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Ici, la Béringie
Brugidou Jeremie
OGRE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782377561049
« Comment expliquer que les moustiques rêvent aussi ? »« La pointe de la Sibérie orientale recule à mesure que le reflux diminue et que remonte la mer. Encore quelques centimètres et toute cette toundra sera salée. Tout ce qu'elle contient de trésors enfouis sera dévoré par l'indifférence marine. En attendant on profite des quelques degrés supplémentaires pour percer la glace. L?industrie de dragage des dégels bat son plein et j?ai fait jouer la concurrence pour acquérir ce merveilleux système hydraulique. Les pompes envoient une eau à très haute pression pour briser les masses de permafrost décompactées et la succion fait le reste. La boue est rejetée et forme une petite péninsule de bouse qui prolonge la falaise. On peut extraire jusqu?à quatre-vingt tonnes par heure dans ce sol de glace et de roche et de comètes argileuses. Aux abords de la zone de fouille on abaissait la pression et progressivement la lance à eau faisait place aux brosses et au souffles de nos bouches. Agenouillée avec les autres sur une terre surprise de sa mise à jour soudaine, nous marchions indélicatement sur des rêves. »4e de couverture : « Comment expliquer que les moustiques rêvent aussi ? »« La pointe de la Sibérie orientale recule à mesure que le reflux diminue et que remonte la mer. Encore quelques centimètres et toute cette toundra sera salée. Tout ce qu'elle contient de trésors enfouis sera dévoré par l'indifférence marine. En attendant on profite des quelques degrés supplémentaires pour percer la glace. L?industrie de dragage des dégels bat son plein et j?ai fait jouer la concurrence pour acquérir ce merveilleux système hydraulique. Les pompes envoient une eau à très haute pression pour briser les masses de permafrost décompactées et la succion fait le reste. La boue est rejetée et forme une petite péninsule de bouse qui prolonge la falaise. On peut extraire jusqu?à quatre-vingt tonnes par heure dans ce sol de glace et de roche et de comètes argileuses. Aux abords de la zone de fouille on abaissait la pression et progressivement la lance à eau faisait place aux brosses et au souffles de nos bouches. Agenouillée avec les autres sur une terre surprise de sa mise à jour soudaine, nous marchions indélicatement sur des rêves. »
Aux antipodes d'une conception de la lumière comme une métaphore de l'esprit humain qui éclaire le monde, la plus grande partie de la biomasse de notre planète multiplie des partenariats lumineux. De la simple observation à la relation symbiotique, elle développe de nombreuses formes d'attention à l'autre, que notre surluminosité menace et rend invisible. Jeremie Brugidou, avec son Bestiaire de lumière, plonge progressivement dans les profondeurs obscures de l'océan à la rencontre de ces lumières vivantes avec l'intuition qu'elles peuvent profondément bouleverser notre rapport au vivant. A partir de cet essai anthropologique sur la bioluminescence, il nous invite à déconstruire le rapport que nous avons à la lumière et à repenser la place que nous prenons dans le monde.
Pour de nombreux sociologues, l'opinion publique n'existe pas, il s'agit d'un artefact créé par des instruments, les sondages. Et pourtant, si l'opinion publique n'existe pas, les controverses se multiplient et créent leurs propres publics. Les dispositifs d'enquête doivent donc changer de perspective pour rendre compte, moins d'une opinion publique une et indivisible, que de la dynamique des arguments et de la plasticité des publics. Il s'agit aujourd'hui de restituer la parole des "agents ordinaires", leurs images, leurs récits et leurs arguments, qui forment des "lieux communs" sur un problème qui les concerne, et d'identifier ainsi des publics, grâce à des sondages expérimentaux considérés comme des scènes publiques, ou des formes de coordination collective qui peuvent comporter trois dimensions: le partage d'une identité, l'accord sur un diagnostic (cause, responsabilité, solution) et l'engagement dans une action collective. Un ouvrage qui renouvelle la réflexion sur le râle des sondages à l'heure d'Internet, des jurys citoyens et de la démocratie participative. Biographie: Mathieu Brugldou, après avoir travaillé une dizaine d'années en instituts de sondage, est chercheur à EDF R & D au sein du Groupe de recherche Energie, technologie et société, et directeur de recherche associé CNRS au laboratoire Pacte. Il enseigne à Sciences Po Paris et Grenoble et à l'Université Paris-l-Panthéon-Sorbonne.
Les échappées", c'est le récit d'une émancipation. On suit des femmes qui ont choisi la fuite par courage, pour se sauver et sauver celles et ceux qu'elles aiment, pour échapper à une parole autoritaire et mensongère, à un pouvoir oppressant et destructeur. Lucie Taïeb noue, en deux intrigues parallèles, un drame qui met en opposition, dans la sphère intime et dans la sphère politique, des individus isolés face à un pouvoir qui pourrait les écraser, mais dont ils parviennent à s'affranchir. Le roman s'achève, après trois saisons d'errance (ETE, AUTOMNE, HIVER), sur un printemps où renaît l'espoir, un printemps de résilience (dans la sphère intime) et de révolte (dans la sphère politique).
C'est pas parce qu'on est flic qu'on comprend quelque chose au monde comme il va ou ne va plus du tout. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud. Dehors, vastes plaines et vent sifflant. Le ciel est froid comme la terre, entre les deux vont des flocons en rafale. On se hisse les uns sur les chaises, les uns sur les épaules des autres pour apercevoir la lamelle d'un croissant de lune à peine moins blanche que le blanc d'autour. Le bruit d'un moteur dans l'air, le bruit est toute l'affaire, le bruit d'un avion perdu dans les airs enneigés comme des plaines. Le bruit d'un avion qui au-dessus de nous tourne en aveugle. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud."
On se couvrira les yeux d'abord, on fuira. On y reviendra de plein fouet et on voudra tout voir, avec la rage d'un coyote. On avalera les photos, les petits films de vacances mal cadrés, les anecdotes, les souvenirs. On voudra, comme le coyote déchiquette sa proie, appuyer de tout son poids, briser la colonne vertébrale. Comprendre comment une nuit on rentre chez soi, avec sa femme, ses deux enfants qui font une vie, comment on regarde la télévision ou comment on lit ou bricole, comment on va se coucher, et comment on ressort, au milieu de cette même nuit qui appartient à cette même femme et à ces mêmes enfants qui font une vie, comment on en ressort, porté par des bras inconnus, allongé dans l'air."
C'est exactement cela, dit-il, parler reviendrait à mourir, car parler signifierait revivre cet instant, dans ce désert de cactus, sous cette chaleur, parler, c'était revoir encore une fois cette femme allongée sur un carton, c'était revoir Anthony, le corps inerte, et les mots qu'il faudrait bien trouver pour raconter ce qui s'était passé - si jamais j'en trouvais d'assez laids, d'assez terribles pour décrire ce qui s'était passé -, ces mots me tueraient non pas littéralement, je l'ai dit, mais ils me tueraient quand même définitivement."