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Eclats 2002
Boulez Pierre ; Samuel Claude
MEMOIRE LIVRE
33,66 €
Épuisé
EAN :9782913867147
La personnalité de Pierre Boulez, dont on a célébré en l'an 2000 le soixante-quinzième anniversaire, déborde largement le cadre de ses activités de compositeur et de chef d'orchestre. Acteur éminent dans ces deux disciplines, il est aussi un témoin actif de la pensée contemporaine, toujours en prise avec l'évolution de notre société. Ce livre, fondé sur des contributions (les "notations") bénéficiant d'illustres signatures et les réflexions bouléziennes sur les mêmes sujets, permet de cerner tout à la fois quelques grandes problématiques culturelles de notre temps et les thèmes que Boulez n'a cessé d'explorer : présence d'écrivains visionnaires, tels Joyce, Proust ou Kafka, recherches plastiques, avec détour du côté du Bauhaus. Sans omettre l'intrusion de la technologie la plus avancée, dont l'Ircam, créé jadis par Boulez, est un des fers de lance internationaux. La présente édition de ce livre "éclaté", dont le noyau original constitua, en 1985, l'hommage du Centre Georges Pompidou au directeur de son département musical, tient naturellement compte de la longue période qui s'est écoulée depuis la première édition : interrogé par Claude Samuel, Pierre Boulez, toujours incisif, place ses propos dans cette nouvelle perspective et, musicien majeur du XXème siècle, explique comment il ouvre, avec audace et lucidité, le XXIème siècle. Un large appareil documentaire - notamment la discographie des oeuvres de Pierre Boulez et des oeuvres qu'il a dirigées - enrichit l'ouvrage initial, illustrant les dimensions spectaculaires de la création boulézienne. Pierre Boulez est la grande figure musicale française de la seconde moitié du XXème siècle. Il a dirigé les orchestres internationaux les plus prestigieux et composé des oeuvres devenues déjà des classiques de la modernité : Le Marteau sans maître, Pli selon pli, trois Sonates pour piano, Répons, etc. Professeur au Collège de France, il a rédigé de nombreux textes théoriques et polémiques.
Résumé : Pierre Boulez (1925-2016) demeure l'un des plus grands et des plus prestigieux musiciens de notre temps. Mais aussi l'un des plus "abstraits" dit-on : il est exact qu'il serait bien difficile de trouver dans sa musique, comme il l'avoue lui-même, des éléments un tant soit peu personnels, "l'arrière-histoire", aurait dit René Char, de l'une des démarches créatrices les plus radicales du siècle. Ces conversations à bâtons rompus - sur le modèle des Entretiens de Francis Bacon avec Michel Archimbaud (Folio Essais n° 289) - sur la musique, et plus largement la culture, permettent au lecteur de découvrir derrière l'austère théoricien, le polémiste véhément, le chef admiré et mondialement connu, un homme enthousiaste et chaleureux que la passion de la musique et de la vie sous toutes ses formes constamment anime. Point n'est besoin de grandes connaissances musicales : ceux qui sont déjà familiers de l'oeuvre y retrouveront le rythme de la phrase, le martelé de la voix, l'ardeur du propos de Boulez. Les autres, grâce aux qualités didactiques bien connues du musicien et à l'enthousiasme communicatif de sa conversation, suivront le parcours d'un créateur solaire et trouveront des repères pour la musique d'hier, d'aujourd'hui et de demain, tracés avec l'acuité du spécialiste et les bonheurs du passionné.
Abolir la frontière entre l'inachevé et le fini', suggère Pierre Boulez, n'est-ce pas"le désir d'affirmer que l'oeuvre réelle, définie par des limites spatiales et temporelles, ne pouvait être, d'une certaine façon, que le fragment plus ou moins volontaire d'un grand oeuvre imaginaire, virtuel, dont nous ne voudrions connaître ni l'origine ni la fin?"Portrait du compositeur et chef d'orchestre, cet ouvrage, publié à l'occasion de l'exposition Pierre Boulez oeuvre: fragment, conçue et présentée au musée du Louvre, évoque l'itinéraire d'une pensée créatrice où le fragment s'affirme comme forme majeure de la modernité. Faisant suite au Pays fertile, que le compositeur a consacré à l'oeuvre de Paul Klee, il offre un nouveau chapitre de son regard sur les arts plastiques. De la musique à la peinture, les va-et-vient sont nombreux, méandres nécessaires d'une réflexion qui s'intéresse à l'héritage du romantisme dans les formes les plus innovantes de l'art du XXe siècle."
L'ascension de M. Baslèvre est celle d'une âme recroquevillée sur elle-même et rendue au désir de vivre par un amour inattendu. Fonctionnaire modèle, vieux garçon, Justin Baslèvre gravit sans états d'âme les échelons hiérarchiques de son ministère. Il est, au départ, un Estaunié détourné, caricaturé avec une pointe d'ironie. Un incident mineur - mais auquel l'auteur s'entend à donner du relief - ouvre les yeux du fonctionnaire sur l'amour et sur la vilenie. L'intervention, anodine en apparence, d'un lointain ami d'enfance change le cours d'une existence trop bien réglée. Cette intrusion de l'inconnu fera à la fois le bonheur et le malheur de l'employé de bureau : il s'aperçoit que, comme lui, les êtres qui se trouvent sur son chemin ont une vie secrète, et qu'il n'est pas armé pour déjouer leurs intrigues, entrecroisées par Estaunié avec un sens étonnant du mystère. Une ascension morale élève M. Baslèvre au-dessus de ces adversités. Il triomphe en sublimant, comme dans la grande tradition romanesque des siècles passés, un amour plus fort que la mort. " Jacques Jaubert
Caldwell a fait entrer dans la littérature le pauvre Blanc du Sud. Il découvrit aussi, dès son enfance en Géorgie, le Noir que la tradition sudiste l'empêchait de prendre pour héros. Les implications morales du problème racial dépassaient la peinture des petits Blancs. Elles interdisaient à Caldwell de peindre les Noirs simplement, sans prendre parti, à moins d'en faire les éléments d'un décor, comme dans Le Bâtard. Il ne pouvait, en les décrivant à gros traits, les faire entrer dans des farces tragiques avec cet humour féroce qui fit le succès de La Route au tabac. L'innocence des Noirs ne s'accommodait pas de cette violence-là. A la fin de sa vie, le roman ne lui suffisant pas, Caldwell se trouva amené à adopter une perspective plus personnelle, plus impliquée socialement et moralement. C'est dans ce contexte qu'il donna, faisant pendant à Sud profond (1968), livre de réminiscences d'une enfance sudiste, le versant noir de celui-ci, A la recherche de Bisco. En quoi ce texte autobiographique se distingue-t-il du roman, sinon au critère de vérité ? Car l'auteur, de fait, est bientôt pris au piège de son énonciation : la preuve qu'il dit vrai, c'est qu'il le dit. " MICHEL FABRE.
La vie d'Eugène Sue est un roman, tumultueux comme ses livres. Né sous le Premier Empire dans une riche famille de chirurgiens, le jeune homme préfère au destin médical la vie de bohème, le dandysme et les voyages. Il écrit négligemment dans les journaux, sans se croire doué pour la littérature. Quand il publie ses premiers romans, il subit l'influence anglaise des récits gothiques à la mode. Mais le vrai Eugène Sue naît en 1841 lorsqu'un ami lui fait découvrir le milieu ouvrier militant et les bas-fonds de la capitale. " Je suis socialiste ", déclare-t-il. Transformé par la révélation des classes laborieuses, il compose en 1842 " Les Mystères de Paris ", dont le succès est immense. Toute la France se passionne pour le prince Rodolphe et les personnages qui grouillent dans l'enfer de la misère et du crime. Hugo applaudit, Balzac se désespère de se voir distancé ! Après " Le Juif errant " et bien d'autres livres triomphaux, Eugène Sue doit échapper à la police du Second Empire. Il mourra, en Savoie, alors terre étrangère, en 1855.