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Sport, psychanalyse et science
Brousse Marie-Hélène ; Labridy Françoise ; Sauret
PUF
16,73 €
Épuisé
EAN :9782130485780
Les derniers J.O. d'Atlanta témoignent de la nouvelle géopolitique de la planète sportive. Le comité olympique en choisissant Atlanta et non Athènes a rompu avec la préhistoire des J.O. modernes et entérine le passage du nationalisme sportif des Etats-nations à l'universalisation de la performance motrice soutenue par le progrès scientifique et technique et la loi du profit. À travers quatre lectures différentes, nous essayons de montrer que si le sportif est le fils de la science et s'il bénéficie de ses apports pour repousser toujours au-delà les limites de ses performances, il est aussi le fils de la psychanalyse car le champion témoigne de manière exemplaire de l'importance d'un engagement singulier par l'unicité d'un exploit toujours à répéter. Mais à l'inverse des croyances communes et des discours scientifiques sur le sport qui prétendent augmenter la motivation pour les pratiques sportives en trouvant des arguments d'utilité, d'hygiène, de santé, d'excellence, de beauté, de cohésion nationale ou de développement économique, notre écoute des sujets sportifs, orientée par une référence aux concepts de la psychanalyse, nous permet de dire que ce que récupère le marché capitaliste en faisant commerce des spectacles sportifs, ce sont les dimensions d'inutilité, de contingence, d'aléatoire, d'incertitude propres à la condition humaine dont l'acte sportif témoigne. Ce qui enchante le pratiquant sportif, ce qui fait exulter les foules sportives et provoque l'engouement des enfants, c'est que le sport dans nos cités modernes reste encore un lieu d'indétermination relative dans lequel l'exercice de sa motricité peut donner à chaque sujet la conviction d'une liberté d'existence, ce que la réussite du champion vient faire miroiter comme un idéal désirable au risque d'en faire un support religieux d'absolu offert alors à toutes sortes de manifestations chauvines, violentes ou racistes. À ce croisement du sport, de la psychanalyse et de la science peuvent s'intéresser aussi bien les sportifs, les éducateurs, les professeurs d'éducation physique que les psychanalystes et les scientifiques, mais pourquoi pas aussi les politiques, car cette rencontre imprévue débouche sur des questions éthiques, en convoquant chacun à se confronter à l'impensable dont se soutient sa pratique et celle des autres. Les échos de nos lecteurs contribueront à affiner nos pistes de recherche.
La psychanalyse est une scène de crime. Ça remonte à loin. Qui a tué Laïos ? Pour Sophocle, il n'est pas absolument sûr que ce soit Oedipe - des témoins parlent d'une bande de voleurs. En revanche, si avec Freud on se rend sur la scène de l'inconscient, là, évidemment, la volonté de tuer ne fait aucun doute. Il est notable que trois des oeuvres majeures de la bibliothèque analytique, Oedipe-Roi, Hamlet et La Lettre volée, sont, à des titres divers, des polars. L'analyste-détective est une figure quasi native de la psychanalyse. Maintenant, depuis Edgar Allan Poe, en plus de l'oreille, le psychanalyste est requis d'ouvrir l'oeil, parce que sa tâche est désormais aussi de collecter les objets qui traînent. L'élucidation lacanienne tiendrait de ce qu'on nomme l'investigation. "Rien de plus humain que le crime", disait Jacques-Alain Miller. Sur l'autre scène, nous sommes tous criminels, voilà le sûr - mais que le crime fasse traumatisme, ce n'est pas sûr du tout. Du coup, l'enquête s'oriente sur le corps du délit. C'est le noeud de l'affaire. On a des indices disséminés, et à partir d'eux on cherche à tracer une silhouette. Il s'agit de savoir qui a été tué, ou quoi. On a le criminel, le problème, c'est l'objet du crime qui manque. Où est passé le corps? C'est un casse-tête analytique quotidien.
L'époque moderne nous confronte à une multiplication grandissante des affects dépressifs. Plus les objets de consommation produits par la science circulent sur le marché en promettant le bonheur et plus il est difficile pour l'être parlant d'atteindre à la satisfaction de sa demande. Ce paradoxe caractérise notre modernité, qui se révèle productrice à la fois d'objets de plus en plus performants et de ce malaise inquiétant de la civilisation appelé: dépression. Tout le monde peut à un moment donne de sa vie se dire déprime. Pour la psychanalyse lacanienne, la dépression n'est pas une maladie biologique, elle n'est pas non plus un symptôme, mais un affect. Elle découle de la difficulté pour chaque sujet de mettre en résonance le signifiant avec la jouissance, de conjuguer le symbolique avec le réel. Elle signale un débranchement d'avec le discours. donc d'avec le lien social. La dépression a des liens étroits avec l'angoisse puisque l'état dépressif exprime le retrait du sujet face à l'angoisse et au surgissement de l'objet qui cause son désir. Désarrime de l'objet, le sujet n'arrive plus à saturer sa jouissance par son symptôme. Seul un diagnostic différentiel des états dépressifs permet une pratique clinique tenant compte de la structure de chaque sujet. La boussole de cette clinique de l'affect dépressif est "l'objet cause du désir", à distinguer de l'objet du désir. Loin d'un objectif de normalisation, le traitement psychanalytique des sujets, définis par le discours moderne comme "déprimes", valorise la potentialité de chacun vers des solutions inédites et particulières à chaque sujet. Ce livre veut démontrer que, face aux protocoles standards d'évaluation de l'humeur qui définissent la dépression à partir de l'effet des antidépresseurs, privilégiant ainsi une causalité organique, la psychanalyse propose une clinique du cas par cas, une clinique pour laquelle la singularité des modes de vie (des modes de jouissance) d'un sujet, a la priorité sur les modalités de recaptation neuronale de la sérotonine.
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein
Publié dans une version reliée en 1991, puis réédité dans un format poche, ce dictionnaire est un « outil culturel » passionnant et indispensable, non seulement pour connaître les grands noms de la discipline (94 ethnologues sont présentés) mais aussi pour comprendre leur langage et leurs concepts, car « c'est avec cet instrument analytique qu'ils affrontent la réalité sociale, organisent leur savoir et définissent les orientations de leur réflexion et c'est à travers leur langage que, de l'extérieur, la discipline est identifiée » (P. Bonte et M. Izard).
Dans ce second volume d'Attachement et perte, John Bowlby poursuit son travail sur l'importance de la relation parentale et le rôle qu'elle joue dans la santé mentale. Il étudie la séparation et l'angoisse concomitante: la peur d'une séparation imminente ou imaginée, la peur induite par les menaces parentales de séparation et l'inversion de la relation parent-enfant. John Bowlby réexamine les situations qui causent en nous un sentiment de peur et les compare à des observations du même ordre chez les animaux. Il conclut en montrant que la peur est suscitée le plus souvent par des situations inoffensives en soi mais qui servent à signaler l'accroissement du risque de danger.
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.