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AFFAIRE BOMARZO - OPERA, PERVERSION ET DICTATURE
BUCH ESTEBAN
EHESS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782713222917
L'affaire Bomarzo est une histoire de censure : la censure, par la dictature argentine en 1967, d'un opéra d'Alberto Ginastera et Manuel Mujica Lainez, accusé de "référence obsessionnelle au sexe, à la violence et à l'hallucination". Ainsi, Bomarzo reste à ce jour l'emblème des persécutions idéologiques de la dictature militaire. D'abord soutenue par le général Ongania lors de sa création à Washington, cette oeuvre de musique contemporaine est, quelques mois plus tard, brutalement exclue de la scène musicale de Buenos Aires par ce même régime. Ses auteurs, pourtant plutôt conservateurs, sont rejetés, condamnés, traités de pervers. Aussi haletante qu'un thriller, la chronique de ce scandale nous fait revivre l'ampleur et la complexité du débat suscité par l'interdiction, et interroge le rôle de l'église et de l'Etat comme régulateurs des rapports entre l'art et la morale. En observant le comportement des artistes et des intellectuels pendant ces années sombres, Esteban Buch dévoile les engagements et les compromissions de l'ensemble de la société argentine et, plus largement, éclaire les rapports entre musique et politique au XXe siècle.
L'irruption du postmodernisme a favorisé la critique des avant-gardes artistiques du xxe siècle, des idéologies qui les avaient portées et même des oeuvres qu'elles avaient produites. Ces mises en cause ont occulté autant que révélé un ensemble de questions théoriques et historiographiques. Que signifie la fin des avant-gardes ? De quelle histoire celles-ci relèvent-elles ? Comment évaluer la force durable des oeuvres, indépendamment des discours qui ont accompagné leur création ? Que nous disent-elles de notre modernité ?
Qui penserait aujourd'hui que le disque 78 tours, cet ancêtre du disque vinyle, fut le moyen d'une évolution spectaculaire de la propagande des organisations politiques françaises au cours des années 1930 ? Symbole de la modernisation technique du son et de la maîtrise du temps, le disque fut décisif pour amplifier l'existence des discours et des chants partisans, portant les sons de la SFIO, du Parti communiste ou de l'Action française là où on ne les avait jamais entendus auparavant. Agent du chaos pour les uns, de la bonne éducation politique pour d'autres, et de l'émotion militante pour tous, le disque politique a changé les pratiques partisanes et annoncé la propagande audiovisuelle de l'après-guerre. L'ouvrage dévoile son histoire, restitue ses acteurs et son imaginaire, analyse ses contenus et ses pratiques, renseigne ce qu'il a fait à son temps, et constitue un guide original pour découvrir, grâce au renvoi vers de nombreux enregistrements accessibles en ligne, une partie fascinante et oubliée de l'esthétique de la vie politique française des années 1930.
Cristia Moira ; Buch Esteban ; Dessommes Florez Ph
Le 24 mars 1976, une junte militaire instaure la dictature en Argentine, qui ne prendra fin qu'en 1983. Une répression féroce s'engage alors envers les opposants (réels ou supposés), qui entraînera la disparition de 30 000 personnes : los desaparecidos. Une association est alors créée en France par un groupe d'artistes et d'intellectuels par solidarité avec les artistes argentins : c'est le début de l'aventure AIDA. Créée en 1979 à Paris par un groupe d'artistes et de militants emmené par Ariane Mnouchkine et Claude Lelouch, AIDA est l'acronyme de l'Association internationale de défense des artistes victimes de la répression dans le Monde, dont l'action s'est rapidement étendue à plusieurs pays européens. AIDA fit le choix (stratégique) de se spécialiser dans la défense d'artistes plutôt que de contribuer à une lutte plus générale, à l'instar d'Amnesty International. Elle s'est ainsi employée à dénoncer la persécution des "cent artistes disparus" d'Argentine comme la partie visible d'un sinistre et gigantesque iceberg. Ce livre est le récit détaillé et passionnant de ce que Moira Cristiá nomme " un projet de solidarité artistique transnationale ". Comment ont fonctionné les réseaux transnationaux lorsque la communication était difficile, tant sur le plan technique qu'en raison de la censure, de la répression et de l'espionnage coordonné de divers services de renseignement ? Quels facteurs ont motivé un engagement aussi profond envers une cause géographiquement et culturellement éloignée ? Comment le flux de personnes, d'images et d'informations a-t-il contribué à façonner un imaginaire politique commun ? Moira Cristiá retrace l'histoire de l'association à partir d'une enquête extraordinaire qui s'appuie sur de multiples fonds d'archives et plus de 40 entretiens avec les acteurs et actrices de l'aventure. Cet ouvrage est la traduction de l'édition originale en espagnol parue à Buenos Aires en 2021 chez Imago Mundi et est publié par les Presses universitaires de Lyon à l'occasion de la commémoration des 50 ans du coup d'Etat argentin qui aura lieu en mars 2026.
Du secret, dans l'histoire de la Suite lyrique il y en a partout: secret musical, le chiffre de Hanna dans l'oeuvre de Berg, et secret social, la liaison de Berg et Hanna Fuchs. Mais il s'agit d'un secret hystérique, qui tout le temps crie j'existe, je suis un secret, dévoilez-moi, possédez-moi, pour ensuite se dérober à l'aveu, en se repliant dans la conscience des tenants du secret. L'histoire de la Suite lytique est aussi celle des personnages qui, à un moment ou un autre, se voient élevés au rôle de gardiens du secret. Cette histoire ressemble même à un combat dont l'enjeu n'est pas tellement le secret lui-même, mais le droit d'en disposer, et d'écrire l'histoire en conséquence." (Extrait)
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.