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Coeur d'ébène
Brival Roland
CARAIBEDITIONS
8,60 €
Épuisé
EAN :9782373110302
'Toby avait l'air d'un Blanc avec son teint délavé, ses cheveux lisses couleur de paille, et ses yeux clairs aux prunelles d'agate. Toby, si beau, disait la tante Gervaise, qu'il ressemblait aux images pieuses des apôtres dans un missel de catéchisme et qu'on l'aurait cru descendu du ciel comme un ange pour venir partager, au sein de la famille, la déchéance des vies humaines. Jaran, lui, n'avait hérité de leurs parents que l'encre noire de la peau. la tignasse crépue et ce nez aux allures de patate molle qu'il détestait tant, n'y trouvant ni noblesse ni force de caractère s'il le comparait à la saillie effilée de l'appendice nasal de son frère, sans parler de ces lèvres épaisses qu'il mordillait sans cesse à toute heure du jour comme pour les punir de lui faire honte lorsqu'il les voyait dans un miroir." Roland Brival nous embarque, dans ce très beau roman, sur les rivages d'une ile où la couleur de peau devient l'arme ultime des derniers descendants de la traite négrière.
Théodore Bougainville, vieux chanteur de " bel-air " initié à bien des mystères de son île, quitte sa cabane pour s'en aller mourir à sa vraie place : sur la route. Parvenu à la ville - qui a décidément bien changé -, il rencontre Djana et Augustin, deux gamins paumés qui sont comme on dit à l'âge des amours... Le vieux Théo, qui a plus d'une malice dans son sac, les aidera à vivre (il en connaît un bout sur la question) : un métier qui s'apprend, pourvu qu'on ait l'art. Eux l'aideront à mourir : pas facile non plus, car personne ne pense à s'entraîner à ça, pourtant il faut bien. Brival comme toujours nous distille là une drôle de potion : sagesse et folie à parts égales, avec une dose de tristesse, un zeste de canaillerie, un souffle de rage peut-être, et beaucoup d'indulgence. Le meilleur punch sous le ciel.
Résumé : Exilé depuis vingt ans, Simon Darnell, écrivain, est enfin de retour dans son pays natal. Mais à quoi rime ce voyage ? Revient-il en Martinique pour s'y établir, ou bien n'est-ce, pour lui, qu'une escale de plus avant de repartir sous d'autres latitudes ? La réponse, il la trouvera au fur et à mesure où se révélera, derrière les ombres du passé, la vérité sur le drame qui l'a poussé à fuir son île et à se réfugier à Paris. Réveillés d'entre les morts, se dressent devant lui, dans l'éclat neuf de son regard d'enfant retrouvé, la galerie tendre, féroce ou burlesque des personnages de sa famille, et le souvenir, brûlant entre tous, d'Evanyse qu'il a jadis aimée et qu'il retrouvera pour un ultime et déchirant épisode de leurs amours tourmentées. Roland Brival revient ici à ses racines antillaises pour nous offrir un poignant hommage à l'enfance et à la magie sombre et complexe des fantômes insulaires.
Résumé : Gontran Damas, un jeune Noir originaire de Guyane, épris de littérature et engagé dans le mouvement " Négritude " fondé par ses amis Césaire et Senghor, débarque dans le port de New York pour la première fois. Il est accueilli par sa cousine Elisa, et son mari Anton, qui l'hébergent dans leur petit appartement en sous-sol dans Harlem. Damas, tout à la joie et à l'excitation de découvrir New York et Harlem, n'oublie pas qu'il a une mission : prendre contact avec les membres de la NAACP (National Association for Avancement of Coloured People). Bientôt, il fait la connaissance du poète Langston Hughes à qui il confie être porteur d'une invitation pour les intellectuels noirs de Harlem. Grâce à Langston, Damas fait la connaissance d'Anna, une jeune peintre dont il s'éprend et qui lui ouvre d'autres portes : il pénètre les cercles de l'intelligentsia noire de Harlem, et s'immerge dans la culture de ce quartier - la culture du jazz le bouleverse. Cette plongée dans le Harlem des années 30 est une confrontation à la complexité d'un monde où tout peut arriver, aux relations amoureuses décousues, au sexe dans les bordels tenus par des mégères excentriques, aux dangers de la drogue - Gontran rencontre Billie Holiday, vit une aventure avec elle, mais c'est avec Anna qu'il goûtera à la cocaïne. C'est aussi une immersion dans la violence de la rue. Entre émotions amoureuses et discussions politiques confrontant les intellectuels de la NAACP et leurs adversaires de l'UNIO, Damas s'adresse à Césaire et à Senghor et leur fait le récit de son séjour. Il les interpelle, entremêlant poèmes et réflexions, remémoration de souvenirs communs. De même, il évoque son enfance guyanaise, son déracinement. Ce roman se lit comme un texte initiatique et un journal de bord. Initiation à la musique - le jazz, celui des grandes heures de l'Appollo Théâtre et du Cosmo, celui de Billie Holiday chantant Strange Fruits, celui de Charlie Parker et d'Erroll Garner, celui des boîtes de nuits -, initiation à la politique - le récit expose les différents points de vue des intellectuels noirs des années 30 - et initiation à l'amour. Nègre de personne est un beau roman, plein, riche et extrêmement vivant.
Bô, c'est le bruit que fait un verre de rhum vide posé avec force sur le comptoir des petits bars de la campagne antillaise. Bô, c'est aussi le nom d'un gamin écorché, lâché en roue libre sur les routes d'une île, et qui n'a pour se défendre que des mots qui se cherchent, se disloquent, et se télescopent au carrefour des destins maudits.
Faire rimer hasard d'un contrôle de gendarmerie avec destinée, rencontrer l'homme idéal au mariage de son ultime amie célibataire, voir emménager sur son palier la fille dont on rêve depuis le lycée, ne pas laisser les différences de coutumes ou de religions nous séparer, aller au-delà des apparences pour découvrir les blessures sous le vernis de l'image marketing d'un collègue auteur... et laisser parler ses émotions.
Mi yo ! Voici une cinquantaine d'objets qui permettent une immersion dans la vie d'antan aux Antilles. Il a fallu d'imperceptibles cillements pour que les jours soient autres et, avec eux, les gestes intrinsèquement liés aux objets. Utiles autrefois, ils sont inutilisés aujourd'hui sinon pour décorer les maisons ou compléter la collection des musées. Les nostalgiques et les plus jeunes à la vue brouillée par la brume de la modernité peuvent, ensemble, s'éclairer aux lanternes du souvenir. Mi yo ! Mis en lumière, figés sur le papier, certains objets d'antan sont sauvés de l'oubli. Avec eux, on plonge dans une ambiance folklorique, celle des rues, des cases et des lotos. On imagine la clameur des villes en écoutant résonner un lambi ou le chant du rara de semaine sainte. On redécouvre les pratiques alimentaires : moudre du café, piler des condiments, touiller à l'aide d'un bâton-lélé, boire dans une timbale en fer-blanc... On éprouve la rudesse d'une vie sans eau courante contraignant à utiliser des jarres, cruches, couds ou pots de chambre. On apprécie l'ingénierie des objets tels que la boîte à crabes ou la nasse à ouassous.