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Quand les socialistes inventaient l'avenir. Presse, théories et expériences, 1825-1860
Bouchet Thomas ; Bourdeau Vincent ; Castleton Edwa
LA DECOUVERTE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782707185914
Le socialisme donc paraît, et l'aube du jour c'est 1830." Ces mots de Pierre Leroux ont guidé le projet de cet ambitieux ouvrage collectif : cartographier les grandes figures, idées et controverses du premier socialisme français, aujourd'hui largement méconnu et pourtant incroyablement inventif et actuel. Dans les années qui suivent les Trois Glorieuses de Juillet, le mot "socialisme" est forgé et sert graduellement de bannière à toute une génération née aux lendemains de 1789 et qui ne peut se résumer aux seuls noms d'Etienne Cabet, Pierre-Joseph Proudhon ou Louis Blanc. Observant une "société en poussière", tous ces socialistes ambitionnent alors de développer une nouvelle connaissance du lien, de la solidarité et de l'union, et cette connaissance prendra la forme indistincte d'une science, d'une philosophie et d'une religion. Tous revendiquent également un droit à l'action et à l'expérience pour fonder cette nouvelle association des hommes. Tous s'opposent à un présent libéral qui a consacré le règne des "satisfaits" et des grands notables, que résument les mots (apocryphes) de Guizot, "Enrichissez-vous !". Pour la période allant de la toute fin de la Restauration à l'installation du Second Empire, la littérature concernée est immense, livres, pamphlets, brochures, journaux. Elle couvre tous les champs du savoir et de la culture. Comment redonner un accès à cet océan de textes et à cette foultitude d'expériences, d'échanges et d'événements ? Comment brosser un tableau, certes forcément incomplet, subjectif, sélectif, mais livrant une image et une interprétation d'ensemble ? Quels traits adopter et quel fil directeur suivre ? Cet ouvrage a choisi de privilégier une entrée originale : la presse socialiste. Il montre ainsi, au fil de textes consacrés aux grandes figures et aux journaux qu'ils ont créés, à quel point ceux-ci furent un vecteur bouillonnant et indispensable des idées révolutionnaires de ce temps...
You snivelling little git!" ! " (" Espèce de petit connard de pleurnicheur ! ") ; " Pepe Botella ! " ("Jojo la Bouteille . ") , Oligarcas ! " (" Oligarques ! ") ; " A bas les ruraux ! ", Parmi des centaines d'autres, ces mots et expressions scandent L'Insulte (en) politique, Noms d'oiseaux désobligeants, dévalorisants, humiliants, lancés aux tribunes, dans les cortèges ou devant les caméras, en français, en anglais ou en espagnol, ils ont été jusqu'ici peu étudiés. Le présent livre est né de ce constat. Il présente les résultats d'une longue et passionnante traque sur deux continents, des campagnes du Haut-Quercy et du Pérou aux murs de Belfast, de la chambre des Communes et des Cortes aux kiosques à journaux parisiens, On y rencontre Léon Blum et Carlos Menem, Byron et Louis-Napoléon Bonaparte, Louise Bernardi et Manuel Almandos, des femmes du Venezuela et des députés de la Ve République, des camelots et des caricaturistes, des commissaires de police et des juristes. Certaines caractéristiques majeures de la vie politique d'hier ou d'aujourd'hui sont ainsi rendues lisibles dans le bruissement ou le fracas des mots.
Résumé : 1832 : tandis que Paris vibre, vacille et gronde sous les coups redoublés de l'épidémie et de la guerre des rues, Adélaïde s'ennuie. Elle frémit dans son salon à la lecture des journaux, se délecte du chocolat que sa domestique lui rapporte de chez Marquis, s'émerveille en recluse des oiseaux du Jardin des Plantes où elle vit, loin des barricades (où Gavroche meurt). Emilie la saint-simonienne se bat du côté de Ménilmontant pour faire entendre la cause féministe. Louise, marchande ambulante du centre de Paris, atteinte du choléra et soupçonnée d'avoir participé à l'insurrection, est soumise à l'interrogatoire du commissaire, du juge et du médecin. Lucie, la mystique en extase, jouit du corps de Jésus, derrière les murs d'un couvent puis le choléra l'emporte. Comment situer ce texte inclassable ? " Tout est vrai, mais rien n'est vrai " nous dit Thomas Bouchet, historien talentueux du sensible et amoureux rigoureux de littérature. Ces femmes sont fictives, mais leur incarnation aux accents hyperréalistes se développe à travers l'usage minutieux des archives. Ce sont le corps et ses humeurs, l'expérience sexuelle, les maux de dents, le goût du chocolat ou celui de l'eau de vie dans les estaminets. La girafe du Jardin des Plantes, les indigènes qui traversent le paysage ou la rubrique des faits divers sont autant d'éclats de réel. Mais le tour de force littéraire et politique réside aussi et surtout dans la voix des femmes. Toutes sont recluses, c'est leur condition, que ce soit dans " l'île " du Jardin des Plantes, le couvent de la rue Neuve Sainte-Geneviève, la colline de Ménilmontant et la prison la vraie, Saint-Lazare, pour Louise. Thomas Bouchet relaie la parole des femmes, alors que les voix des hommes sont ici inaudibles. Chacune a un mode d'expression qui s'accorde avec sa condition : la bourgeoise a accès à la correspondance et se prête à des essais littéraires, pour la religieuse c'est le journal intime, pour la militante, le discours, la harangue, et la marchande, la plus précaire de toutes, parle à travers les minutes des interrogatoires. L'effet de réel est saisissant.
Blessantes côté pile, futiles côté face, les insultes semblent incarner les petitesses du débat politique. Elles méritent pourtant mieux que l'anathème, le sourire ou le mépris. Au fil de situations d'insultes extraites de l'histoire française, on croise des groupes d'ultra-royalistes, de boulangistes ou de communistes en colère, mais aussi Honoré Daumier à sa table de travail, Victor Hugo à l'assaut de « Napoléon le Petit », Léon Blum ou Simone Veil estomaqués par l'abjection de ce qu'ils entendent, Dominique de Villepin, pointant du doigt François Hollande. De la Restauration à nos jours, en passant par l'affaire Dreyfus, le Front populaire ou la guerre froide, Noms d'oiseaux nous révèle un aspect inédit des batailles politiques de la France contemporaine. Thomas Bouchet décrypte avec talent, dans un essai à la fois drôle et cruel, l?usage de l?insulte de la Restauration à nos jours dans l?enceinte parlementaire. Michel Noblecourt, Le Monde.
Soldats et gardes nationaux face aux barricades sur le pavé de Paris, au soir du 5 juin 1832 ; à la morgue, le spectacle des corps sans vie de dizaines de victimes ; l'ordre donné aux médecins, le 9 juin, de dénoncer tout insurgé blessé ; un discours vibrant de François Guizot sur la mort des émeutes ; un monument aux victimes de juin dans le cimetière du Père-Lachaise ; les larmes du vétéran Rossignol, en juin 1848 ; dans Les Misérables, le petit Gavroche fauché par une balle. Aussi divers soient-ils, tous ces moments - tant d'autres encore - tissent une seule et même histoire. Celle de vingt-quatre heures d'affrontements, celle aussi d'une séquence temporelle conduisant de juin 1832 à nos jours. Ce retour sur les 5 et 6 juin 1832 fait remonter en surface des aspects mal connus de l'histoire de la capitale au XIXe siècle. Il invite à s'interroger sur les formes de la contestation, entre agitation et révolution. Les pratiques du pouvoir en temps de crise y sont dévoilées, tandis qu'apparaît au grand jour la multiplicité des relations qu'entretiennent individus et collectivités avec leur temps. Au-delà, une question récurrente alimente ce livre : est-il possible d'élaborer une écriture totale de l'événement ?
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.