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L'Insulte (en) politique. Europe et Amérique latine du XIXe siècle à nos jours
Bouchet Thomas ; Leggett Matthew ; Vigreux Jean ;
EUD
22,00 €
Épuisé
EAN :9782915552249
You snivelling little git!" ! " (" Espèce de petit connard de pleurnicheur ! ") ; " Pepe Botella ! " ("Jojo la Bouteille . ") , Oligarcas ! " (" Oligarques ! ") ; " A bas les ruraux ! ", Parmi des centaines d'autres, ces mots et expressions scandent L'Insulte (en) politique, Noms d'oiseaux désobligeants, dévalorisants, humiliants, lancés aux tribunes, dans les cortèges ou devant les caméras, en français, en anglais ou en espagnol, ils ont été jusqu'ici peu étudiés. Le présent livre est né de ce constat. Il présente les résultats d'une longue et passionnante traque sur deux continents, des campagnes du Haut-Quercy et du Pérou aux murs de Belfast, de la chambre des Communes et des Cortes aux kiosques à journaux parisiens, On y rencontre Léon Blum et Carlos Menem, Byron et Louis-Napoléon Bonaparte, Louise Bernardi et Manuel Almandos, des femmes du Venezuela et des députés de la Ve République, des camelots et des caricaturistes, des commissaires de police et des juristes. Certaines caractéristiques majeures de la vie politique d'hier ou d'aujourd'hui sont ainsi rendues lisibles dans le bruissement ou le fracas des mots.
Résumé : Grand spécialiste du bouillonnant XIXe siècle, Thomas Bouchet questionne ici l'écriture biographique. Il propose un " pas de deux ", nous faisant approcher au plus près de ses " personnages " (l'ouvrière de l'aiguille Désirée Véret et l'éditeur Jules Gay), de leurs engagements politiques et sociaux, des " paysages changeants " qui colorent les vies - les leurs, les nôtres. Elle était femme d'aiguille, il était homme de plume. Elle et lui ont formé un couple pendant un demi-siècle. Les longues existences des socialistes Jules Gay et Désirée Véret invitent à se demander, à hauteur d'expériences souvent fragmentaires, ce que pouvait signifier vivre, vivre à deux, vivre en société, être animée par la soif de changer la vie durant le bouillonnant xixe siècle. Leurs parcours engagés résonnent avec certains des plus âpres combats de l'époque, sur plusieurs fronts, dans leurs milieux respectifs et au-delà : socialismes en tout genre, féminisme, éducation des enfants, liberté de la presse, anticléricalisme, pacifisme, internationalisme. Placer en dialogue leurs trajectoires, montrer proximités et dissemblances dans leurs pensées et agissements, observer leurs relations avec leurs contemporaines, c'est une façon de faire osciller le genre biographique entre le solo, le duo et un foisonnant pluriel, de s'essayer à écrire une-deux-plusieurs vies. Pour ce faire, plutôt qu'une trame en ligne droite, l'historien Thomas Bouchet propose ici un dispositif en " morceaux " et tisse ensemble son récit, les voix de Désirée et de Jules, d'autres voix qui se font entendre à leur propos. Et ce sont bien des " éclats de vie " qui restent en tête, une fois que l'on a cheminé avec Désirée ou Jules, avec Désirée et Jules. Leur " pas de deux " nous fait nous approcher au plus près de leurs silhouettes et des " paysages changeants " qui colorent en profondeur les vies - les leurs, les nôtres.
Résumé : Socialismes et émancipation sensuelle sont-ils compatibles ? C'est à cette épineuse question que Thomas Bouchet tente de répondre en passant au crible du plaisir des sens deux siècles d'histoire des socialismes français. Depuis les harmonies sensuelles de Charles Fourier jusqu'au socialisme gouvernemental et pâlot d'aujourd'hui, via les colonies libertaires de la Belle Epoque, les colonnes de L'Humanité ou encore les fêtes de Lutte ouvrière, deux tendances s'opposent : d'un côté, dominants, des socialismes anguleux adeptes de l'ascèse militante ; de l'autre, minoritaires, des socialismes tout en rondeurs qui intègrent la bonne chère, la fête et l'amour à leurs programmes. Un parcours étonnant et inédit, au terme duquel se dessine une autre histoire des socialismes.
Un document exceptionnel et inédit du chef de la barricade Saint-Merry, qui raconte, minute par minute, la vie des combattants face aux assauts de l'armée et de la garde nationale, lors de l'insurrection de juin 1832 contre Louis-Philippe. Un récit si haut en couleur que Jeanne sera une des sources d'inspiration d "Hugo pour écrire les Misérables...Ancien militaire, Charles Jeanne a participé aux Trois Glorieuses, la révolution de février 1830 qui a conduit à l'abdication de Charles X au profit de Louis-Philippe Ier.Mais déçu par le nouveau régime, il prend part à l'insurrection des 5 et 6 juin 1832, qui survient lors de l'enterrement du général républicain Lamarque. Il prend alors la tête d'une barricade, rue Saint-Merry, près de l'église. Pendant deux jours, les insurgés tiennent tête à seize attaques de l'armée et de la garde nationale, avant de devoir rendre les armes. Jeanne parvient à s'enfuir mais est arrêté quelques mois plus tard. Au terme d'un procès qui lui vaut une grande célébrité auprès des milieux d'opposition, il est condamné à la déportation et envoyé à la prison du Mont-Saint-Michel. C'est là qu'il fait l" « historique des deux journées de juin pour nos barricades ». On perd la trace de cette lettre écrite à sa soeur jusqu'à sa réapparition en 2010 chez un brocanteur.Jeanne nous révèle de l'intérieur un monde à part, celui d'une barricade. Il nous rend témoins de sa construction et de son entretien. On y croise des dizaine d'insurgés, des soldats et quelques espions. Des balles sifflent à nos oreilles. On assiste à la chute des pots de fleurs sur les soldats, on entend la voix des insurgés, on voit leur peur et leur courage. On découvre le terrifiant jeu de «pile-face» pratiqués par les vainqueurs sur les insurgés désarmés...« C'est un inestimable trésor qui réapparaît ainsi » écrit Thomas Bouchet, l'historien auteur de la préface et de l'appareil critique. Jeanne fit paraître une version très succincte de son témoignage dont se servit notamment Victor Hugo, qui non seulement parle de Jeanne dans les Misérables, mais s'en inspire. Ainsi le jeune garçon aux cheveux roux décrit par Jeanne a très probablement servi de modèle à Gavroche...
Ce livre n'est point écrit avec de l'encre, c'est de l'acier tourné en in-8° et chargé de fulminate d'idées. C'est un projectile autoricide que je jette à mille exemplaires sur le pavé des civilisés." Toute sa vie, balloté par la misère et l'exil, Déjacque n'a cessé d'écrire. Ouvrier colleur de son état, "poète des misérables" comme le surnomme son ami Gustave Lefrançais, "tapageur acharné", il s'arme de sa plume contre les réactionnaires de tout poil. En 1848 à Paris, il chante la gloire des insurgés de Juin, ce qui lui vaut la condamnation et l'exil. A Londres, puis Jersey, où il côtoie les proscrits, il s'attire les foudres des républicains dont il fustige le modérantisme et l'opportunisme. En 1858, à New York, il fonde son propre journal, Le Libertaire, dont il est à la fois le rédacteur, le gérant, le plieur, le porteur et l'actionnaire. On le retrouve enfin à La Nouvelle Orléans, "ville de commerce et d'esclavage au moral aussi sale que ses rues", appelant à la vendetta contre les planteurs esclavagistes... Ennemi déclaré des Jésuites et de l'Etat, il hait l'autorité d'où qu'elle vienne. Aux rois, aux bourgeois, aux exploiteurs, lui, "infime prolétaire", lance cet avertissement : "Dent pour dent !" Mais derrière la violence verbale, cet artificier des mots se révèle un sublime rêveur. La quête du bonheur, de l'harmonie, du socialisme l'anime, ce dont témoigne son texte le plus audacieux, L'Humanisphère. Sous-titré "Utopie anarchique", il nous rappelle que pour Déjacque, l'utopie n'est pas un vain mot mais un acte : écrire, c'est combattre. Ce recueil rend hommage à l'oeuvre injustement méconnue de Joseph Déjacque. Passé le choc de la première lecture, restent admiration et tendresse pour ce "volontaire de la révolution" qui n'a jamais baissé pavillon.
Le musée d'archéologie des années 1950, avec de beaux objets présentés dans des vitrines savamment éclairées, est sur le point de disparaître du paysage culturel. Et tandis que l'archéologie se diversifie et se ramifie en plusieurs spécialités qui tentent de se rapprocher des sciences exactes, par leurs méthodes comme par leur extrême focalisation, les musées, qui se sont tous plus ou moins convertis au rythme annuel de la succession des expositions temporaires, découvrent le rôle essentiel des médiations. Qu'est-ce que la (ou les) médiation (s) ? Quel tableau peut-on en dresser aujourd'hui ? En quoi les médiations modifient-elles les missions des musées ? Un déplacement essentiel s'est produit : si le travail de recherche archéologique et sa diffusion continuent d'être prioritaires, le public est dorénavant une préoccupation essentielle. Il est placé au centre d'un musée qui se transforme ; à sa mission première d'institution chargée de mettre en valeur des vestiges, le musée ajoute une dimension nouvelle de dispositif de communication. Cet ouvrage, le premier du genre, présente un panorama complet des différentes catégories de médiations à l'oeuvre dans le champ de l'archéologie. Qu'elles soient une préoccupation des archéologues eux-mêmes, qu'elles relèvent de l'activité professionnelle des médiateurs ou bien encore qu'elles se déroulent spontanément au sein du public, les formes et les types de médiation sont nombreux et variés. L'ouvrage en dresse un tableau très suggestif.
Traditionnellement, le monde de la vigne et du vin se caractérise par une apparente permanence, une continuité régulée par une histoire sans heurts, fruit d'un savoir-faire millénaire transmis d'une génération à l'autre. Pourtant, derrière cet immobilisme de façade, se cache une histoire mouvementée. Ainsi, cet ouvrage, qui réunit les contributions d'une vingtaine de spécialistes internationaux, propose de revenir sur trois siècles, décisifs et encore peu explorés, d'identification, de construction et de régulation des territoires de la vigne et du vin. Au prisme d'un regard pluridisciplinaire, ce recueil montre comment, du XVIIIe au XXIe siècle, différents acteurs ont pu décrire, réguler, organiser des territoires vitivinicoles aussi différents que ceux de Bourgogne, de Champagne, de Nouvelle-Zélande, du Chili ou encore de Rioja. Replaçant l'homme au coeur de cette construction historique et sociale qui, au XXe siècle, va consacrer l'idée même de terroir auprès de l'oenophile, cet ouvrage invite plus largement à jeter un regard durent sur les sociétés contemporaines et leur passé.