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Passages des fantastiques. Des imaginaires à l'inimaginable
Bozzetto Roger
PU PROVENCE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782853996075
L'imaginaire est un vaste domaine que jouxte l'inimaginable : deux univers séparés. Dans les mondes de l'imaginaire, tout est possible, les merveilles, les utopies ou les exoties insulaires. L'imagination y exhibe ses charmes nombreux. Par contre, la face obscure du réel se devine dans l'impensable des effets de fantastique. Pourtant la question des passages entre les deux se pose. Passages que les philosophes du passé ou du présent creusent, que les mythes signalent et utilisent, que les merveilleux divers et les espaces oniriques rapprochent, que les dystopies donnent à percevoir. Nous tenterons de suivre les divers itinéraires qui aboutissent à ces passages prenant comme points de départ les œuvres romantiques du passé qui ont vu la naissance du " genre " fantastique. Nous suivrons ensuite les chemins divers pris, sur quoi débouchent ces passages et qui brouillent parfois les limites peut-être arbitraires des genres.
Mondes fantastiques et réalités de l?imaginaireest un ouvrage qui aborde, par des entrées multiples, les rapports de l?imaginaire avec une conception du monde que les techno-sciences font évoluer inexorablement. L?ouvrage convoque des textes où joue la dynamique de l?imaginaire. Comment des textes fantastiques vont-ils aborder la nouvelle réalité ? Les nouvelles de Borges ou de Lovecraft y répondent. Comment la science-fiction va-t-elle saisir les nouveaux comportements entre les individus, entre les hommes et les machines, entre le désir d?éternité et ce que cela induit des pouvoirs des techno-sciences ? Voir les textes d?Ursula Le Guin, et de James Ballard. Comment le désir d?utopie peut-il encore produire des leurs d?espoir ? Voyez la trilogie martienne de Kim Stanley Robinson. L?univers de la fantasy est exploité pour le même but avec les textes de Tolkien et de Stephen King Toutes les voies de l?imaginaire sont explorées, et souvent reliées entre elles pour donner plus de solidité à ces univers de fiction.
Les genres et les figures qui permettent à l'imaginaire et à l'inimaginable de se proposer au lecteur varient selon les époques, sans toutefois perdre leur ancrage dans un passé parfois ancestral, comme c'est le cas des merveilleux. Mais depuis le XIXe siècle ont été inventés puis explorés les domaines des fantastiques et des sciences-fictions sous des formes devenues classiques qui rendaient compte des espoirs et des horreurs de l'époque. Les contextes politiques, économiques, mythologiques du XXIe siècle sont terriblement nouveaux. Donc, les formes qui rendent compte des rapports de l'imaginaire comme de l'inimaginable ont évolué. Les frontières entre les genres, comme les idéologies et les pratiques qui organisent notre réalité, sont bouleversées, devenues poreuses. Elles s'hybrident, sont en dérive, en perte de sens. Les textes et les thèmes qui sont analysés ici posent un regard neuf sur les transformations de ces paysages culturels neufs et sur les problèmes qui en découlent.
Mellier Denis ; Schaffner Alain ; Bozzetto Roger ;
Résumé : Jules Verne est la plupart du temps présenté comme un spécialiste du roman d'aventures, un romancier de la science ou un précurseur de la science-fiction moderne. Le centenaire de la mort de Jules Verne est l'occasion de sonder plus avant une strate un peu oubliée de son ?uvre : la veine fantastique. Verne était en effet un lecteur de Hoffmann et d'Edgar Poe, qui l'ont beaucoup influencé : si un véritable fantastique vernien se développe en marge des grands romans dans des nouvelles moins connues (" Maître Zacharius ", " M. Ré-dièze et Mlle Mi-bémol ", " Frritt-Flace ", etc.), il apparaît nécessaire de questionner une éventuelle " dimension fantastique " des Voyages extraordinaires. Nombreux sont à ce titre les romans qui débutent par un mystère, un événement étrange, une énigme à résoudre (Vingt mille lieues sous les mers, L'Ile mystérieuse, Nord contre Sud, Maître du monde), alors que d'autres récits se plaisent à flirter avec le fantastique (Les Indes Noires, Le Château des Carpathes, Le Secret de Wilhelm Storitz). De plus, les personnages rencontrent souvent des scènes d'horreur, des cadavres (Voyages et aventures du capitaine Hatteras, Le Sphinx des glaces, Voyage au centre de la terre, La Jangada), et Verne excelle à mettre en scène le singulier, le bizarre (Une ville flottante, Hatteras, Mathias Sandorf). La science est ainsi mise au service non seulement de l'explication du monde mais aussi de l'exhibition de l'étrange. Ce numéro entend donc mettre en évidence l'importance et la diversité de " l'inspiration fantastique " chez Jules Verne, une véritable veine, filon précieux jamais tarie, à l'image du gisement des Indes Noires, une artère irriguant peut-être le c?ur secret de l'?uvre.
Lorsqu'on pénètre dans les territoires que couvre la littérature fantastique, on s'aperçoit qu'ils sont composés de vues domaines, hétérogènes aussi bien dans l'espace que dans le temps. On en suivra les traces depuis les manoirs gothiques, contemporains du romantisme et de la première révolution industrielle, qui inaugure l'idée de " modernité ", et entraîne la première des " crises du sens " que l'Occident connaît, jusqu'aux romans d'horreur moderne. En effet lorsque les choses et les événements sont perçus comme incompréhensibles, la réalité vécue est de plus en plus ressentie sur le mode du mal-être. Une dimension fantastique du rapport de l'homme au monde tend alors à s'imposer, qui fait intervenir des sensations de malaise, de peur, d'effroi, de panique, d'angoisse. Au cœur des récits fantastiques se trouve le désir de témoigner de cette expérience traumatisante qu'est la rencontre avec l'inconcevable. Le texte fantastique rend compte de cette impression - peut-être paranoïaque - où l'on ressent obscurément que la réalité que l'on vit, en pensant la maîtriser, est en fait manipulée par des forces, ou des " choses ", présentes mais mystérieuses. D'où l'angoisse, la peur, et le surgissement des monstres, qui en découle. Avec des moyens et dans des contextes différents, c'est ce qui relie les châteaux gothiques aux friches industrielles, Lovecraft à Cortàzar, les vampires de Rice aux perversités de Crash !