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CHEMINS DE LA MOBILITE - MIGRANTS DE TUNISIE ET MARCHE DU TR
BRUNO ANNE-SOPHIE
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713222634
Les étrangers ont longtemps été les grands oubliés des enquêtes en France. Depuis le retournement de conjoncture des années 1970 et 1'apparition du chômage de masse, les inégalités et l'intégration sur le marché du travail sont devenues des questions centrales du débat public. Véritable " mosaïque " multiculturelle héritée de la période coloniale, les migrants de Tunisie constituent un laboratoire hors du commun pour étudier les phénomènes de discrimination au travail, en raison notamment de la multiplicité des motivations qui amenèrent ces populations sur le sol français et de leurs parcours en Tunisie comme en France. Les Tunisiens connaissent-ils une plus faible mobilité sociale que les Français de Tunisie ? Leur trajectoire individuelle suit-elle les mêmes chemins que les actifs français ? Sont ils, parce qu'étrangers, voués aux emplois sous-qualifiés et pendant toute leur carrière ? A l'aide des méthodes statistiques les plus récentes, Anne-Sophie Bruno propose une nouvelle manière d'appréhender le marché du travail et les trajectoires socioprofessionnelles, et procède à une relecture historienne des théories économiques. En croisant l'étude de centaines de données employeurs-salariés avec des entretiens individuels, elle rappelle que les mécanismes sociaux mis en évidence par les statistiques s'incarnent de façon complexe dans des expériences de vie singulières, celles de César, Azzedine, Zouiza et les autres.
L'histoire de la statistique et la cartographie historique ont connu un développement considérable durant les cinquante dernières années et ont largement bénéficié des avancées des sciences sociales pendant la même période, la première, par exemple, se transformant en une sociohistoire de la mesure ou de la quantification. Ces deux disciplines sont pratiquées avec bonheur en Amérique latine et ce numéro en apporte la preuve avec plusieurs travaux produits par des latino-américanistes d'Argentine, du Brésil et du Mexique et qui concernent aussi bien l'introduction du système métrique, la genèse contrastée des comptes nationaux et de la planification, l'évolution comparée des systèmes statistiques et l'émergence d'une politique de précision. Avec leurs collègues français, auteurs ou co-auteurs de deux études consacrées au recensement de la Siempre fiel Isla de Cuba et à la modernisation foncière en Amazonie brésilienne, ils montrent la fécondité d'une réflexion sur le chiffre et la carte, deux technologies particulièrement puissantes et dont les effets sur le social et le politique sont multiples.
Depuis que l'économie des institutions a pris son essor dans les années 1960-1970, cette approche particulière a rencontré un très large succès. Suivant cette démarche, les institutions - institutions publiques, entreprises... - ont été mises au coeur de l'analyse afin de regarder d'un oeil nouveau les marchés et les institutions précapitalistes en Europe et ailleurs, sur la longue durée. Cependant, si toutes les institutions et les formes économiques trouvent leur justification, alors comment expliquer leurs transformations, voire disparitions, et la formation de nouvelles institutions sans tomber dans une justification ex-post ? Comment mesurer l'efficacité des institutions ? Comment prouver que le changement institutionnel a été le fait de cette efficacité plus élevée ? C'est à partir de ce questionnement que nous avons décidé de demander à des auteurs travaillant sur des périodes et des régions différentes du monde de préciser le rôle des institutions et des marchés dans leurs domaines respectifs : les corvées et le travail en France au XVIIIe siècle ; le crédit au Japon au XIXe et XXe siècle ; les services et les communications en URSS ; les institutions dans l'Afrique post-coloniale.
Après tant d'études consacrées aux crises de subsistances et aux crises démographiques, de nombreux problèmes sont restés en suspens. Le lien entre les deux types de crises reste mystérieux, la relation labroussienne entre crise agricole et crise industrielle fait problème, la gamme des parades imaginées par les gouvernants pour les surmonter n'a pas été suffisamment explorée et le degré d'extension du phénomène à travers l'espace européen n'a pas été interrogé. Ce sont quelques-unes des questions que ce numéro d'Histoire et Mesure entend éclairer en parcourant quatre siècles, du XVIe au XIXe siècle.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.