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Histoire & Mesure Volume 30 N° 1/2015 : La mesure des changements institutionnels
Bruno Anne-Sophie
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713224737
Depuis que l'économie des institutions a pris son essor dans les années 1960-1970, cette approche particulière a rencontré un très large succès. Suivant cette démarche, les institutions - institutions publiques, entreprises... - ont été mises au coeur de l'analyse afin de regarder d'un oeil nouveau les marchés et les institutions précapitalistes en Europe et ailleurs, sur la longue durée. Cependant, si toutes les institutions et les formes économiques trouvent leur justification, alors comment expliquer leurs transformations, voire disparitions, et la formation de nouvelles institutions sans tomber dans une justification ex-post ? Comment mesurer l'efficacité des institutions ? Comment prouver que le changement institutionnel a été le fait de cette efficacité plus élevée ? C'est à partir de ce questionnement que nous avons décidé de demander à des auteurs travaillant sur des périodes et des régions différentes du monde de préciser le rôle des institutions et des marchés dans leurs domaines respectifs : les corvées et le travail en France au XVIIIe siècle ; le crédit au Japon au XIXe et XXe siècle ; les services et les communications en URSS ; les institutions dans l'Afrique post-coloniale.
Ce numéro de la revue Histoire & Mesure propose cinq articles distribués selon deux axes qui structurent l'orientation scientifique. Le premier s'attache à présenter un usage raisonné des chiffres destinés à mesurer l'histoire et le second aux méthodes de traitement de données historiques. Philippe Garraud s'applique à croiser des données chiffrées des victoires aériennes remportées et des pertes de l'armée de l'Air en 1940 pour porter un nouvel éclairage au débat politique et militaire sur la représentation du rôle de l'armée de l'Air pendant la Campagne de France. Par une minutieuse étude de cas sur les usages de la rente constituées par deux familles au XVIIe siècle, Elle Haddad veut saisir le crédit nobiliaire à la fois dans l'économie domestique et dans les relations sociales dont il dépend. Enfin, Nicolas Buat entreprend une histoire des prix et des conjectures d'Ancien Régime à Paris en lien avec la flambée et l'effondrement du prix des matières premières entre 2006 et 2008, à la lumière des analyses des marchés financiers. Pour quantifier la nuisance lupine en Provence au XVIIe siècle, Eric Fabre expose une méthode de la mise en relation des " évènements loup " avec divers paramètres descripteurs du milieu (cadastres, enquêtes agricoles et démographiques). A partir d'un corpus de retraités tunisiens ayant travaillé dans la région parisienne de 1960 à 1980, Anne-Sophie Bruno propose l'emploi de méthodes d'analyse multi-niveaux, comme instrument pour affiner la réflexion sur les inégalités salariales, relançant ainsi le débat disciplinaire et scientifique sur le choix de méthodes.
Bruno Anne-Sophie ; Geerkens Eric ; Hatzfeld Nicol
L'importance croissante des questions de santé au travail appelle de multiples mises en perspective historiques. Les textes rassemblés dans ce livre traitent de la production des savoirs, de l'action des forces sociales et du jeu des institutions à l'égard de la santé des travailleurs, au cours de deux siècles d'industrialisation. Chacun de ces trois thèmes forme une partie du livre. La première porte donc sur les connaissances. Au cours de cette période s'élaborent des savoirs marqués par une tension entre progrès des connaissances et dénis des risques, sous divers arguments. Le passage de la connaissance à l'expertise traduit la pleine insertion de cette connaissance dans le jeu social. La seconde section étudie les politiques de santé au travail menées dans les entreprises. Qu'il s'agisse de la prévention ou de la place accordée aux activités médicales, la superposition des objectifs, faisant certes la part belle à la défense des intérêts patronaux, entraîne une complexité de pratiques. Entre autres facteurs, le secteur d'activité, la taille des entreprises et leur statut, public ou privé, éclairent les politiques suivies. La troisième partie s'attache au jeu de différents acteurs et institutions. À rebours de certaines visions courantes, plusieurs contributions montrent des syndicats s'engageant dans la défense de la santé des travailleurs, face à un patronat dont l'attitude varie selon les secteurs, les conjonctures et les risques concernés. Un prologue aborde la période dans une perspective transnationale. Partant d'une revue de la recherche dans différents pays, il réexamine les combinaisons nationales successives, en prenant en compte les dimensions politiques, économiques et sociales de la santé au travail. Il souligne de nombreuses régularités dans le jeu des acteurs, qui mettent en perspective les régimes de responsabilité ou d'assurances et leurs évolutions.
Après un retour sur trente ans d'Histoire & Mesure, un premier dossier thématique traite de la ville médiévale et de ses bâtisseurs. Grâce à la géolocalisation des muqarnas, M. Marcos Cobaleda et F. Pirot analysent la diffusion de l'art almoravide dans la Méditerranée médiévale. Par une analyse spatiale des marques lapidaires, A. M. Yuste Galàn, J. Passini et F. Pirot reconstituent quant à eux les étapes de la construction du cloître de la cathédrale de Tolède par différents ateliers de tailleurs de pierres. Le second dossier porte sur la mesure des affaires judiciaires à l'époque moderne. B. Dauven quantifie les actes de rémission en Brabant au XVIe et au XVIIe siècle, qui témoignent de l'affirmation du pouvoir du prince dans la résolution des conflits et le contrôle des homicides. A. Peter analyse de son côté les déterminants des jugements pour faux témoignages rendus par le Parlement de Paris au XVIIe et au XVIIIe siècle, révélant leur sensibilité au contexte politique et aux caractéristiques sociales des témoins. Enfin, la cartographie sociale des organisations et des personnes engagées dans la lutte contre les fléaux sociaux, dressée par F. Cahen et A. Minard pour la France de l'entre-deux-guerres, met en évidence l'existence d'un espace commun d'engagement et d'une polarisation relative opposant un pôle "familial-moral" et un sous-ensemble associatif fondé sur l'hygiène sociale.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.