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LE PHILOSOPHE ET LE REEL - ENTRETIENS AVEC JEAN-JACQUES ROSAT
BOUVERESSE JACQUES
PLURIEL
7,75 €
Épuisé
EAN :9782012790148
Ces Entretiens apparaissent comme l'autobiographie intellectuelle d'un des philosophes les plus au fait de quelques-uns des grands débats contemporains. Jacques Bouveresse retrace avec Jean-Jacques Rosat les grandes lignes de son parcours philosophique, tout en dressant un plaidoyer pour un style de pensée modeste, rigoureux et ironique. Issu de la génération des jeunes assistants qui, dans les années soixante, montèrent à l'assaut d'une Sorbonne un peu trop poussiéreuse, il fut le défenseur de la logique " moderne " alors tenue pour marginale et exotique. Adversaire-né de tous les conformismes et introducteur en France des grands philosophes logiciens (Wittgenstein, Russel...), il ne s'est pas contenté de plaider pour la philosophie analytique ; il a tracé la voie d'une certaine résistance intellectuelle, par le biais d'une distance ironique face aux illusions que la philosophie entretient sur ses pouvoirs et sur elle-même.
S'interroger sur l'avenir de la philosophie revient aujourd'hui, à bien des égards, à s'interroger sur l'avenir d'une désillusion. La philosophie n'a probablement jamais multiplié à ce point les déclarations d'humilité et de renoncement et en même temps manifesté autant d'arrogance dans sa façon de transformer la mort qu'elle proclame en une résurrection, par la méthode classique du "changement de sujet". Au lieu de se rattacher à une tradition dont la spécificité résulte de l'existence d'une catégorie particulière de problèmes que l'on peut qualifier de "philosophiques", elle essaie le plus souvent de se redéfinir essentiellement en termes d'anti-tradition, d'anomalie, de marginalité, de crise et de rupture permanente. Malheureusement, comme les positivistes en ont fait à chaque fois l'expérience, la décision d'abandonner la discussion de certains problèmes ne les fait pas disparaître. L'impression qu'une mutation historique radicale a été effectuée et que nous sommes déjà entrés dans l'ère post-philosophique ne correspond pas forcément à une réalité quelconque. Enfin le rôle que l'on attribue à la philosophie dans la culture de demain est généralement conçu d'une manière telle que l'existence de philosophes professionnels ne devrait logiquement plus pouvoir être défendue et maintenue autrement que par tradition ou par inertie.
Résumé : Pour la philosophie dire " analytique " ou " linguistique ", les problèmes philosophiques ne doivent leur existence qu'à certain type de méconnaissance de la nature et du fonctionnement de notre langage. A l'opposé, Chomsky et certains de ses disciples soutiennent actuellement qu'une conaissance adéquate du langage, loin de les faire disparaître, confère au contraire une dignité nouvelle et éventuellement fournit une solution à certains problèmes philosophiques classiques. Que le langage soit ignoré, traité en suspect ou au contraire en intérmédaire digne de foi, il s'agit cependant toujours pour la philosophie - et, à cet égard, les néo-positivistes peuvent être considérés comme des philosophes traditionnels - de retrouver, à l'aide ou en dépit du langage, le monde tel qu'il est derrière le monde tel qu'on le parle. Le rêve du philosophe serait en particulier de transformer une fois pour toutes en entités réelles ou en non-entités ces entités fictives qui, pour parler comme Bentham, tiennent du langage " leur impossible, et néanmoins indispensable, existence ", et au nombre desquelles on peut compter, à des titres divers, Dieu, l'Esprit, le sens, les êtres mathématiques, les objets physiques eux-mêmes. Mais c'est en un sens uniquement parce que et pour autant qu'on les considère avec cette arrière-pensée, au lieu de décrire simplement leur fonction dans notre langage et dans notre vie, qu'elles constituent, selon Wittgenstein, un problème désespérant et insoluble.
Comprend trois parties : Les Préalables du développement, Audaces et timidité du nouvel ordre juridique, Promesses et contradictions du nouvel ordre économique.
Bien qu'il ait peu écrit et rien publié sur des sujets tels que l'éthique et l'esthétique, Wittgenstein leur accordait une importance essentielle. Une lecture approfondie de textes comme la Conférence sur l'éthique, les leçons et conversations sur l'éthique, la psychologie et la croyance religieuse ou les étonnantes Remarques sur " Le Rameau d'or ", de Frazer, éclaire d'un jour nouveau l'entreprise du philosophe dans son ensemble, en en faisant ressortir les tendances profondes, les présupposés fondamentaux, les partis pris, et finalement l'unité foncière. La philosophie est, pour Wittgenstein, une anti-mythologie. Mais cela n'implique pas qu'elle doive être " scientifique ". La tâche du philosophe est de lutter contre toute espèce de mythologie, qu'elle provienne de la science, de la pseudo-science, de l'anti-science ou de la philosophie. La technique philosophique originale que Wittgenstein a utilisée pour sa part met en ?uvre d'exceptionnelles ressources d'imagination, d'invention et de séduction, et s'apparente finalement beaucoup plus à celle de l'esthéticien ou du critique d'art qu'à celle du savant.
La Révolution française n'a pas duré dix ans, mais un siècle : c'est autour de cette idée novatrice qu'est bâtie cette magistrale synthèse en deux volets (1770-1814 et 1814-1880)et due à l'un des plus éminents spécialistes du sujet. Le premier tome s'attache à décrire et expliquer le séisme qui fit s'effondrer l'Ancien Régime. Le second tome fait de son onde de choc le moteur de toute la vie politique de la France du XIXe siècle qui n'en finit pas de "terminer la Révolution". Seule la victoire des républicains sur les monarchistes à la fin des années 1870 a donné à la France un régime conforme aux principes de 1789. Dans un style limpide, la complexité de l'événement et ses conséquences ultimes sont déroulées sur la longue durée, au fil d'un essai mêlant récit haletant des faits, portraits vivants des personnages-clés et analyse rigoureuse. D'accès aisé, cet ouvrage stimulant permet de mieux saisir la portée de cette rupture fondatrice, car comprendre la Révolution, c'est aussi comprendre les héritages de la France d'aujourd'hui. --Thomas Ferrier
La reconstruction, le déplacement forcé de populations, la mémoire de l'Holocauste et du communisme, la guerre froide ont marqué l'Europe de l'après-guerre. L'historien décrit les évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles, à l'échelle du continent ou du pays, dans l'Europe de la seconde moitié du XXe siècle.
Ils étaient quatre-vingts et avaient à peine trente ans lors de l?arrivée d?Adolf Hitler au pouvoir. Leurs études universitaires destinaient ces juristes, économistes, linguistes, philosophes ou historiens à de belles carrières. Ils ont choisi de s?engager au sein des organes de répression du Troisième Reich. Ils ont théorisé et planifié l?élimination de vingt millions d?individus de race prétendument « inférieure ». Ils ont organisé et assisté à l?extermination d?un million d?entre eux.Au long d?une enquête éprouvante dans les archives du SD et de la SS, Christian Ingrao retrace le destin de ces enfants de la Grande Guerre, s?intéresse à leurs réseaux ? militants, universitaires ou amicaux ?, étudie leurs manières d?envisager la guerre et le « Monde d?ennemis » qui, selon eux, les menace. Apparaissent alors les mécanismes de l?engagement, dans le nazisme puis dans le meurtre de masse. Grâce à cette étude pionnière, on comprend comment ces hommes ont fait pour croire et pour détruire.Car l?histoire du nazisme est aussi tissée d?expériences personnelles, de ferveur et d?angoisse, d?utopie et de cruauté.
« Devant la patrie en ruine, je retrouve les montagnes et les fleuves toujours aussi tranquilles. » Ce vers du poète Du Fu que tous les Japonais connaissent par c?ur symbolise l?étonnante capacité d?un peuple à réinventer sa patrie depuis des siècles.Les spécialistes ici rassemblés expliquent la nature des cycles ? entre repli et ouverture ?, qui scandent la voie japonaise. Ils montrent la singularité d?une société hiérarchisée, divisée et en même temps étonnamment solidaire. Ils rappellent enfin comment quinze années de guerre au milieu du XXe siècle, suivies par un rétablissement économique exceptionnel, ont fait du Japon une puissance mondiale singulière.