Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Sociétés contemporaines N° 130, 2023 : Varia
Bretin Hélène ; Gallot Fanny ; Gilbert Pierre
SCIENCES PO
19,00 €
Épuisé
EAN :9782724640533
Ce cent-trentième numéro rassemble quatre articles varia. Dans le premier, Julia Legrand interroge à nouveau frais la question du genre de l'hystérie : en étudiant les pratiques médicales, en particulier les traitements médicamenteux, elle interroge les ressorts sociaux de la persistance dans l'institution psychiatrique d'une catégorie médicale pourtant officiellement rejetée et disparue des nomenclatures. L'article d'Arthur Imbert, ensuite, porte sur l'institution scolaire et analyse les pratiques professionnelles de deux catégories sociales différenciées : les institutrices et les ATSEM (agentes territoriales spécialisées des écoles maternelles). La comparaison des dispositions activées par ces deux professionnelles dans leurs pratiques pédagogiques et disciplinaires conduit à relativiser la thèse de la différence des styles éducatifs entre les classes populaires et le pole culturel des classes moyennes. Dans le troisième article, Marie Mathieu et Sophie Avarguer, en analysant les expériences d'avortement transfrontalier dans leur contexte légal et social, donnent à voir les difficultés concrètes que rencontrent les femmes pour accéder à un avortement en délai dépassé, les différentes dimensions du travail abortif qu'elles doivent accomplir comme son organisation sociale. Dans le quatrième article, Laurent Gayer décrit les rapports sociaux dans l'industrie textile à Karachi, dans un contexte de forte instabilité politique et sociale : il en ressort que le capitalisme s'accommode assez bien des désordres sociaux, messe si ces derniers ouvrent des brèches dans la domination patronale et s'accompagnent de mobilisations subalternes. Enfin, pour la rubrique En lutte, Kolja Lindner revient sur les transformations des politiques de l'enseignement.saupérieur en Allemagne, où une forte précarité adossée à une idéologie de l'excellence s'est durablement installée, avant de s'interroger sur les ressorts et les défis des mobilisations actuelles.
La revue Sciences Sociales et Santé propose chaque trimestre une réflexion globale sur les enjeux majeurs de la santé : régulation des dépenses de santé, prise en charge des maladies, analyse des systèmes de santé, sida, handicap...
Ce numéro Varia propose plusieurs articles se rapportant à l'emploi ou aux services liés à la fonction publique. Maud Gelly et Alexis Spire traitent du développement d'activités médicales privées dans l'enceinte des hôpitaux publics et des conséquences sur les collectifs de travail, les filières de soin et les principes qui fondent l'ethos de service public. Alice Lavabre aborde la délégation aux associations de certains profils d'usagers du service public de l'emploi et montre que le travail de qualification des individus produit de nouvelles formes de marginalité dans le monde professionnel. La thématique de l'emploi est aussi abordée par Arnaud Mias et Madlyne Samak à propos des expériences et du rapport à l'emploi de techniciens dans le secteur de l'audiovisuel et de leur attachement à l'intermittence, loin du modèle de l'emploi pérenne promu par les pouvoirs publics. Lucile Quéré analyse les mobilisations transnationales de self-help féministe, qui contestent l'emprise médicale sur le corps et la sexualité des femmes. Enfin Claire Cosquer s'intéresse à la position sociale "expatriée" dans le contexte migratoire d'Abu Dhabi et aux luttes de classement dans l'espace du travail et des pratiques culturelles vis-à-vis du groupe émirien.
Ce Varia consacre plusieurs articles au mouvement LGBT depuis les années 1970 en France. Hugo Bouvard retrace l'institutionnalisation du mouvement et la manière dont il s'est en partie intégré au Parti socialiste, contribuant à faire émerger des porte-paroles qui répondent aux attentes des institutions du champ politique. Jérémie Gauthier et Régis Schlagdenhauffen s'intéressent à l'émergence d'une association professionnelle LGBT au sein de la police et de la gendarmerie nationales. Dan Callwood s'interroge sur la répression continue en France malgré la dépénalisation au tournant des années 1980 et les stratégies mises en oeuvre par le mouvement pour la dénoncer. Dans ce numéro également, Anne Jourdain mène l'enquête auprès de mères d'enfants en bas âge quittant leur emploi salarié pour monter une entreprise créative à domicile, ce qui se traduit par un accroissement des inégalités genrées au sein des foyers et parmi ces travailleurs et travailleuses. Elena Louazon rend compte des limites des programmes d'ouverture du dispositif "diversité" mis en oeuvre à Radio France et dans les écoles de journalisme qui peinent à contrebalancer la sélection. Enfin, dans la rubrique En lutte, Marion Lieutaud aborde la précarisation des personnels ainsi que les revendications salariales qui se sont exprimées lors du mouvement social récent dans les universités britanniques, où les frais d'inscriptions sont particulièrement élevés.
Bourdieu a souvent insisté sur l'importance de l'étape algérienne dans la formation de sa pensée sociologique. C'est en Algérie qu'il est passé de la philosophie aux sciences sociales, c'est là qu'il a réalisé ses premières recherches et écrit ses premiers livres, c'est de l'Algérie que date son engagement politique. La référence à l'Algérie accompagnera toute son œuvre et la Kabylie jouera un rôle fondamental dans l'élaboration de la théorie de la pratique et du concept d'habitus : Bourdieu y aurait trouvé, en effet, un modèle de société traditionnelle auquel le concept d'habitus - ensemble réduit de schèmes transférables aux différents contextes de la pratique - serait parfaitement adapté. Mais au regard des autres écrits de Bourdieu sur l'Algérie, les Etudes d'ethnologie kabyle occupent une position paradoxale. En effet, depuis Sociologie de l'Algérie l'objet fondamental de l'analyse est une société en transformation et dans Travail et travailleurs en Algérie et Le déracinement, la Kabylie est l'exemple même d'une société en mutation, pénétrée par les rapports capitalistes et la modernité. Or, ultérieurement, la référence à l'Algérie se limitera à la Kabylie, pour y jouer un rôle opposé : celui de la société traditionnelle. Bourdieu a dit qu'il avait construit sa théorie de la pratique à partir de l'exemple kabyle. Ne serait-ce pas plutôt l'inverse ? Pour analyser les origines de la théorie de l'habitus, l'auteur étudie la formation de la pensée de Bourdieu, depuis Sociologie de l'Algérie jusqu'aux Trois études d'ethnologie kabyle et restitue la genèse de quelques-uns de ses apports théoriques majeurs mais aussi de quelques-unes de ses contradictions. Si, comme l'affirmait Bourdieu, la meilleure arme épistémologique du sociologue est la sociologie de la sociologie, ce livre qui analyse l'œuvre de Bourdieu avec ses propres outils, loin de l'apologie ou de l'agression - qui semblent malheureusement inévitables dans le champ sociologique français -, rend compte des lignes de force et des conditions de production à l'origine de sa théorie de la pratique et, en particulier, de sa théorie de l'habitus.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Résumé : La pratique diplomatique a connu plusieurs mutations majeures : elle n'est plus l'apanage de l'Etat et de ses agents, elle use d'instruments d'une technicité croissante, elle investit de nouveaux territoires de négociation. Ces changements ont suscité un regain d'intérêt pour l'analyse de la scène diplomatique par de nombreuses disciplines, de la science politique des relations internationales à l'histoire, en passant par la sociologie. Premier Manuel de diplomatie en langue française, cet ouvrage aborde toutes les dimensions de l'institution diplomatique au XXIe siècle, en la situant dans son évolution historique et en présentant ses aspects classiques comme ses nouvelles formes d'expression. Le livre s'organise en trois parties : vecteurs : bilatéralisme, multilatéralisme, négociation et médiation, nouvelles technologies de l'information et de la communication, diplomaties de clubs et de groupes, paradiplomatie, rituels et protocole ; acteurs : Etat, organisations intergouvernementales, régions (sub- et supra-étatiques), parlements et collectivités territoriales, individus ; secteurs : culture, entertainment, environnement, économie et entreprise, expertise, défense et humanitaire.
Destiné aux étudiants et aux enseignants en relations internationales et en science politique, ainsi qu'aux diplomates et aux journalistes, cet ouvrage se propose d'éclairer la compréhension du monde contemporain à partir des théories des relations internationales. Pédagogique et exhaustif, il rappelle l'environnement intellectuel et historique de cette discipline, présente ses principaux paradigmes, concepts et débats structurants, avant de s'interroger sur les liens entre théorie et pratique, sur les défis que posent les mutations de ce début de XXIe siècle et sur l'état de l'art en France. Chaque chapitre est accompagné de bibliographies commentées qui, jointes à la bibliographie générale, renvoient le lecteur aux textes fondamentaux et de seconde main qui compléteront ce tour d'horizon. Actualisée, cette sixième édition met à jour l'ensemble des analyses et des bibliographies.
Autant que l'appartenance sociale, le parcours scolaire ou la formation, la vie au travail construit l'identité des individus. Il revient à Renaud Sainsaulieu d'avoir mis en lumière, dès les années 1970, l'effet culturel central de l'activité professionnelle, dans un ouvrage qui révolutionna l'école française de sociologie des organisations : L'Identité au travail. Pour éprouver la construction de sa propre identité au travail, Renaud Sainsaulieu vit l'expérience d'ouvrier d'usine, qu'il relate dans ce livre. Il mobilise en suite des protocoles d'analyse plus classiques, mêlant la sociologie et la psychologie, pour distinguer des cultures au travail - négociation, retrait, affinités, fusion. Il démontre ainsi que les organisations sont des lieux d'apprentissage et de définition de soi. Réalisée à une époque charnière de tertiarisation de l'économie, de renouvellement des structures d'encadrement et d'arrivée massive des femmes dans les emplois de bureau, l'analyse se prolonge bien au-delà de l'atelier ouvrier pour montrer, comme l'écrit Norbert Alter dans la préface de cette édition, que l'entreprise constitue "l'un des lieux de socialisation centraux du monde contemporain et de ce fait dispose d'une responsabilité sociale" . La réédition très attendue d'un ouvrage capital qui demeure la base de l'oeuvre d'une vie de chercheur engagé et dont les observations n'ont rien perdu de leur actualité.