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La Cause du désir N° 88 : L'expérience des addicts
Brousse Marie-Hélène
CAUSE DU DESIR
8,00 €
Épuisé
EAN :9782905040886
Addict" est aujourd'hui sur toutes les lèvres, il flambe dans le discours contemporain. Il a remplacé les mots de "passion", de "vice", d'"habitude", donnant raison à Freud qui, dans Malaise dans la civilisation, prévoyait un avenir où la psychologie remplacerait la morale. Le terme d'addiction est d'un usage politique, il tend à lutter contre l'isolement des drogues illégales d'autres substances, qui, elles, sont légales, l'alcool et le tabac par exemple, par la constitution d'un ensemble tellement large qu'on n'en voit plus les limites aujourd'hui. Outre des textes d'analystes ayant travaillé avec des toxicomanes, on trouvera des articles étudiant le phénomène d'addiction à la lumière de l'orientation lacanienne. La rubrique C'est politique s'est invitée dans le dossier, questionnant la place du discours capitaliste et des neurosciences dans le processus, comme la rubrique Cas qui met la clinique des addicts à contribution. Et la psychanalyse elle-même, pratique addictive ? Trois analystes de l'Ecole ont bien voulu répondre. Et, surprise, une nouvelle rubrique, à l'initiative de J.-A. Miller, dont la responsable est Laura Sokolowsky : Archives. Pour l'inaugurer, une interview donnée par Jacques Lacan lui-même en Italie en 1974.
Résumé : Les derniers J.O. d'Atlanta témoignent de la nouvelle géopolitique de la planète sportive. Le comité olympique en choisissant Atlanta et non Athènes a rompu avec la préhistoire des J.O. modernes et entérine le passage du nationalisme sportif des Etats-nations à l'universalisation de la performance motrice soutenue par le progrès scientifique et technique et la loi du profit. À travers quatre lectures différentes, nous essayons de montrer que si le sportif est le fils de la science et s'il bénéficie de ses apports pour repousser toujours au-delà les limites de ses performances, il est aussi le fils de la psychanalyse car le champion témoigne de manière exemplaire de l'importance d'un engagement singulier par l'unicité d'un exploit toujours à répéter. Mais à l'inverse des croyances communes et des discours scientifiques sur le sport qui prétendent augmenter la motivation pour les pratiques sportives en trouvant des arguments d'utilité, d'hygiène, de santé, d'excellence, de beauté, de cohésion nationale ou de développement économique, notre écoute des sujets sportifs, orientée par une référence aux concepts de la psychanalyse, nous permet de dire que ce que récupère le marché capitaliste en faisant commerce des spectacles sportifs, ce sont les dimensions d'inutilité, de contingence, d'aléatoire, d'incertitude propres à la condition humaine dont l'acte sportif témoigne. Ce qui enchante le pratiquant sportif, ce qui fait exulter les foules sportives et provoque l'engouement des enfants, c'est que le sport dans nos cités modernes reste encore un lieu d'indétermination relative dans lequel l'exercice de sa motricité peut donner à chaque sujet la conviction d'une liberté d'existence, ce que la réussite du champion vient faire miroiter comme un idéal désirable au risque d'en faire un support religieux d'absolu offert alors à toutes sortes de manifestations chauvines, violentes ou racistes. À ce croisement du sport, de la psychanalyse et de la science peuvent s'intéresser aussi bien les sportifs, les éducateurs, les professeurs d'éducation physique que les psychanalystes et les scientifiques, mais pourquoi pas aussi les politiques, car cette rencontre imprévue débouche sur des questions éthiques, en convoquant chacun à se confronter à l'impensable dont se soutient sa pratique et celle des autres. Les échos de nos lecteurs contribueront à affiner nos pistes de recherche.
Alors que les femmes s'affirment sur la scène du monde et que les catégories sexuelles se multiplient, la psychanalyse met au jour que le féminin n'est pas réductible à des données biologiques ou culturelles. Ce livre explore le féminin hors genre et au-delà du fantasme. De dits d'analysants, il extrait quelques expériences de jouissance. La sexualité féminine, "continent noir" de la psychanalyse freudienne, est mystère. De ce trou noir, Marie-Hélène Brousse fait surgir des effets de savoir. Le vide situe un érotisme propre au féminin. Elle précise ici l'avancée de Lacan isolant une jouissance autre que phallique, non localisée, indicible, affine à l'infini. Le féminin est un mode de jouir qui toujours surprend les êtres parlants quand ils l'éprouvent, une jouissance hors sens, hors loi, mais pas hors corps. Marie-Hélène Brousse Psychanalyste à Paris, membre de l'Ecole de la Cause freudienne et de l'Association mondiale de psychanalyse.
Les psychanalystes auraient-ils des choses à dire sur le capitalisme ? Jacques Lacan a proposé le discours du capitaliste pour saisir l'enjeu de la circulation des marchandises dans le monde et de la plus-value formalisée par Marx, reformulée en plus-de-jouir. Avec son aversion pour la perte, le discours du capitaliste relève plus du circuit, car ici, contrairement aux quatre discours inventés par Lacan en 1969, aucune barrière n'entrave la jouissance, ni la satisfaction. C'est le règne du plus-de-jouir sans frein. Les conséquences envahissent aujourd'hui le devant de la scène : ravalement et perte du sens de la parole chez les êtres parlants, aliénation aux objets de consommation que le fantasme fondamental soutient, délitement du lien social, etc. Si le discours du capitaliste « ne veut rien savoir des choses de l'amour », Lacan y entrevoit une sortie « qui ne sera pas un progrès si c'est seulement pour quelques-uns ». Quelques clés de lecture dans ce numéro de La cause du désir.