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De Nietzsche a Heidegger : l'écriture spéculaire en philosophie
Botet Serge
L'HARMATTAN
18,50 €
Épuisé
EAN :9782296544635
Nous explorons dans cet ouvrage l'hypothèse que Nietzsche et Heidegger, ces deux philosophes majeurs souvent rapprochés l'un de l'autre, pourraient avoir un lien de parenté beaucoup plus profond encore qu'on ne le soupçonnait: l'écriture et la pensée spéculaire. En effet - et c'est là un aspect majeur du renouvellement philosophique qu'ils apportent -, Nietzsche et Heidegger portent un regard réflexif sur leur propre activité consistant à philosopher, rompant ainsi avec une longue tradition où la philosophie, science souveraine, ignorait superbement les contingences de son écriture, de sa production et de sa communication. Arrivés à un point de leur cheminement philosophique, Nietzsche et Heidegger se sont finalement retournés sur le chemin parcouru pour... se regarder philosopher. La façon de philosopher, l'écriture, le texte, les types de discours convenus grâce auxquels la philosophie existe ne vont plus de soi. La gangue langagière où prend corps la pensée n'est pas sans incidence sur cette pensée; elle lui est au contraire consubstantielle. C'est sur ce questionnement évident et pourtant largement éludé que Nietzsche et Heidegger se retournent et posent un regard aigu. Cette spécularité philosophique constitue à nos yeux une révolution profonde dont nous analysons précisément les modalités chez l'un et l'autre philosophe.
Nous communiquons, souvent follement, par la plainte, la justification, la démonstration, la provocation et la séduction (avoir raison ! ). Nous adhérons sans réflexion à ce qui nous plait dans les propos, les objets, tout ce qui nous attire et nous devient plus-value affichable. La gratification fugace masque les peurs ancestrales, l'héritage des redoutables secrets de famille et le sentiment commun de culpabilité et d'impuissance face à l'étrangeté du monde. Face à l'angoisse de nos limites et de notre finitude il faut cristalliser notre pensée entre espoir et menace sur nos " objets " phobiques ou fétiches. Comme les primitifs qui nous précédèrent, il nous faut alors sacraliser un espace totémique idéalisé et rituel borné de tabous protecteurs. Mais voici la psychanalyse autorisant les jeux du rêve. L'imaginaire peut errer, tracer et énoncer à sa guise combinant à l'infini les idées, les signes et les mots jusqu'à échapper aux normes et aux emprises.Voici naître l'esthétique, l'humour, l'élégance et même le panache. Le mythe infantile de chacun prend sens, s'énonce, peut s'écrire et chasse les vieux fantômes des héritages bornés. Les défenses répétitives s'effacent dans cette liberté d'énonciation comme dans les retraites spirituelles, les voyages aventureux et les longues incarcérations politiques... L'aliénation aux idéalismes sociaux et les hypothèques intimes se dissipent. La liberté de dire, l'audace de faire et même la tolérance à l'étrangeté d'autrui, nous font surprise. On n'en devient pas moins fou ou souffrant, mais moins sot et moins anxieux de la confrontation à une réalité rarement complaisante. Le peintre Dali et le psychanalyste Lacan nous suggèrent cette libération de l'emprise, toujours perverse, des systèmes quels qu'ils soient. L'assujettissement aux pouvoirs quotidiens, domestiques ou sociaux devient alors plus léger.
Résumé : Chez le dernier Heidegger l'ontologie devient onto-logie: la problématique de l'être se déplace vers celle du dire de l'être. Plusieurs auteurs ont parlé d'" ontologie de la langue " à propos de cette évolution de sa philosophie. Ce constat est fait de longue date par l'exégèse heideggerienne, exégèse qui se résigne pourtant souvent à mentionner, voire à pasticher sans les expliciter les "jeux langagiers gratuits" du philosophe, son retrait dans la poésie devenue " Maison de l'Être ". Tout au plus l'exégèse à coloration linguistique glose-t-elle de manière assez laconique sur quelques syntagmes isolés ou certaines particularités scripturales comme la fameuse " biffure " de l'Etre. Nous avons cherché pour notre part à aborder d'une autre manière la pensée (et l'écriture) du dernier Heidegger, et, à vrai dire, par le biais d'un texte qui nous semble incarner au plus près l'" ontologie de la langue ", un texte que nous avons scruté sous toutes ses coutures, parce que nous étions convaincu que Heidegger lui aussi l'avait ouvragé sous toutes ses coutures, pour lui faire dire, pour lui faire montrer ce qui est a priori philosophiquement indicible: l'ouverture de l'étant à son être.
Dans ce travail, Serge Botet s'efforce d'éclairer un mouvement littéraire qui se développa en Allemagne vers la fin du XVIIIe siècle et qui est connu sous le nom de "romantisme d'Iéna". Ce romantisme "précoce", qui se distingue sous de nombreux aspects du romantisme qui vit le jour un peu plus tard (entre autres à Heidelberg autour d'Arnim ou des frères Grimm), est un phénomène original spécifique à l'Allemagne. Loin d'induire une rupture avec l'idéalisme des "Lumières", le premier romantisme s'inscrit au contraire dans la continuité de celui-ci, en le prolongeant d'une certaine manière, mais aussi en l'infléchissant et en s'opposant à lui sur de nombreux points. En somme, le romantisme d'Iéna et son chef de file, Friedrich Schlegel, créent dans l'histoire de la littérature et dans l'histoire des idées en Allemagne une sorte de trait d'union, sans doute encore mal connu et reconnu, là où l'on avait surtout vu un hiatus ou un schisme. Ce romantisme, tout à la fois baigné dans la pensée des "Lumières" et animé par la volonté de l'extraire de ses cadres rigides, a aussi le rare mérite de faire converger et même fusionner ces deux domaines habituellement clivés que sont la philosophie et la littérature, eux-mêmes mis à l'unisson de l'humanité concrète qui pense, ressent et agit. Cette symbiose presque panthéiste, qui culmine dans ce que Novalis et Schlegel - renversant la connotation ésotérique ou tout au moins exclusive du terme - appelaient la "poésie", trouvera un puissant écho dans des pensées plus modernes, en particulier sans doute dans le vitalisme nietzschéen. Centrée plus spécifiquement sur l'?uvre et la pensée de Schlegel, mais sans exclure ponctuellement d'autres auteurs représentatifs du mouvement, l'étude s'articule autour des notions clés qui structurent le premier romantisme, et dont la connaissance est encore trop réduite au regard de leur importance, tant pour la littérature que pour l'histoire des idées et la philosophie: poésie, ironie, arabesque, Witz, roman et fragment.
Le siècle dernier nous avait offert deux grandes guerres fratricides et meurtrières. Les survivants ont-ils échappé aux illusions nationalistes, fascistes, collectivistes et coloniales ? L'esprit humain nous réserve de nouvelles surprises. Un ordre nouveau se dessine. Un pour cent de la population du globe cumule de plein droit quatre-vingt-dix pour cent des richesses. Les jeux financiers, monétaires et politiques servent inconditionnellement cette oligarchie de "gagnants". Peu d'entre eux ont le panache et le rayonnement des grands leaders de jadis. Nul ne tranche le noeud gordien ou ne franchit le Rubicon. Nul ne brille par l'intelligence, la culture ou la générosité des idées. L'esprit ne sert pas la cote boursière. Une foule de petits commis besogneux fait compétition jalouse de compétences, de profils et de carrières pour servir ces maîtres occultes. La caste dominante est prédatrice comme ces bandes de chiens errants devenus pires que les meutes de loups. Nantie ou élue elle pratique "l'omerta" à la manière des groupes mafieux. Orwell écrivit : "En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire". On ne manque ni de pain ni de jeux, mais chacun demeure insatisfait dans l'attente de reconnaissance, de mythe donnant racine et de confiance en la fidélité des liens. Certes les "réseaux sociaux" entretiennent à leur façon rudimentaire l'illusion de partages. Freud et Valéry prédisaient le déclin de l'esprit. Simuler la sagesse même dans sa caricature, c'est aussi faire de la philosophie, énonçait Diogène. Nous voici cyniques avec lui dans ce monde de chiens face à l'aliénation du paraître d'aujourd'hui et ses violences sournoises. Pascal affirmait que la foi faisant sens (quelle qu'elle soit...) se cultive intimement. Cela demande suffisamment de laïcité, d'autonomie, de responsabilité, de courage et de liberté de pensée. Nulle école n'a l'audace suffisante et le savoir assez modeste pour aller à cette exemplarité.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.