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La santé au travail, entre savoirs et pouvoirs. 19e et 20e siècle
Bruno Anne-Sophie ; Geerkens Eric ; Hatzfeld Nicol
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753513501
L'importance croissante des questions de santé au travail appelle de multiples mises en perspective historiques. Les textes rassemblés dans ce livre traitent de la production des savoirs, de l'action des forces sociales et du jeu des institutions à l'égard de la santé des travailleurs, au cours de deux siècles d'industrialisation. Chacun de ces trois thèmes forme une partie du livre. La première porte donc sur les connaissances. Au cours de cette période s'élaborent des savoirs marqués par une tension entre progrès des connaissances et dénis des risques, sous divers arguments. Le passage de la connaissance à l'expertise traduit la pleine insertion de cette connaissance dans le jeu social. La seconde section étudie les politiques de santé au travail menées dans les entreprises. Qu'il s'agisse de la prévention ou de la place accordée aux activités médicales, la superposition des objectifs, faisant certes la part belle à la défense des intérêts patronaux, entraîne une complexité de pratiques. Entre autres facteurs, le secteur d'activité, la taille des entreprises et leur statut, public ou privé, éclairent les politiques suivies. La troisième partie s'attache au jeu de différents acteurs et institutions. À rebours de certaines visions courantes, plusieurs contributions montrent des syndicats s'engageant dans la défense de la santé des travailleurs, face à un patronat dont l'attitude varie selon les secteurs, les conjonctures et les risques concernés. Un prologue aborde la période dans une perspective transnationale. Partant d'une revue de la recherche dans différents pays, il réexamine les combinaisons nationales successives, en prenant en compte les dimensions politiques, économiques et sociales de la santé au travail. Il souligne de nombreuses régularités dans le jeu des acteurs, qui mettent en perspective les régimes de responsabilité ou d'assurances et leurs évolutions.
Un premier ensemble d'articles porte sur 1e fonctionnement des marchés fonciers et immobiliers. Jérôme Viret, analysant un corpus de ventes dans le Perche au XVIe et au XVIIe siècles, observe l'articulation entre un marché impersonnel, et majoritaire, et les stratégies intra-familiales de gestion du patrimoine foncier. David Le Bris explore les pratiques d'attribution des prêts immobiliers par le Crédit foncier au XIXe siècle, qui reposent sur une évaluation de la valeur des biens, et non du profil des emprunteurs. Loïc Bonneval interroge quant à lui, à partir du cas lyonnais, les relations complexes entre l'encadrement administratif des loyers et la mobilité des locataires au XXe siècle. Le second ensemble regroupe des textes animés par une même démarche méthodologique. Stéphanie Ginalski et Alix Heiniger mettent en lumière l'hétérogénéité des réseaux de la réforme genevoise au début du XXe siècle. La comparaison des réseaux des grandes entreprises en Allemagne, en France et aux Etats-Unis au XXe siècle permet à Paul Windolf de montrer l'existence de formes variées d'organisation du capitalisme, mais aussi leur convergence en fin de période. Enfin, l'article de Bernard Ycart revient sur la diffusion de la mode statistique à la fin des années 1830, et les réticences que suscite la représentation probabiliste de la société, à rebours d'une statistique plus descriptive alors en vogue.
Le thème du prix de la mort de ce numéro s'inscrit dans un champ traditionnel des sciences humaines, mais l'approche quantitative le situe dans la continuité des enquêtes initiées par les historiens dans les années 1960-1970. Ces six articles étudient les pratiques d'acteurs sociaux et de corps rapportées aux offres institutionnelles et économiques, en Europe de l'Antiquité au XXe siècle. En mobilisant des sources variées avec des instruments de mesure différents, ils restituent des gradations et des comparaisons exprimables en termes d'une économie de la mort et du deuil. Au-delà des choix individuels, ils rattachent les échelles locales de la mort aux disparités socio-économiques et politiques, aux rangs, aux hiérarchies et aux fortunes, afin de prendre la mesure des valeurs économiques qui circulent autour de la mort.
Première de ce type tentée en France, l'enquête socio-démographique présentée dans ce dossier vise à reconstruire le cycle de vie de centaines de familles de Charleville sur une période allant de la fin du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle. En couplant les données nominatives issues des dénombrements annuels avec celles des registres paroissiaux. d'état-civil et des actes notariés, l'enquête permet tout d'abord de constituer un système de métabases qui a vocation à perdurer et qui s'inscrit dans la tradition des grandes enquêtes démographiques et sociologiques réalisées en France depuis un demi-siècle ("Trois générations", "TRA"). Par sa taille relativement modeste, ses multiples activités et son histoire démographique complexe, Charleville offre par ailleurs un cadre adapté à une enquête approfondie, dont les données s'adaptent à une grande diversité de questions en histoire de la démographie et de la famille (évolution de la structure des ménages. mobilité urbaine, crise démographique, etc.). L'enquête est ainsi ouverte à une variété d'exploitations qui seront mises en oeuvre dans les années à venir.
Après tant d'études consacrées aux crises de subsistances et aux crises démographiques, de nombreux problèmes sont restés en suspens. Le lien entre les deux types de crises reste mystérieux, la relation labroussienne entre crise agricole et crise industrielle fait problème, la gamme des parades imaginées par les gouvernants pour les surmonter n'a pas été suffisamment explorée et le degré d'extension du phénomène à travers l'espace européen n'a pas été interrogé. Ce sont quelques-unes des questions que ce numéro d'Histoire et Mesure entend éclairer en parcourant quatre siècles, du XVIe au XIXe siècle.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.