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L'inversion des dents
Cagnard Jean
ESPACES 34
7,00 €
Épuisé
EAN :9782847051469
Une voix de femme, c'est le moyen que j'ai trouvé pour exprimer ce que la mienne n'était pas capable de produire, le médium à la fois le plus proche et le plus éloigné de ce que je suis, l'autre sexe, le mystère. Il fallait une force qui me soit familière et qui puisse aller au-delà de mes propres ressources. J'ai supposé que je pouvais le faire avec une voix qui avait forcément beaucoup plus d'élan et d'explosivité, depuis le temps qu'on la réprime et à laquelle je prêterais la capacité d'exprimer ma peur. La violence vient de ce que j'entends dans la radio à l'heure des informations où les mots semblent épuisés et leur représentation, indistincte et hygiénique. Comme s'il n'était pas supportable, le sens se perd derrière la profusion et l'habitude. Pour parler de la réalité, le mot doit être à la hauteur de l'acte qu'il y a derrière. Il doit dire l'ordure, la dégueulasserie. Viol, massacre, famine, exode, bateau même. Le mot doit hurler, chaque mot doit hurler. Sinon, c'est de la trahison, de la conversation de salon. Mais quel langage employer pour dire l'horreur sans être dans l'horreur, sans dégoûter ? Quel mot peut en remplacer un autre qui semble tout dire ? Ce sont les nouvelles du monde, que nous écoutons d'une oreille totalement plate parce qu'il faut continuer à vivre. Nous prenons les informations et laissons les événements à ce qu'ils sont. Nous nous tenons informés, c'est notre courage. Notre courage loin du carnage." Jean Cagnard
Vous ne saviez pas que le voyage du lever du jour à la tombée de la nuit s'effectue en traversant six pays, du pays Paupières au pays Plongeoir? Que nous avons six paupières à ouvrir les unes après les autres pour que la journée se déroule sans encombre? Qu'un homme est chargé d'agrandir le ciel avant que l'oiseau soir ne vienne se poser? Jean Cagnard invite les tout-petits et les plus grands à la plus poétique et onirique des balades. Truffée d'humour, d'images folles, cette route des six ciels nous plonge avec délices dans les surprises du quotidien.
Sur une aire d?autoroute, un serpent tombe du ciel. Puis un autre. Un homme est en route, il va rendre visite à ses six frères et soeurs qu?il n?a pas vu depuis des lustres. Après avoir embrassé la femme de sa troisième vie, il part. Huit cents kilomètres vers le sud-est, six cents vers le nord-est, cinq cents vers le sud-ouest? Son itinéraire est établi non pas en fonction de la proximité géographique mais par ordre chronologique de sa fratrie. Sur sa route, il croise parfois des lacs, des fleuves, des étendues d?eau. Alors son cellulaire sonne: c?est son fils. Il est sur un chantier de fouilles, et joue de la guitare électrique. Leurs dialogues sont elliptiques et tendres, le « jeune crétin » et le « vieil homme » savent aller à l?essentiel. Une mouche sur le pare-brise tient compagnie au voyageur. Qui rate ses frères et soeurs: l?une après l?autre, les maisons restent volets clos, pour vacances? départ précipité? Le voyageur reprend sa route. Parfois, quand il klaxonne, il pleut des écureuils.
Des gens vivent aux portes des montagnes, parmi les vestiges de l'industrie minière et entourés de verdure. Certains sont là depuis toujours, accrochés aux racines, d'autres ont fait le choix de s'installer, attirés par l'espace ; puisqu'il n'y a plus rien, il y a tout. D'autres encore sont de passage ou croient l'être, d'autres rêvent de partir, revendiquent, aiment. Tous construisent, par leur présence, un territoire et une histoire. Jean Cagnard fait le portrait des êtres qui vivent "au pied du Fujiyama", colline symbolique de notre inscription dans un temps et un espace donnés. Il interroge la question de la mémoire, de l'immigration, de l'appartenance à un lieu. Quelle bascule entre le passé et l'avenir ? Quelles forces entre soi et l'endroit où l'on vit ?
Tout le long de son existence, on le sait, l?homme se déplace de poème en poème. A peine en a-t-il quitté un qu?il cherche à rejoindre le prochain car l?état transitoire n?est acceptable que dans cette recherche. La vie est dans le poème, c?est-à-dire dans cet état particulier où l?individu se sent au mieux de lui-même, au plus profond, capable même de bonheur. Mais parce que la planète tourne rien n?est acquis définitivement et cet état n?a pas la particularité de durer. Comme il nous a absorbés, le poème nous régurgite, nous écarte de sa protection pour nous convier à avancer jusqu?au prochain.Il y a donc un chemin à faire, comme un collier se construit en accumulant des perles. Au bout du compte c?est peut-être l?enroulement du chemin sous les semelles qui crée le poème. Va savoir. C?est un endroit qui existe parce qu?on a avancé, une sorte de matière inoubliable, aussi géniale que l?alcool ou le miel, parce que sans s?en rendre compte on a fini par marcher sur la bouche, au plus près des frottements.
Les joyeuses commères de Windsor sont une des comédies les plus farcesques de Shakespeare. Les personnages à la fois typés et vivants s expriment dans un langage coloré. Il y a les meneurs les deux commères, bourgeoises sans état d âme à la vengeance peu charitable, leurs époux, l entremetteuse, les pédants, les simples, les jeunes premiers... Ils évoluent autour de la personne de Falstaff, gentilhomme désargenté, hâbleur et gourmand. Il croit, avec l aide d acolytes peu recommandables, mener son monde alors qu il est le jouet de sa naïveté jusqu à en devenir touchant. Des Joyeuses commères de Windsor on connaît deux états: le Folio, posthume, et le Quarto dont il s agit ici. Ce texte, plus court et publié du vivant de Shakespeare moins soucieux il est vrai de l édition que du travail de plateau, privilégie le jeu et le plaisir de dire. C est ce que cette version s efforce de mettre en avant.
Résumé : S'intéressant aux relations entre imaginaire et réalité, Je reviens de loin est une pièce qui, tout en s'appuyant sur des faits ou des détails concrets, nous fait vivre à l'intérieur de l'esprit d'une femme, Camille. Elle est partie, elle a laissé mari et enfants. Ils évoluent sous nos yeux, vaquent et s'interrogent sur son absence. Cependant, ont-ils une existence réelle ou sont-ils rêvés, réimaginés par Camille ?
Résumé : Le théâtre d'une petite ville de province. Comme ailleurs dans le pays, l'extrême droite est aux portes du pouvoir. Parmi la troupe permanente de comédiens. Aymeric rêve de gloire tandis que Lucas s'interroge sur le capacité du théâtre à participer aux luttes sociales et que Michael, sensible aux idées des Premières Lignes, dénote. Barbara, fille de la directrice d'un grand théâtre de la capitale, les rejoint et découvre ces espaces péri-urbains délaissés. Alors qu'Aymeric, monté à la capitale, gravit peu à peu les échelons de la notoriété avec l'appui de la mère de Barbara et de sa compagne, la jeune chanteuse Juliette Demba, le crise politique et sociale conduit à la catastrophe. Mephisto Rhapsodie traite des liens qu'entretiennent aujourd'hui l'art et le pouvoir, le politique et les artistes. Interrogeant les enjeux du théâtre contemporain, et convoquant la vie et l'oeuvre de l'écrivain allemand Klaus Mann ainsi que la figure ambiguë du comédien allemand Gustaf Gründgens dans les années 30, ce texte cherche à déjouer les évidences. Il tente de critiquer la paresse de pensée qui nous fait parfois croire que nous ne participons pas de ce qui détruit un monde et travaille la zone de notre fascination aveugle pour la célébrité et le succès.