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D'un ton guerrier en philosophie. Habermas, Derrida & Co
Bouretz Pierre
GALLIMARD
25,40 €
Épuisé
EAN :9782070129478
A travers un conflit brutal opposant Jürgen Habermas et Jacques Derrida, une guerre de quinze ans a déchiré l?Europe philosophique à la fin du XXe siècle. Il était question de déconstruction et de reconstruction de la raison, de l?héritage de l?Aufklärung et même du destin de la philosophie, sur une ligne de front dessinée entre l?époque de Hegel et celle de Nietzsche, puis légèrement retouchée à celle de Husserl, Heidegger et Adorno. Cela se passait entre Francfort et Paris, mais Derrida avait déjà été engagé dans d?autres guerres dessinant une géographie plus complexe. A Paris même, où Michel Foucault et Pierre Bourdieu l?avaient accusé d?être trop conventionnel et pas assez politique, ce qui impose de remettre sérieusement en cause la représentation d?une French theory censée être née aux alentours du Quartier latin vers 1968 avant de s?exporter comme pensée tout uniment « postmoderne ». Entre Paris et la Californie, où John R Searle l?avait attaqué pour mécompréhension de la révolution dans la théorie du langage née à Oxford sous les auspices de John Austin, ce qui incite à se pencher sur les relations entre philosophies dites « analytique » et « continentale ». En divers endroits d?Amérique entre départements de philosophie et de littérature, ce qui invite à découvrir grâce à des médiateurs comme Richard Rorty une réception de son oeuvre plus contrastée qu?il n?y paraît. Kant en son temps s?était préoccupé de ce qu?il appelait Un ton grand seigneur adopté naguère en philosophie, mais celui que l?on peut écouter au travers de ces conflits contemporains reflétés au miroir de celui qui a opposé Habermas à Derrida est franchementguerrier et l?on devra se demander pourquoi. Il n?en reste pas moins que Derrida et Habermas sont devenus amis: tard, trop près de la mort du premier pour qu?ils aient eu le temps de savoir jusqu?à quel point en philosophie; mais vraiment, en se reconnaissant une certaine parenté qu?il faudra tenter d?éclairer. Habermas affirme que « philosopher, c?est aussi douter du sens de la philosophie », Derrida qu?« un philosophe est toujours quelqu?un pour qui la philosophie n?est pas donnée ». Onpourrait se dire qu?à l?aune de telles convictions convergentes il était peut-être inutile de faire un drame d?un désaccord. Mais c?est ainsi: une affaire exemplaire de guerre et paix en philosophie offre une occasion de revenir sur son histoire, ses territoires et les manières de la pratiquer.
Résumé : La philosophie se pose souvent à elle-même la question de sa définition. Mais nous ne savons rien, ou presque, de ses manières de faire au jour le jour. Les philosophes aiment en effet à cacher les pistes, tenir secrètes les hésitations et gommer les ratures. Et nous sommes moins curieux des documents de leur travail que de ceux des écrivains, considérant que journaux, brouillons ou correspondances sont déjà de la littérature, pas encore de la philosophie. Il est bien sûr quelques exceptions, tels les fragments posthumes de Nietzsche, le dossier du Livre des passages de Walter Benjamin, les carnets de Wittgenstein. Mais c'est peu pour tenter de relier le visible et l'invisible, les idées et les intuitions. Récemment publié, le Journal de pensée d'Hannah Arendt offre de quoi surprendre quiconque est familier de son oeuvre comme le lecteur en quête d'une réponse à la question : qu'appelle-t-on philosopher ? Il illustre admirablement une pratique, un style, un ethos de la pensée. Arendt est demeurée rétive aux programmes de la philosophie, préférant s'adonner à ce qu'elle nommait "pensée libre". Ses exercices quotidiens doivent beaucoup à la fréquentation des livres classiques, qu'elle cite et commente "pour avoir des témoins, également des amis". Nous y voyons des idées qui surgissent d'un mot noté au hasard des lectures, se déploient en ligne droite ou bifurquent, s'agencent en tables de catégories, trouvent enfin la forme d'un article ou d'un livre. Mais nous y découvrons aussi des chemins qui ne mènent nulle part et les raisons de quelques échecs. Séjournant dans l'antichambre des livres, serons-nous tentés, pour finir, de donner raison à Kant et dire à sa suite que "le philosophe n'est qu'une idée" ?
Evelyne Pisier Pierre Bouretz Le paradoxe du fonctionnaire Paradoxe du fonctionnaire français : son statut est tabou. On n'en parle pas. On n'y touche pas. On ne fait que cela... Le texte en est si ambigu que sans cesse on l'interprète au gré des rapports de force. Quant à la guerre idéologique, elle s'épuise en slogans contradictoires : irresponsable et nanti, le fonctionnaire français joue, en toute sécurité d'emploi, de la grève ou de l'avantage acquis ; objet des caprices du Prince, des vexations de la discipline et sous-payé, le voici encore contraint de défendre sa citoyenneté. D'impasses libérales en équivoques socialistes, le fonctionnaire français cultive les privilèges du particularisme et les alibis de la citoyenneté. Au nom de quel Etat, faut-il traiter de l'épuration, des primes, de la réserve, de l'ENA, de la grève, de l'inamovibilité ? Au nom de quel Droit et devant quels juges, le fonctionnaire est-il responsable de ses fautes personnelles et professionnelles ? Au nom de quelle lutte de corps et de classe, service public et démocratie seraient-ils devenus incompatibles ? Associé aux rigides majestés de la puissance et aux fonctions de souveraineté, le service public n'est-il qu'un mythe usé et le statut de ses agents un obstacle à toute modernisation ? Associé aux interventions de l'Etat providence et aux fonctions de solidarité, le service public est-il coupable d'égalitarisme, et donc liberticide ? A distance de l'idéologie, rappelant quelques données très spécifiques de l'héritage culturel français, cherchant des éléments d'analyse dans l'histoire et le droit politiques, ce livre constitue un dossier indispensable pour tous ceux qui face aux excès de l'étatisme et de la privatisation feront encore du service public une idée neuve et du statut de ses agents un contrat d'innovation.
Extrait Extrait de l'introduction : Composer un livre à partir de textes déjà plus ou moins anciens et pour la plupart issus de commandes ne va pas de soi. Le risque est grand de ne pouvoir offrir que des «fonds de tiroirs», textes jamais publiés ou parfois parus de façon confidentielle, en sorte d'au moins accorder aux uns une véritable existence et aux autres une seconde chance. Relire ne se fait pas sans inquiétude, choisir sans hésitation et sans la crainte de ne parvenir à faire apparaître qu'une cohérence quelque peu factice. La chance est toutefois donnée à un travail réflexif cherchant à expliciter l'origine de l'intérêt pour une ou quelque(s) question(s), les raisons de sa permanence et les ressorts de ses inflexions au fil d'un temps relativement long. Les textes ici rassemblés ont été écrits durant une période qui précède et s'étend au-delà de la parution d'un livre sur le(s) même(s) sujet(s) : Témoins du futur -. Le souci de justifier leur choix m'incite à brièvement me livrer à un exercice auquel je ne me suis jamais soumis hors du contexte «académique» : examiner le lien de ce dernier avec celui qui l'avait précédé. Au regard du considérable déplacement qu'il supposait, le passage de l'un à l'autre était loin d'être évident et suscitait la surprise, en sorte qu'au début ceux qui m'encourageaient en me protégeant par leur autorité étaient rares : Heinz Wismann, Paul Ricoeur, Jürgen Habermas. Pourquoi abandonner les questions relatives à l'épistémologie des sciences sociales, aux théories de l'Etat et du droit ou encore au problème de la rationalisation du monde occidental pour d'autres beaucoup plus spéculatives et liées à l'univers d'apparence plus étroit du judaïsme allemand ? Sous-titrées «Philosophie de Max Weber», Les Promesses du monde confrontaient certes l'un des pères fondateurs de la sociologie à Kant, Hegel et Nietzsche plutôt qu'à ses pairs inventeurs d'une discipline nouvelle, et il le discutait sur un horizon philosophique avec Léo Strauss, Raymond Aron et Jürgen Habermas plutôt qu'à partir de ses épigones ou critiques au sein de celle-ci. Mais cela n'était à première vue pas une raison suffisante pour l'abandonner, sauf à revenir sans trop m'y arrêter sur les questions posées par son oeuvre en matière d'épistémologie, de science historique et de théorie du droit.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : Ce n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres constituant le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la vie nue (1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : Etat d'exception (2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (2015), Le Sacrement du langage (2009), Le Règne et la Gloire (2008), Opus Dei (2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, 2011, L'Usage des corps, 2015).
Découvrez ou redécouvrez les oeuvres clés de la philosophie, des Dialogues de Platon à l'Histoire de la folie à l'âge classique de Michel Foucault. Les oeuvres majeures de chaque philosophe sont résumées, et leur apport dans l'histoire de la pensée est mis en avant et explicité. Ce petit livre donne les clés nécessaires pour construire une dissertation ou un commentaire de texte, mais se veut aussi une invitation à lire de la philosophie...
Résumé : L'esthétique est une fois encore à l'ordre du jour philosophique. Notre époque, pressée d'en découdre avec la fin proclamée de l'Art, tient pour évident l'objet de cette discipline. Or l'esthétique est relativement récente : la réflexion sur l'art est une histoire parallèle à celle de la rationalité. Marc Jimenez en retrace ici le développement. C'est au siècle des Lumières que l'esthétique s'autonomise, qu'elle conquiert ses lettres de noblesse, quand devient primordiale la question du Beau comme accès au sens, à la vérité. Alors s'ouvrent des voies diverses : la science du beau (Kunstwissenschaft) n'est pas la faculté de juger kantienne ni la philosophie de l'Art, entre tradition et modernité, imaginée par Hegel. D'où les grands changements de perspective opérés au XXe siècle : le tournant esthétique de la philosophie, inauguré par Nietzsche ; le tournant politique de l'esthétique (Lukàcs, Heidegger, Benjamin, Adorno notamment) ; le tournant culturel de l'esthétique (Goodman, Danto, etc.). Rarement un ouvrage aura dressé un panorama aussi exact qu'utile de l'esthétique d'hier à aujourd'hui, alors que l'art demeure, pour la philosophie, une question essentielle.