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Discours sur le plaisir ou Comment faire des bêtises
Bourdil Pierre-Yves
FLAMMARION
14,70 €
Épuisé
EAN :9782080674777
Rien n'intéresse plus que le plaisir : en toute occasion, c'est lui qu'on attend. On aimerait lui consacrer sa vie entière et ne connaître que lui. Tout se complique dès qu'on entreprend d'expliquer ce qu'on ressent. Le plaisir, en effet, est intime. Ne disparaît-il pas lorsqu'on le communique ? C'est le risque à courir en le partageant. C'est le plaisir à gagner. Du café qu'on savoure en terrasse jusqu'à la réflexion la plus sérieuse, en passant par toutes les expériences que nous en faisons - un repas gourmand, la lecture d'un bon livre, la façon de vivre un agréable moment, sans oublier naturellement l'exaltation des corps -, Pierre-Yves Bourdil nous invite à un parcours impertinent. La philosophie n'est pas toujours sage, elle peut aussi se dévergonder. De fait, on réclame qu'un discours sur le plaisir fasse plaisir jusqu'au bout. On demande à retrouver le goût délicieux des bêtises que l'on fait sitôt que les grandes personnes ont le dos tourné. Si nous ne sommes pas tous philosophes, nous réfléchissons tous en philosophie. On ne trouvera ici ni thèse savante ni catalogue, mais un dialogue complice entre un auteur et son lecteur. Pierre-Yves Bourdil fait de la pensée un art généreux. Il nous montre que nous pouvons réfléchir et rend la pratique de la philosophie jubilatoire.
Qu'avons-nous à faire avec la politique, tant il n'est pas sûr qu'elle nous intéresse encore ? Nous pouvons confier notre sort aux spécialistes de la chose publique ou l'assumer par nous-mêmes. Le tout est de savoir s'il faut trancher et, si oui, comment ; au nom de quoi. Les thèses de référence qui nous viennent à l'esprit nous ramènent au passé. Or, la politique, c'est pour demain qu'on la conçoit. Et demain, pour nous, ressemble au grand vide. Au lieu de nous résigner, défendons franchement la cause de la politique. Rien de simple ne tient : idéaliste ou réaliste, elle reste obstinément ambiguè. Et alors ? Entre savoir et faire, elle traduit le monde tel que nous le concevons ; tel que nous devrons en assumer les ultimes conséquences, démocratiques ou despotiques. Moins il y a de culture, plus il y a de pouvoir : c'est l'enjeu. Autant le savoir.
L'Etat, dit-on communément, c'est moi. Toute la question est de savoir comment comprendre une telle affirmation, vu que l'Etat vit de n'être pas discuté. Il manifeste une instance englobante, l'obligatoire inspiration, sinon de nos pensées, du moins de nos actes. Il ordonne. Obéissant aux seuls impératifs de sa nature, il demeure impassible et sourd aux gémissements particuliers, personnels, privés, tout simplement parce qu'ils sont incompatibles avec le plan général des institutions politiques, juridiques, économiques, policières et administratives qu'il anime. Il donne consistance culturelle au monde. Sa pensée détermine les limites et les modalités de son pouvoir. Comme les dieux, il prend au choix forme personnelle ou impersonnelle, et si une certaine Révolution n'avait pas eu lieu, nous ne saurions toujours pas à qui revient l'ultime souveraineté. Il n'est pas sûr, hélas, que nous tirions les meilleurs leçons de cette aventure fondatrice. Nous sommes donc en danger. La réflexion s'impose, car l'autorité reste à qui maîtrise les référents des valeurs publiques.
La pensée de Spinoza est gouvernée par les nécessités de la raison. L'exactitude des propositions initiales décide invinciblement des plus ultimes conséquences qu'on en déduira. La rigueur éthique ne transige pas avec cette loi. Il faut donc à un moment réclamer les conditions socio-politiques les plus favorables à l'avènement du vrai. C'est la démocratie. Pourtant, Spinoza ne croit pas tous les citoyens capables d'assumer l'engagement démocratique. L'intelligence requise pour cela leur manque. Pour eux, la religion est plus adaptée : elle obtient l'obéissance appropriée à la paix civile. Elle les aide à se montrer sages. Mais quelle religion ? Pour Spinoza et son siècle, le christianisme est la réponse occidentale, quand bien même les réformés et les papistes se déchirent entre eux pour en établir l'authenticité. Il se fonde en tout cas sur l'accomplissement de l'" ancien " Testament par un " nouveau ". Philosophiquement, il détermine les conditions d'une métaphysique décidant quel au-delà est habilité à gouverner le monde. Pour trancher ce problème, Spinoza entreprend d'établir le caractère simplement historique du texte biblique. Ce faisant, il est amené à discuter le statut du " peuple hébreu " puisque celui-ci attend encore son Messie dans un monde chrétien qui l'a déjà reconnu dans la figure du Christ. Fidèle à sa tradition, le peuple juif se voit ainsi placé dans un statut poétique qui rend son existence politique et sociale aléatoire. Une lecture attentive de Spinoza met en évidence les aspirations problématiques de la métaphysique. Nous n'avons pas fini d'en assumer la responsabilité. La conscience historique ne nous a pas innocentés. Lisant au plus près de son texte l'engagement de Spinoza, nous apprenons comment l'écriture fait la philosophie et, de là, notre humanité.
Résumé : Le XXe siècle, plus qu'aucun autre, passe pour le siècle de l'histoire. Il cherche quels événements sont dignes de mémoire et cultive une discipline chargée de les comprendre. Nous respectons volontiers les historiens qui savent comment raconter l'homme à l'homme. Nous pouvons nous contenter de les écouter comme des sages. Certaines horreurs commises au nom même de l'histoire peuvent néanmoins nous alarmer. Sans fondement moral, les pires dérives idéologiques sont à craindre. L'interprétation historique ne nous protège de rien, suggèrent, avec impertinence, les philosophes. Si l'histoire examine les événements qui sont arrivés, pendant que la philosophie se soucie de principes qui n'existent jamais, comment ne s'opposeraient-elles pas tôt ou tard, et vivement ? Par essence, l'histoire et la philosophie sont jalouses l'une de l'autre. Elles veulent édifier le même monde. Plus que sur la vérité, les philosophes et les historiens se disputent sur le sens d'une société laïque, résolument humaine, délivrée des intérêts pas toujours francs des mythes, des légendes et des superstitions. Hélas ! Notre civilisation semble de moins en moins attirée par les valeurs culturelles classiques, établies par l'histoire et garanties par l'école. Sous la forme de la consommation généralisée, l'envie folle nous guette de laisser agir la loi du plus fort. L'histoire a montré quelles horreurs cette fascination a pu déchaîner. La démocratie que nous désirons n'en est pas moins une invention de philosophes. Alors ?
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)