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Le cas Schönberg. Naissance de l'avant-garde musicale
Buch Esteban
GALLIMARD
22,90 €
Épuisé
EAN :9782070779246
Le "cas Schönberg": avec cette expression, la critique musicale viennoise désigne, dès 1907, les controverses que déchaînent la figure et la musique du compositeur. Entre mars 1902, date de la création de son sextuor La Nuit transfigurée, et le concert du 31 mars 1913, où les ?uvres de ses élèves Berg et Webern déclenchèrent une quasi-émeute, la valeur de la "nouvelle direction musicale", selon les termes du rapport de police, n'a cessé de diviser le public de sa ville natale. Les adversaires de Schönberg n'ont pas oublié Le Cas Wagner de Nietzsche, qui avait associé esthétique musicale et critique de la culture. Les métaphores politiques de leurs diatribes traduisent les inquiétudes du moment sur le cours du monde, mais s'y manifeste aussi la profonde perplexité que fait naître cette musique littéralement inouïe, s'affranchissant peu à peu de la tonalité jusqu'à devenir, vers 1909, purement atonale. La critique voit en Schönberg, bien avant ses amis qui préfèrent le décrire comme un héritier de la tradition, ce qui fera de lui la principale figure musicale du XXe siècle: un révolutionnaire. Comment l'idée qu'il représente l'avant-garde musicale par excellence s'est forgée pour passer dans le sens commun, c'est ce qu'établit Esteban Buch en se fondant sur une analyse attentive de l'abondante presse de l'époque, en partie oubliée. Elle lui permet de poser un nouveau regard sur les avant-gardes historiques du XXe siècle.
L'affaire Bomarzo est une histoire de censure : la censure, par la dictature argentine en 1967, d'un opéra d'Alberto Ginastera et Manuel Mujica Lainez, accusé de "référence obsessionnelle au sexe, à la violence et à l'hallucination". Ainsi, Bomarzo reste à ce jour l'emblème des persécutions idéologiques de la dictature militaire. D'abord soutenue par le général Ongania lors de sa création à Washington, cette oeuvre de musique contemporaine est, quelques mois plus tard, brutalement exclue de la scène musicale de Buenos Aires par ce même régime. Ses auteurs, pourtant plutôt conservateurs, sont rejetés, condamnés, traités de pervers. Aussi haletante qu'un thriller, la chronique de ce scandale nous fait revivre l'ampleur et la complexité du débat suscité par l'interdiction, et interroge le rôle de l'église et de l'Etat comme régulateurs des rapports entre l'art et la morale. En observant le comportement des artistes et des intellectuels pendant ces années sombres, Esteban Buch dévoile les engagements et les compromissions de l'ensemble de la société argentine et, plus largement, éclaire les rapports entre musique et politique au XXe siècle.
Qui penserait aujourd'hui que le disque 78 tours, cet ancêtre du disque vinyle, fut le moyen d'une évolution spectaculaire de la propagande des organisations politiques françaises au cours des années 1930 ? Symbole de la modernisation technique du son et de la maîtrise du temps, le disque fut décisif pour amplifier l'existence des discours et des chants partisans, portant les sons de la SFIO, du Parti communiste ou de l'Action française là où on ne les avait jamais entendus auparavant. Agent du chaos pour les uns, de la bonne éducation politique pour d'autres, et de l'émotion militante pour tous, le disque politique a changé les pratiques partisanes et annoncé la propagande audiovisuelle de l'après-guerre. L'ouvrage dévoile son histoire, restitue ses acteurs et son imaginaire, analyse ses contenus et ses pratiques, renseigne ce qu'il a fait à son temps, et constitue un guide original pour découvrir, grâce au renvoi vers de nombreux enregistrements accessibles en ligne, une partie fascinante et oubliée de l'esthétique de la vie politique française des années 1930.
Résumé : Décembre 1977 : les relations franco-argentines sont en crise à la suite de l'assassinat des deux religieuses françaises proches des mères des disparus. La visite de Daniel Barenboïm et de l'Orchestre de Paris à Buenos Aires en juillet 1980 pose la question du pouvoir critique des musiciens face à cette dictature féroce. Au Teatro Collin, la Cinquième Symphonie de Gustav Mahler, qui s'ouvre sur la Trauermarsch une gigantesque marche funèbre, où Adorno avait entendu "un cri d'effroi devant pire que la mort", fut suivie d'une ovation interminable en l'honneur des musiciens français et de leur chef israélo-argentin, de retour dans sa ville natale après vingt années d'absence. Mais comment l'interpréter ? Trente-six ans plus tard, Esteban Buch propose un essai sur les significations politiques de la musique où l'auteur devient acteur de son propre récit : "J'y associe l'histoire de ma famille errant entre les nazis et les militaires latino-américains, et une réflexion sur le rôle des arts dans le comportement des élites argentines pendant la dictature. Ce parcours entre histoire et mémoire débouche sur, une discussion théorique du concept de résistance et ses variantes dissidence, dissensus, protestation, opposition, négativité, critique, qui souligne le plus petit dénominateur commun à tous, le mot non". Nourri de musicologie, de sciences sociales et de littérature, ce livre retrace une énigme musicale au coeur d'une Argentine devenue le théâtre silencieux d'un des crimes majeurs du XXe siècle.
L'arrivée au pouvoir de Franco est supposée avoir sonné le glas de la création musicale en Espagne. Celle-ci aurait repris vie, sous le manteau, grâce à une jeune génération de compositeurs dont la " résistance " au régime se serait nichée dans leur style avant-gardiste. S'appuyant sur des documents inédits, Igor Contreras Zubillaga dévoile une réalité plus complexe. Il montre que le régime franquiste a non seulement permis la mise en place d'un réseau d'institutions musicales, mais s'est de plus attaché à gagner une légitimité à l'étranger en s'appuyant sur l'avant-garde et a étroitement associé cette musique à son idéologie. De leur côté, les compositeurs ont oscillé entre revendication de leur hispanité et désir de reconnaissance internationale, tout en ayant accès à la recherche expérimentale grâce au mécénat. En reconstituant l'histoire tumultueuse de l'avant-garde musicale sous Franco, ce livre offre un nouvel éclairage sur l'histoire politique et culturelle de cette période.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.