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L'ECRITURE ET LA PENSEE. Spinoza et le problème de la métaphysique
Bourdil Pierre-Yves
CERF
35,00 €
Épuisé
EAN :9782204059237
La pensée de Spinoza est gouvernée par les nécessités de la raison. L'exactitude des propositions initiales décide invinciblement des plus ultimes conséquences qu'on en déduira. La rigueur éthique ne transige pas avec cette loi. Il faut donc à un moment réclamer les conditions socio-politiques les plus favorables à l'avènement du vrai. C'est la démocratie. Pourtant, Spinoza ne croit pas tous les citoyens capables d'assumer l'engagement démocratique. L'intelligence requise pour cela leur manque. Pour eux, la religion est plus adaptée : elle obtient l'obéissance appropriée à la paix civile. Elle les aide à se montrer sages. Mais quelle religion ? Pour Spinoza et son siècle, le christianisme est la réponse occidentale, quand bien même les réformés et les papistes se déchirent entre eux pour en établir l'authenticité. Il se fonde en tout cas sur l'accomplissement de l'" ancien " Testament par un " nouveau ". Philosophiquement, il détermine les conditions d'une métaphysique décidant quel au-delà est habilité à gouverner le monde. Pour trancher ce problème, Spinoza entreprend d'établir le caractère simplement historique du texte biblique. Ce faisant, il est amené à discuter le statut du " peuple hébreu " puisque celui-ci attend encore son Messie dans un monde chrétien qui l'a déjà reconnu dans la figure du Christ. Fidèle à sa tradition, le peuple juif se voit ainsi placé dans un statut poétique qui rend son existence politique et sociale aléatoire. Une lecture attentive de Spinoza met en évidence les aspirations problématiques de la métaphysique. Nous n'avons pas fini d'en assumer la responsabilité. La conscience historique ne nous a pas innocentés. Lisant au plus près de son texte l'engagement de Spinoza, nous apprenons comment l'écriture fait la philosophie et, de là, notre humanité.
Qu'avons-nous à faire avec la politique, tant il n'est pas sûr qu'elle nous intéresse encore ? Nous pouvons confier notre sort aux spécialistes de la chose publique ou l'assumer par nous-mêmes. Le tout est de savoir s'il faut trancher et, si oui, comment ; au nom de quoi. Les thèses de référence qui nous viennent à l'esprit nous ramènent au passé. Or, la politique, c'est pour demain qu'on la conçoit. Et demain, pour nous, ressemble au grand vide. Au lieu de nous résigner, défendons franchement la cause de la politique. Rien de simple ne tient : idéaliste ou réaliste, elle reste obstinément ambiguè. Et alors ? Entre savoir et faire, elle traduit le monde tel que nous le concevons ; tel que nous devrons en assumer les ultimes conséquences, démocratiques ou despotiques. Moins il y a de culture, plus il y a de pouvoir : c'est l'enjeu. Autant le savoir.
Résumé : Le XXe siècle, plus qu'aucun autre, passe pour le siècle de l'histoire. Il cherche quels événements sont dignes de mémoire et cultive une discipline chargée de les comprendre. Nous respectons volontiers les historiens qui savent comment raconter l'homme à l'homme. Nous pouvons nous contenter de les écouter comme des sages. Certaines horreurs commises au nom même de l'histoire peuvent néanmoins nous alarmer. Sans fondement moral, les pires dérives idéologiques sont à craindre. L'interprétation historique ne nous protège de rien, suggèrent, avec impertinence, les philosophes. Si l'histoire examine les événements qui sont arrivés, pendant que la philosophie se soucie de principes qui n'existent jamais, comment ne s'opposeraient-elles pas tôt ou tard, et vivement ? Par essence, l'histoire et la philosophie sont jalouses l'une de l'autre. Elles veulent édifier le même monde. Plus que sur la vérité, les philosophes et les historiens se disputent sur le sens d'une société laïque, résolument humaine, délivrée des intérêts pas toujours francs des mythes, des légendes et des superstitions. Hélas ! Notre civilisation semble de moins en moins attirée par les valeurs culturelles classiques, établies par l'histoire et garanties par l'école. Sous la forme de la consommation généralisée, l'envie folle nous guette de laisser agir la loi du plus fort. L'histoire a montré quelles horreurs cette fascination a pu déchaîner. La démocratie que nous désirons n'en est pas moins une invention de philosophes. Alors ?
L'Etat, dit-on communément, c'est moi. Toute la question est de savoir comment comprendre une telle affirmation, vu que l'Etat vit de n'être pas discuté. Il manifeste une instance englobante, l'obligatoire inspiration, sinon de nos pensées, du moins de nos actes. Il ordonne. Obéissant aux seuls impératifs de sa nature, il demeure impassible et sourd aux gémissements particuliers, personnels, privés, tout simplement parce qu'ils sont incompatibles avec le plan général des institutions politiques, juridiques, économiques, policières et administratives qu'il anime. Il donne consistance culturelle au monde. Sa pensée détermine les limites et les modalités de son pouvoir. Comme les dieux, il prend au choix forme personnelle ou impersonnelle, et si une certaine Révolution n'avait pas eu lieu, nous ne saurions toujours pas à qui revient l'ultime souveraineté. Il n'est pas sûr, hélas, que nous tirions les meilleurs leçons de cette aventure fondatrice. Nous sommes donc en danger. La réflexion s'impose, car l'autorité reste à qui maîtrise les référents des valeurs publiques.
Résumé : Nous ne nous méfions pas assez de nos moindres gestes... Pourquoi Robert de Meaux achète-t-il le journal ce soir-là, déclenchant ainsi une machine infernale ? Toutes sortes d'événements s'emmêlent ; une terrible intrigue se noue ; un crime étrange se profile, où l'écriture des livres joue un rôle peu ordinaire. Les indices s'accumulent, phrases, situations historiques ou imaginaires, citations cachées (y compris de la Bible, de Hergé ou de Heidegger...), montrant comment tout est lié dans l'Univers. " Rien n'est sans raison " dit Leibniz ; les plus étranges situations auraient donc toujours une explication ? Les détectives ne s'y trompent pas, Pierre-Yves Bourdil non plus : il construit son roman comme une intrigue policière, tout en le calquant sur l'organisation du monde selon Leibniz. Les vies des héros s'entrecroisent ; leurs univers, en interaction les uns avec les autres, et pourtant indépendants, tissent la trame d'un roman à la fois philosophique et fantastique !
Descartes René ; Beyssade Jean-Marie ; Beyssade Mi
Poser les fondements de toute philosophie et de tout savoir, en retraçant le chemin qui mène du doute radical à l'indubitable science: telle est l'entreprise de Descartes dans ses Méditations métaphysiques. Tout au long de cet ouvrage original où se conjuguent démonstration et ascèse, la vérité se fonde à mesure que le lecteur se découvre et se forme, en éprouvant, après l'incertitude de toute connaissance, l'existence du sujet pensant, de Dieu, des choses matérielles, la distinction de l'âme et du corps et leur union en l'homme. Les Méditations, dont nous donnons ici les textes latin et français, sont suivies des Objections formulées par d'illustres théologiens et philosophes - dont Arnauld, Hobbes, Gassendi - et des Réponses de l'auteur, à travers lesquelles l'exposé de sa métaphysique se trouve prolongé.
Prince des philosophes ", selon Deleuze, " moment crucial de la pensée moderne ", selon Hegel, Baruch Spinoza (1632- 1677) est considéré comme le philosophe le plus dérangeant du XVIIe siècle. Héritier dissident de Descartes, il décida de suivre la raison jusqu'au bout et élabora ainsi une philosophie radicalement neuve, aux conséquences révolutionnaires. Ce volume permet d'accéder à l'intégralité de ses écrits dans les traductions originelles de Charles Appuhn, depuis Les Principes de la philosophie de Descartes jusqu'au chef-d'oeuvre qu'est l'Ethique, en passant par le Traité politique, le Traité théologico-politique, le Traité de la réforme de l'entendement, le Court Traité, les Pensées métaphysiques et la correspondance. Outre la rigueur métaphysique préfigurée par le Court Traité et accomplie dans l'Ethique, on voit ici se déployer une réflexion de grande envergure et aux directions multiples. Politique d'abord : Spinoza traite du droit naturel, du contrat social, de la nature des régimes et des Etats, comme de la place des affects dans l'élaboration d'un champ social. Théologique ensuite : il teste une nouvelle méthode littérale de lecture de la Bible, en attribuant à l'interprétation une portion congrue. Morale enfin : le philosophe interroge les thèmes de la liberté, du bien et du mal dans leur existence même. Autant de domaines où s'affirme la volonté de n'obéir qu'à la raison et d'en accepter les verdicts et les principes. Nul n'a mieux défini que Spinoza ce que signifie philosopher : " Ne pas rire, ne pas déplorer, ne pas haïr, mais comprendre ".
Pascal Blaise ; Descotes Dominique ; Escola Marc ;
Résumé : En 1656, après une existence mondaine où il cherche la gloire par l'exploitation de ses recherches scientifiques, Pascal entreprend une apologie de la religion chrétienne que sa santé ne lui laissera pas le temps d'achever et dont il reste seulement des fragments. Cette édition d'extraits de l'oeuvre permet l'étude de l'argumentation et du classicisme dans les classes de 2de et 1re.
Édition bilingue latin-français (page par page) des Oeuvres complètes sous la direction de Pierre-François Moreau. Est déjà paru Traité théologico-politique (publié en 1999). --Ce texte fait référence à l'édition Broché.