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Sociétés contemporaines N° 131, 2023 : L'écologie au quotidien
Bretin Hélène ; Gallot Fanny ; Gilbert Pierre
SCIENCES PO
19,00 €
Épuisé
EAN :9782724640540
Les "bonnes pratiques" visant à diminuer notre empreinte écologique sont devenues des mots d'ordre du quotidien. Les pouvoirs publics institutionnalisent et normalisent les "éco-gestes", sur lesquels capitalisent des entreprises. Mais leur succès relatif invite à s'interroger sur les contradictions que leur multiplication engendre. Ces injonctions, héritées d'une institutionnalisation de différentes régulations de l'écologie, reposant tantôt sur les collectifs ou les individus, l'Etat ou le marché, produisent un empilement normatif problématique. L'institutionnalisation de "l'écologie des petits gestes" cohabite avec, voire se heurte à des logiques qui lui préexistent, mine l'action politique et militante écologiste, et étend l'emprise du marché sur les mondes associatifs et professionnels. Ce dossier l'illustre, en complément des travaux sur l'écologisation de l'action publique, le gouvernement des conduites ou encore la réception par les publics : l'activisme militant au sein des marches pour le climat se divise sur lie "eco-gestes" (Giuseppe Cugnata, Maxime Gaborit et Yann Le Lann), les militants des circuits courts sont marginalisés face aux injonctions de la "consommation responsable " (Gabriel Montreux), l'aide alimentaire est soumise à l'immixtion des impératifs de l'ami-gaspillage (Tom Beurois), et le compostage se trouve en proie à sa marchandisation (Maud Hetzel). Aussi l'écologie au quotidien aboutit-elle a fragmenter ou à déstabiliser les secteurs de l'action environnementale qu'elle prétend soutenir.
Ce cent-trentième numéro rassemble quatre articles varia. Dans le premier, Julia Legrand interroge à nouveau frais la question du genre de l'hystérie : en étudiant les pratiques médicales, en particulier les traitements médicamenteux, elle interroge les ressorts sociaux de la persistance dans l'institution psychiatrique d'une catégorie médicale pourtant officiellement rejetée et disparue des nomenclatures. L'article d'Arthur Imbert, ensuite, porte sur l'institution scolaire et analyse les pratiques professionnelles de deux catégories sociales différenciées : les institutrices et les ATSEM (agentes territoriales spécialisées des écoles maternelles). La comparaison des dispositions activées par ces deux professionnelles dans leurs pratiques pédagogiques et disciplinaires conduit à relativiser la thèse de la différence des styles éducatifs entre les classes populaires et le pole culturel des classes moyennes. Dans le troisième article, Marie Mathieu et Sophie Avarguer, en analysant les expériences d'avortement transfrontalier dans leur contexte légal et social, donnent à voir les difficultés concrètes que rencontrent les femmes pour accéder à un avortement en délai dépassé, les différentes dimensions du travail abortif qu'elles doivent accomplir comme son organisation sociale. Dans le quatrième article, Laurent Gayer décrit les rapports sociaux dans l'industrie textile à Karachi, dans un contexte de forte instabilité politique et sociale : il en ressort que le capitalisme s'accommode assez bien des désordres sociaux, messe si ces derniers ouvrent des brèches dans la domination patronale et s'accompagnent de mobilisations subalternes. Enfin, pour la rubrique En lutte, Kolja Lindner revient sur les transformations des politiques de l'enseignement.saupérieur en Allemagne, où une forte précarité adossée à une idéologie de l'excellence s'est durablement installée, avant de s'interroger sur les ressorts et les défis des mobilisations actuelles.
Bourdieu a souvent insisté sur l'importance de l'étape algérienne dans la formation de sa pensée sociologique. C'est en Algérie qu'il est passé de la philosophie aux sciences sociales, c'est là qu'il a réalisé ses premières recherches et écrit ses premiers livres, c'est de l'Algérie que date son engagement politique. La référence à l'Algérie accompagnera toute son œuvre et la Kabylie jouera un rôle fondamental dans l'élaboration de la théorie de la pratique et du concept d'habitus : Bourdieu y aurait trouvé, en effet, un modèle de société traditionnelle auquel le concept d'habitus - ensemble réduit de schèmes transférables aux différents contextes de la pratique - serait parfaitement adapté. Mais au regard des autres écrits de Bourdieu sur l'Algérie, les Etudes d'ethnologie kabyle occupent une position paradoxale. En effet, depuis Sociologie de l'Algérie l'objet fondamental de l'analyse est une société en transformation et dans Travail et travailleurs en Algérie et Le déracinement, la Kabylie est l'exemple même d'une société en mutation, pénétrée par les rapports capitalistes et la modernité. Or, ultérieurement, la référence à l'Algérie se limitera à la Kabylie, pour y jouer un rôle opposé : celui de la société traditionnelle. Bourdieu a dit qu'il avait construit sa théorie de la pratique à partir de l'exemple kabyle. Ne serait-ce pas plutôt l'inverse ? Pour analyser les origines de la théorie de l'habitus, l'auteur étudie la formation de la pensée de Bourdieu, depuis Sociologie de l'Algérie jusqu'aux Trois études d'ethnologie kabyle et restitue la genèse de quelques-uns de ses apports théoriques majeurs mais aussi de quelques-unes de ses contradictions. Si, comme l'affirmait Bourdieu, la meilleure arme épistémologique du sociologue est la sociologie de la sociologie, ce livre qui analyse l'œuvre de Bourdieu avec ses propres outils, loin de l'apologie ou de l'agression - qui semblent malheureusement inévitables dans le champ sociologique français -, rend compte des lignes de force et des conditions de production à l'origine de sa théorie de la pratique et, en particulier, de sa théorie de l'habitus.
Un forum interdisciplinaire. Sciences Sociales et Santé est une revue trimestrielle de langue française qui a pour ambition d'établir un dialogue entre les disciplines des sciences humaines, sociales et médicales. Elle publie des travaux récents de recherche qui s'appuient sur des données empiriques originales, ainsi que des articles qui proposent des perspectives nouvelles à partir de synthèses de travaux existants. Sciences Sociales et Santé propose ainsi une réflexion globale sur les nouveaux enjeux majeurs de la santé : éthique médicale, analyse des politiques de santé, sida, relation avec le patient, approches des soins, biomédecine... L'interdisciplinarité et le dialogue sont au coeur de la politique éditoriale. Chaque article est étayé d'un commentaire rédigé par un spécialiste d'une autre discipline ; la revue devient une source de partage des connaissances et d'enrichissement culturel. Sciences Sociales et Santé est une revue indépendante qui ne vit que des abonnements. Elle est soutenue par l'Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS.
Ce numéro Varia propose plusieurs articles se rapportant à l'emploi ou aux services liés à la fonction publique. Maud Gelly et Alexis Spire traitent du développement d'activités médicales privées dans l'enceinte des hôpitaux publics et des conséquences sur les collectifs de travail, les filières de soin et les principes qui fondent l'ethos de service public. Alice Lavabre aborde la délégation aux associations de certains profils d'usagers du service public de l'emploi et montre que le travail de qualification des individus produit de nouvelles formes de marginalité dans le monde professionnel. La thématique de l'emploi est aussi abordée par Arnaud Mias et Madlyne Samak à propos des expériences et du rapport à l'emploi de techniciens dans le secteur de l'audiovisuel et de leur attachement à l'intermittence, loin du modèle de l'emploi pérenne promu par les pouvoirs publics. Lucile Quéré analyse les mobilisations transnationales de self-help féministe, qui contestent l'emprise médicale sur le corps et la sexualité des femmes. Enfin Claire Cosquer s'intéresse à la position sociale "expatriée" dans le contexte migratoire d'Abu Dhabi et aux luttes de classement dans l'espace du travail et des pratiques culturelles vis-à-vis du groupe émirien.
Autant que l'appartenance sociale, le parcours scolaire ou la formation, la vie au travail construit l'identité des individus. Il revient à Renaud Sainsaulieu d'avoir mis en lumière, dès les années 1970, l'effet culturel central de l'activité professionnelle, dans un ouvrage qui révolutionna l'école française de sociologie des organisations : L'Identité au travail. Pour éprouver la construction de sa propre identité au travail, Renaud Sainsaulieu vit l'expérience d'ouvrier d'usine, qu'il relate dans ce livre. Il mobilise en suite des protocoles d'analyse plus classiques, mêlant la sociologie et la psychologie, pour distinguer des cultures au travail - négociation, retrait, affinités, fusion. Il démontre ainsi que les organisations sont des lieux d'apprentissage et de définition de soi. Réalisée à une époque charnière de tertiarisation de l'économie, de renouvellement des structures d'encadrement et d'arrivée massive des femmes dans les emplois de bureau, l'analyse se prolonge bien au-delà de l'atelier ouvrier pour montrer, comme l'écrit Norbert Alter dans la préface de cette édition, que l'entreprise constitue "l'un des lieux de socialisation centraux du monde contemporain et de ce fait dispose d'une responsabilité sociale" . La réédition très attendue d'un ouvrage capital qui demeure la base de l'oeuvre d'une vie de chercheur engagé et dont les observations n'ont rien perdu de leur actualité.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Les grandes puissances reprennent leur compétition stratégique, Donald Trump répand sa vision isolationniste du monde, le terrorisme s'internationalise, la Chine devient le nouveau géant, la Russie retrouve son agressivité, les guerres se font cybernétiques... Autant de signes que l'ordre international tel que nous le connaissons a vécu. Si un terme devait résumer la période charnière que nous vivons, ce serait celui du recul des relations internationales : recul de la sécurité, de la stabilité et du multilatéralisme. Pour mieux comprendre la reconfiguration en cours du système mondial, cet ouvrage de référence présente, de manière pédagogique et critique, les concepts fondamentaux des études de stratégie et de sécurité, et revient sur les mutations du caractère de la guerre, les possibilités de régulation des conflits et les stratégies de paix au XXIe siècle.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.