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Céline
Brami Emile
ECRITURE
22,95 €
Épuisé
EAN :9782909240534
Finira-t-on jamais de prendre parti " pour ou contre " Céline ? Lui-même n'a jamais su s'il devait se flageller ou se louer d'avoir répandu la peste et semé la discorde dans nos Lettres. " Si jamais je m'en sors, disait-il, je m'installerai dans une vitrine de la salle des pas - perdus de la gare Saint -Lazare, avec un écriteau disant simplement : "Le Con" ! " Celui qu'André Gide appelait le " maboul " s'en est plutôt bien sorti, mais au prix d'une notoriété de Diogène infréquentable, d'imprécateur furieux et de fabulateur. On en oublierait presque l'écrivain, qui n'a pas d'équivalent, et le style, sans lequel il n'y aurait pas de scandale. Sa noirceur est si dense qu'on néglige l'humoriste. Seul demeure l'épouvantail, grimaçant à la postérité. Le Céline d'Emile Brami n'est pas un " autre " Céline. C'est Céline tel qu'en lui-même, raconté par ceux qui l'ont connu, par ses romans, par ses pamphlets, par ses lettres, par ses lecteurs. De sa mort en 1961 à sa naissance en 1894, à l'aide de témoignages et de textes rares ou inédits, Emile Brami brosse un Céline à rebours du temps et des lieux communs, tour à tour génial, pitoyable ou hideux Dr Destouches et M. Céline, ange et démon de notre littérature.
« J'aurais voulu raconter ton histoire dans notre dialecte, le judéotunisien, ce baragouin sans grammaire où se mêlent l'arabe, l'hébreu, l'espagnol, l'italien et le grec. Mais il sombrera avec nous, car, au contraire du yiddish, il ne donna jamais un livre imprimé. Alors je me suis résolue à broyer les mots de mon enfance jusqu'à les réduire en poudre pour fabriquer du français, comme les peintres du Quattrocento pilaient le lapis-lazuli, préparant ainsi le coûteux bleu céleste dont, par tradition, ils coloriaient le manteau de la Vierge.»Une langue disparaît, un peuple aussi. Une femme écrit le roman de sa mère, incarnation malgré elle d'une communauté chassée de sa terre jusque sur les pentes de Belleville. Des Juifs de Tunisie, que reste-t-il? Sinon quelques souvenirs déformés par le prisme du folklore méditerranéen et du malentendu historique - quand il aurait fallu comprendre leur mélancolie native et leur sentiment de déshérence. Dans ce livre de l'exil, d'une nostalgie universelle, Émile Brami les réhabilite, les sauve peut-être.
Résumé : "Aujourd'hui, mercredi 3 juillet 1946, j'ai été condamné à mort." Ainsi commence la confession de Joseph Laborieux, ex-officier de police judiciaire, rayé des cadres en novembre 1944 pour n'avoir pas eu l'intelligence de jouer double jeu sous l'Occupation. Comme son collègue Verjus, Laborieux a pourchassé les juifs, les rouges et les "terroristes apatrides" du groupe Manouchian. Mais ce flic irréprochable n'avait en réalité qu'une idée en tête : démasquer le tueur en série qui, depuis 1926, dépose sur les quais de Paris les cadavres de très jeunes femmes vidées de leur sang. Le dernier de ces assassinats s'est produit en mars 1944, sous le Pont-Neuf. Et toujours aucune piste... Cinq mois plus tard, Laborieux n'a eu que le temps d'emporter les clichés de ses "Ophélie" dans sa fuite jusqu'à Sigmaringen, où la fine fleur des collabos continue d'espérer la victoire nazie. Et c'est là, un matin de février 1945, qu'une nouvelle victime est retrouvée sur une crique du Danube... Le coupable se trouve donc parmi les quelques centaines d'individus de l'enclave française. L'avancée des Alliés laissera-t-elle à Laborieux le temps de boucler cette enquête devenue son unique raison d'être et, qui sait, sa seule chance de rédemption ? Sur les traces d'un enquêteur buté et d'un tueur obstiné, Emile Brami entraîne le lecteur dans les recoins les plus sombres de "Sig", dernier carré des ultras de la Collaboration.
Emile Brami, né en 1950 en Tunisie, est l'auteur du Manteau de la vierge (Fayard, prix Méditerranée 2007), d'Emile l'Africain (Fayard 2008) et d'Un baiser blanc (L'Editeur, 2012). Les éditions Ecriture ont publié ses deux premiers romans, Histoire de la poupée et Art brut (2000 et 2001), ainsi qu'une biographie de Louis-Ferdinand Céline.
La première fois que je l'ai vue, elle était assise sur un trottoir de la rue notre-dame-des-champs. Elle était belle malgré sa détresse et je l'ai désirée. J'aurais pu céder à la lâcheté commune et passer mon chemin. J'ai cédé à la concupiscence et je l'ai abordée. Bien sûr, elle m'a envoyé paître. La deuxième fois, elle avait revendu ses vêtements coûteux et elle mendiait. L'aide que je lui avais proposée quelques semaines plus tôt, elle l'acceptait désormais. J'aurais pu faire preuve de charité et lui tendre la main. J'ai cédé à la lâcheté commune et passé mon chemin. Je me déteste et, entre deux maux, je choisis toujours le pire. C'est plus fort que moi. Ce que chacun s'évertue à cacher, sa part la plus vile, il faut que je l'explore. Je m'y emploie dans chacun de mes livres, répondant à l'implacable injonction de Céline: "noircir et se noircir."
De la misère noire aux honneurs de l'Académie française, en passant par le sanatorium, la prison, la Résistance et le cinéma, sa vie fut le meilleur de ses romans. Vingt ans après sa disparition, voici la biographie définitive d'un prince de l'argot, du braquage et du roman noir, enrichie de documents et de photos inédits. ALPHONSE BOUDARD, une vie à crédit Alphonse Boudard (1925-2000) n'était pas un auteur " convenable ". Né de père inconnu, confié dès sa naissance à un couple de paysans, il a connu la misère sous l'Occupation, avant de rejoindre la Résistance et de participer à la libération de Paris. Il fera tout pour échapper à l'usine, et ses mauvaises fréquentations le conduiront une première fois en prison, d'où il sortira gravement malade. Pendant près de dix ans, il alterne les séjours dans des cellules putrides et les salles communes de sanatoriums. Il y connaîtra la plus noire débine et les mauvais traitements. Mais il y croise aussi les vedettes des faits divers de l'après-guerre et y lit les meilleurs auteurs. Au fond du trou, entre deux hostos, deux condamnations, il trouvera la force de devenir écrivain en publiant La Métamorphose des cloportes (1962), futur classique du film policier. Deux romans autobiographiques, La Cerise (1963) et L'Hôpital (1970), feront de Boudard un auteur populaire, salué par la critique et distingué enfin par l'Académie franc ? aise avec Mourir d'enfance (1995). Ce maître de l'argot et du bitume parisien y tire de l'ombre toute une galerie de laissés-pour-compte, de tueurs et de demi-fous, avec un parti pris : faire sourire des plus terribles histoires. Démêlant le vrai du faux de cette existence soigneusement romancée, Dominique Chabrol retrace le parcours d'un gamin de Paris devenu l'inventeur de sa propre vie - dont quelques-uns des personnages se nommaient Céline, Paraz, Gabin, Ventura, Simenon, Brassens, Audiard ou Nucéra.
Ce livre est un jeu : il s'agit de choisir sa vie, exercice difficile au début d'un parcours, mais qui devient plus facile, et plus ludique, quand on approche de la fin. Il est possible de mettre ceci en lumière et de laisser cela dans l'ombre, ou même dans le noir... Sans parler des tâtonnements de notre mémoire, qui nous accompagnent fidèlement, comme le mensonge. Et puis, ai-je pensé, cela m'évitera d'écrire mes mémoires, ce qui est toujours la barbe. J'aime mieux vivre ma vie que la raconter". Ecrivain, scénariste, parolier, traducteur, metteur en scène, mais avant tout conteur, Jean-Claude Carrière se raconte dans cet abécédaire intime qui va d'Aragon à Wajda, et de Doisneau à Shakespeare, en passant par l'Inde et par Pigalle.
Il est plein de doutes, fracassé par le décès de son épouse. Elle, belle comme une Italienne, discrètement provocante. Ils se rencontrent à la bibliothèque Richelieu, en plein coeur de Paris. Il reprend confiance, elle se laisse approcher. Les voilà amants.Mais elle garde ses mystères. Plus ils sont intimes, plus elle lui échappe. Une séductrice ? Une adepte des boîtes échangistes ? Une authentique universitaire, comme lui ? Parfois elle lui rappelle Victoire, sa femme. Joue-t-elle de cette ressemblance ?Pour tout compliquer, la belle s'appelle Manon. Comme l'héroïne de l'abbé Prévost ? et du livre auquel il travaille. De qui est-elle le double ? A-t-elle une vie secrète ? Le diable est parfois dans les détails...François Cérésa joue à nous perdre dans ce jeu de miroirs et de fauxsemblants, jusqu'au plus imprévu des dénouements. Un voyage sentimental à travers la France et l'Italie, la légèreté et la gravité.
Résumé : Janvier 1936 : la récolte de la canne commence à Bel-Event, une plantation de Martinique. Le commandeur Firmin Léandor, contremaître mulâtre, s'est trop avancé en promettant de livrer sept cents barriques de canne à l'usine. Alors, le "commandeur du sucre" surveille sans indulgence le travail des coupeurs et des amarreuses. Labeur éreintant, enfer quotidien : "Depuis le commencement du monde, le Bondieu a inscrit notre malheur dans l'envers du bonheur du Blanc". Békés, mulâtres, nègres-Congo, coulis. Depuis des générations, chacun obéit à la stricte hiérarchie de sa couleur et de son rang, courbé sous le poids d'une double fatalité : la négritude et la canne. Redouté par ses hommes, méprisé par le maître, jalousé par le "géreur" et par les autres commandeurs de l'île, Firmin lui-même ne peut que répéter l'antienne de sa mère : "Canne, c'est maudition". Il fallait, pour faire revivre les travaux et les jours de la Martinique agricole des années 1930, la passion, la mémoire et le français revigoré de Raphaël Confiant.