on le sait, l?homme se déplace de poème en poème. A peine en a-t-il quitté un qu?il cherche à rejoindre le prochain car l?état transitoire n?est acceptable que dans cette recherche. La vie est dans le poème, c?est-à-dire dans cet état particulier où l?individu se sent au mieux de lui-même, au plus profond, capable même de bonheur. Mais parce que la planète tourne rien n?est acquis définitivement et cet état n?a pas la particularité de durer. Comme il nous a absorbés, le poème nous régurgite, nous écarte de sa protection pour nous convier à avancer jusqu?au prochain.Il y a donc un chemin à faire, comme un collier se construit en accumulant des perles. Au bout du compte c?est peut-être l?enroulement du chemin sous les semelles qui crée le poème. Va savoir. C?est un endroit qui existe parce qu?on a avancé, une sorte de matière inoubliable, aussi géniale que l?alcool ou le miel, parce que sans s?en rendre compte on a fini par marcher sur la bouche, au plus près des frottements.
Des gens vivent aux portes des montagnes, parmi les vestiges de l'industrie minière et entourés de verdure. Certains sont là depuis toujours, accrochés aux racines, d'autres ont fait le choix de s'installer, attirés par l'espace ; puisqu'il n'y a plus rien, il y a tout. D'autres encore sont de passage ou croient l'être, d'autres rêvent de partir, revendiquent, aiment. Tous construisent, par leur présence, un territoire et une histoire. Jean Cagnard fait le portrait des êtres qui vivent "au pied du Fujiyama", colline symbolique de notre inscription dans un temps et un espace donnés. Il interroge la question de la mémoire, de l'immigration, de l'appartenance à un lieu. Quelle bascule entre le passé et l'avenir ? Quelles forces entre soi et l'endroit où l'on vit ?
Certains rumineraient. D'autres s'en moqueraient. Ce fils-là ne se satisfait pas du silence du père ni de sa défense par la mère. Il abandonne donc femme, enfants, travail, pour se planter dans le jardin. Et ne souhaite en bouger qu'après avoir parlé au paternel. En vain. Alors il prend racine, s'immobilise pour devenir menhir et prendre feu enfin. Jean Cagnard poursuit son chemin dans le social et l'intime, le surréalisme et le parabolique. C'est une tragédie familiale qui se joue avec une violence induite et, en contrepoint, la précarité, les délocalisations et les luttes révélées par un symbolisme onirique puissant mais ancré dans la réalité. Cette calcification puis cet embrasement sont autant d'images d'un homme en dehors de son corps, poussé par une double barbarie: le refus d'un père et l'inaptitude à un monde déshumanisé. Poésie et politique, pour un texte rare.
Une mère - impitoyable semble-t-il - et un fils - obéissant semble-t-il. Le fils revient chez sa mère après avoir fait le tour du monde. Il apporte des nouvelles absurdes. Il n'a rien vu, rien compris - a-t-il seulement ouvert les yeux ? Son but à présent : rester dans les jupes maternelles, bien plus vastes que n'importe quel horizon. Mais il n'est pas le bienvenu et la mère le renvoie grandir dehors - n'y a-t-il pas une guerre quelque part ? Lorsqu'il revient, cette fois, les nouvelles seront plus cohérentes, mais les absurdités du monde se sont rapprochées, les horreurs, les folies, qui peu à peu entament la carapace compacte de la mère. Le fils alors aura des amis, beaucoup d'amis, une véritable population d'amis, tous dangereusement semblables. Et le monde va s'inviter à la table de la mère, étrangement disproportionné, étrangement violent, renversant les rôles et les autorités. Qui sait ce dont sont capables les oisillons qui deviennent des aigles...
Ces deux comédies sont « en tous points comparables aux meilleurs du contemporain Marivaux ». --[Dix-huitième siècle, Martine de Rougemont, n° 29, 1997]
C'est l'été. la radio crie ses scoops. la télé compile ses buzz. Ehsan, douze ans, a disparu. Un petit mot posé sur son lit dit son encombrement face à un monde où la banquise fond, où les ours blancs vivent dans les hypermarchés et où les terroristes mitraillent. Sa petite soeur Chalipa, Samantha la baby-sitter, ainsi que deux alliés de choix, le tout petit Nelson et le débonnaire Salvador, cherchent à le retrouver. Ils se livrent à une enquête imaginant Eshan enfermé dans le bunker du jardin de sa maison ou, pire, ayant définitivement dit ciao au monde. Comment le retrouver avant de devoir prévenir les adultes ? Un texte vif, joyeux, et parfois grave, transcendé par la force du collectif.
Dans un quartier périphérique de Saint-Malo, un matin de juin caniculaire, Najda Kermarrec, dix-huit ans, attend. Quoique l'imminence du bac approche, ce qui la préoccupe est de savoir si elle sera choisie pour jouer lors de la prochaine Coupe du monde de foot féminin. A midi, la réponse tombera. Alors Najda se filme avec son téléphone. Elle réalise une vidéo "My future self" - comme elle en a vu sur Youtube - en s'adressant à celle qu'elle sera dans dix ans. Et elle se raconte, de sa naissance à la vie à six ans jusqu'à sa lutte quotidienne pour exercer sa passion. Et elle raconte aussi sa mère, sa grand-mère et son arrière-arrière-grand-mère, leurs rêves et leurs renoncements. Avec son double virtuel et l'histoire de générations passées transmise de femme en femme, Najda relie les époques... et midi sonne !