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LA PHILOSOPHIE SAISIE PAR L'HISTOIRE. Hommage à Jacques D'Hondt
Bourdin Jean-Claude
KIME
24,40 €
Épuisé
EAN :9782841741540
Cet hommage au Professeur Jacques D'Hondt est un geste d'amitié et de reconnaissance envers un collègue, un professeur, un camarade, pour saluer son activité de philosophe, d'enseignant, de chercheur. Sa pensée philosophique inspirée de Hegel et de Marx a contribué à la redécouverte de ces philosophes, à l'écart des modes et des dogmatismes. Mais sa pratique d'historien de la philosophie ne s'est jamais enfermée dans la croyance en l'autosuffisance des textes, fussent-ils ceux des plus grands. Elle a noué avec l'histoire matérielle et politique des rapports subtils, reflétant leur complexité dialectique. Pour Jacques D'Hondt la philosophie présuppose l'histoire qui la déborde et exerce, en retour, sur elle des effets de distorsion qui font " bouger " ses prétentions à l'autonomie absolue. C'est pour mettre en relief cette inspiration constante des travaux de Jacques D'Hondt que cet hommage prend le titre de La philosophie saisie par l'histoire. Mais le travail de Jacques D'Hondt s'est aussi développé dans de nombreuses directions, abordant des sujets liés aux inquiétudes de notre temps. Loin de tout système, il a montré la fécondité de la démarche dialectique apprise auprès de Hegel et vivifiée par la confrontation avec Marx, révélant les contradictions, les points de rupture, attentif à restituer les continuités profondes dans l'histoire. Refusant de délivrer des leçons, Jacques D'Hondt a au contraire la vertu d'éveiller la pensée. On trouvera dans ce livre un Entretien réalisé avec Jacques d'Hondt suivi d'une bibliographie de ses travaux. Ses amis et collègues lui offrent ensuite des études correspondant à l'un des nombreux domaines sur lesquels il a lui-même travaillé.
Jean-Claude Bourdin est professeur de philosophie à l'université de Poitiers. Cofondateur du Groupe de travail sur Le Rêve de d'Alembert (associé au CERPHI, ENS Lyon), il a consacré de nombreux travaux à Diderot. Les Pensées philosophiques (1745) et leurs Additions (1763) sont le meilleur témoignage de l'importance de la pensée religieuse de Diderot, et de l'évolution de cette dernière, du déisme et du scepticisme des années 1740 à l'athéisme et au matérialisme militants des années 1760 - 1770. Ce livre s'inscrit dans le projet voltairien d'"écraser l'infâme", projet anti-religieux qui devait fédérer beaucoup d'auteurs des Lumières. Jean-Claude Bourdin redonne sa profondeur philosophique à ce texte souvent assimilé à un brûlot, et qui est pourtant une pièce importante (avec les écrits de Diderot sur la science, par exemple les Pensées sur l'interprétation de la nature, parues dans la GF en 2005) du matérialisme de Diderot.
Expression irrationnelle des désirs et des passions, la vengeance ouvre la boîte de Pandore du cycle infini de la violence réciproque. Bien sûr, il lui arrive d'être vécue comme un plat qui, gagnant à être mangé froid, nécessite de dresser des plans et de bien calculer son coup. Mais elle se vit aussi comme un appel à une justice supérieure, au moment où la Justice se trouve comme prise en défaut à l'égard de ses propres exigences d'équité. Nos sociétés tendent parfois à ériger le système judiciaire en simple substitut de la posture vindicatoire, alors que le citoyen voit son désir de vengeance condamné comme une réaction affective privée prohibée. Aussi, afin d'en éclairer toute la complexité, historiens, philosophes, sociologues, psychologues cliniciens et psychanalystes, proposent ici une série d'analyses sur l'acte qui consiste à se "faire justice soi-même". Ces analyses sont rassemblées dans quatre parties thématiques, successivement consacrées aux récits et discours de la vengeance, aux différentes formes du geste vindicatoire, à l'éventuel "genre" de la vengeance, et enfin aux différents univers - psychique en particulier - de l'action vengeresse. L'ambition du présent ouvrage est de penser et comprendre les vengeances d'hier comme celles d'aujourd'hui.
Bourdin Jean-Claude ; Garo Isabelle ; Bidet Jacque
Louis Althusser (1918-1990) fut l'initiateur d'une relecture de Marx qui fit école dans les années 1960 et son nom reste associé à un moment intense et exaltant d'une découverte des écrits de l'auteur du Capital, une révélation pour toute une génération et l'occasion de débats et d'apprentissages autant théoriques que pratiques. Cette relecture par Althusser a même occulté le travail réalisé par d'autres philosophes sur le renouveau de la pensée marxiste, tel celui de Henri Lefebvre, Jean-Toussaint Desanti et de certains philosophes italiens. Althusser a séduit étudiants et lecteurs par sa volonté de lire les écrits de Marx en philosophe et par la réintroduction du marxisme (devenu un dogme rigidifié par l'orthodoxie stalinienne et utilisé par les appareils des partis communistes comme instrument de légitimation politique) dans l'histoire de la philosophie. Les questions et les thèses mises en avant par Althusser conservent encore de nos jours une force d'inspiration incontournable: c'est ce que les auteurs entendent montrer. Biographie de l'auteur Ouvrage coordonné par Jean-Claude BOURDIN, professeur à l'Université de Poitiers, avec la collaboration d'Isabelle Garo, Jacques Bidet, Roberto Nigro, Yves Vargas et Franck Fischbach.
Résumé : Hegel, " historien de la philosophie " ? Hegel, lecteur des matérialistes des Lumières ? Si les études hégéliennes ont depuis quelques années en France révisé le procès en dogmatisme fait au Système, il semble que sa théorie et sa pratique de l'histoire de la philosophie continuent d'apparaître à beaucoup comme le refuge irréductible de dogmatisme. Quel intérêt y aurait-il alors à interroger la lecture que Hegel a faite de philosophies jugées " mineures " ou " marginales " au regard de la " grande " tradition philosophique ? D'ailleurs le système de l'Idéalisme absolu peut-il vérifier sa capacité intégrative sur ces philosophies-là sans nécessairement les " récupérer ", les plier à une lecture " totalitaire " ou déformante ? Les passages que Hegel a consacrés au matérialisme français du XVIIIe siècle révèlent quelques surprises. Outre qu'il est établi qu'il connaissait, quoique inégalement, La Mettrie, Helvétius et d'Holbach, il apparaît qu'il s'est efforcé de rendre compte du sens spéculatif et historique du surgissement de la catégorie de matière au siècle des Lumières. Son exposé très sélectif des grandes thèses du Système de la nature de d'Holbach montre une volonté de révéler un matérialisme inattendu, plus dynamique que mécanique, cependant qu'avec De l'esprit d'Helvétius, il propose une surprenante traduction de ses concepts dans son propre langage. Ce qui apparaît, enfin, comme des difficultés pour saisir le sens général du matérialisme des Lumières (il offre quatre schémas d'interprétation, il fait silence sur le matérialisme de Diderot et sur l'Encyclopédie, etc.), achève de ruiner l'image d'un Hegel " récupérateur " et hostile au matérialisme. Le lecteur jugera si, placé sous l'éclairage hégélien, le matérialisme français du XVIIIe siècle ne mérite pas de voir enfin reconnue sa valeur : avoir été une philosophie qui, non pas malgré sa catégorie de matière, mais bien grâce à elle, a su incarner le principe moderne de la liberté subjective s'illustrant dans la conquête de son royaume du fini.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.