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Lectures d'Etienne Jodelle. Didon se sacrifiant
Buron Emmanuel ; Halévy Olivier
PU RENNES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782753528178
L'oeuvre tragique d'Etienne Jodelle (1532-1573) est à la fois célèbre et méconnue. Célèbre, parce qu'on se souvient qu'il est l'auteur de Cleopatre captive, la première tragédie à l'antique, en cinq actes et en vers, écrite en français; méconnue parce que cette pièce fondatrice n'est guère étudiée, et moins encore Didon se sacrifiant, deuxième et dernière tragédie connue du poète. L'inscription de cette seconde pièce au programme de l'Agrégation est donc l'occasion d'analyser en détail un véritable chef-d'oeuvre négligé, et du même coup de jeter un regard renouvelé sur l'histoire d'un genre, la tragédie française, qu'on ne considère généralement que dans les formes qu'il a reçues au XVIIe siècle. Pourquoi représenter l'histoire de Didon au milieu des années 1550 ? Pourquoi glorifier ainsi la fureur et la parole passionnée d'une femme sacrifiée à la raison d'Etat romaine ? Pourquoi ce constat amer que "bien souvent l'amour à la mort nous marie" ? A ces questions qui engagent l'interprétation du sujet de la pièce s'en ajouteront d'autres, de deux ordres : il s'agit d'une part de rendre compte de l'écriture de Jodelle, cette rhétorique âpre et tendue qui compte parmi les plus singulières du XVIe siècle, et d'autre part d'interroger de manière renouvelée la dramaturgie à l'oeuvre dans cette tragédie.
Résumé : Surgi un 17 novembre en des milliers de points du territoire, le mouvement des Gilets jaunes a surpris par son ampleur, ses formes, sa durée, et donné lieu à des commentaires parfois condescendants, souvent contradictoires. Les Gilets jaunes seraient ainsi tour à tour la France qui travaille ou celle des assistés, d'extrême droite ou de gauche radicale, précaires dans la France rurale ou black blocs des villes, sexistes ou féministes, anti-écolo, casseurs, etc. Comment ce mouvement en apparence "sorti de nulle part", sans leader, non structuré, jugé très minoritaire, a-t-il marqué l'histoire des luttes sociales jusqu'à devenir une référence pour bien des luttes aujourd'hui ? C'est ce qu'analysent les politistes, sociologues, géographes et anthropologues réunies dans cet ouvrage, sur la base d'enquêtes empiriques réalisées depuis la naissance de ce mouvement en 2018.
Tout le monde connaît la comédie de Molière, mais non la comédie humaniste qui pourtant l'a précédée et a transposé en français, dès la seconde moitié du XVIe siècle, le modèle de la comédie antique. Si on dénombre une vingtaine de pièces qui s'y rattachent, celles-ci peinent encore à trouver leur audience, qu'il s'agisse de retenir l'attention des publics scolaire et universitaire - faute d'éditions facilement accessibles, ces comédies ne sont guère lues - ou celle des spectateurs de théâtre - leurs représentations et mises en scène se sont comptées sur les doigts d'une main au cours du XXe siècle. A l'heure où elle semble susciter un regain d'intérêt et l'effervescence nouvelle d'un nombre croissant de chercheurs, ce volume rassemble les actes du premier colloque à avoir été entièrement consacré à la comédie humaniste. En cela, il entend contribuer à réparer une forme d'injustice en la ressortant de l'oubli dans lequel ces pièces comiques étaient tombées. Outre les enseignements critiques inédits qu'elles apportent, les études réunies ici visent à dégager leur efficacité théâtrale et à relier enfin leur répertoire à ses lecteurs, si ce n'est à ses spectateurs.
Ce volume propose une enquête sur la fonction de la culture littéraire dans les pratiques et dans la représentation d'un grand seigneur à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècles. Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur, a été le beau-frère d'Henri III, mais il rejoint la Ligue dans la dernière phase des guerres de religion: dans sa province bretonne, il mène le combat contre les armées royales, et il sera le dernier des Ligueurs à se rallier à Henri IV. C'est en partie pour occulter ce passé de rebelle qu'après sa mort, survenue quelques années plus tard, ses thuriféraires élaborent le portrait d'un gentilhomme cultivé, possesseur d'une énorme bibliothèque et protecteur des lettrés. Il s'agit toutefois de faire la part de l'idéalisation dans cette construction rétrospective, et d'interroger la place effective qu'ont occupée les Lettres dans cette vie largement consacrée aux armes. Cet ouvrage réunit des contributions d'historiens et de littéraires, qui analysent d'abord la carrière, les ambitions et les moyens politiques et militaires du duc, puis la réalité de la protection qu'il a accordée aux lettrés, la représentation de Mercoeur que les écrivains qu'il a protégés ont élaborée au cours de son existence et les idéaux qu'ils ont associés à sa cause; enfin le contenu de la bibliothèque ducale à partir d'un inventaire après décès. Biographie de l'auteur Emmanuel Buron est maître de conférences en littérature française du XVIe siècle à l'université Rennes 2. Ses recherches portent sur la poétique, la poésie et le théâtre du XVIe siècle. Bruno Méniel est maître de conférences en littérature française du XVIe siècle à l'université Rennes 2. Ses recherches portent sur la poésie épique, sur l'éthique et l'esthétique des genres littéraires, sur droit et littérature, de la Renaissance à l'âge baroque.
Le recueil de Maurice Scève, Délie. Object de plus haulte vertu (1544), compte parmi les plus énigmatiques de la poésie française. Il marque d'abord une rupture dans la poésie du XVIe s. Le recueil se compose de quatre-cent quarante-huit dizains de décasyllabes, organisé en cinquante séquences de neuf poèmes par autant d'emblèmes dont le rapport aux poèmes doit généralement être interprété. Toutefois, l'énigme majeure du recueil tient au projet de Scève et aux raisons qui le poussent à un tel montage. Si chaque aspect du recueil peut en partie s'expliquer par le contexte culturel lyonnais de la première moitié du XVIe s., il reste que leur organisation en une poétique de l'obscurité constitue l'apport propre de Scève. L'introduction de ce volume propose un décryptage de l'entreprise scévienne à partir des cadres poétiques et culturels dans lesquels elle s'inscrit et de la manière dont le poète s'en approprie les éléments et les réinterprète. Les articles réunis dans ce volume s'attachent à un aspect particulier de la poétique de Scève, un modèle, un thème, un type d'image, voire une expression ou un tour grammatical récurrent, pour en éclaircir les enjeux et jeter quelque lumière sur l'obscurité poétique du recueil.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.