Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Sans queue ni tête. Un monde actuel en perte de sens ?
Botet Pradeilles Georges ; Diet Anne-Lise
L'HARMATTAN
32,50 €
Épuisé
EAN :9782343083513
Nous sommes peu nombreux sur cette rive de l'étrange position humaine dans ses incertitudes actuelles. Chacun se voue aujourd'hui aux exhibitions publiques immodestes en tenant secrètes ses souffrances intimes. La pratique compulsive des rites individualistes de savoir et de réussite confronte à terme à l'horreur nue d'être seulement soi. Face aux interdits de faiblesse qu'on nous inflige et aux censures de l'intime qui jugulent l'individu d'aujourd'hui, la posture psychanalytique fait ici référence et parabole d'une liberté encore à découvrir. Ce "Sans queue ni tête" subvertit le propos savant, procédural ou technologique devenu totalitaire. Jadis, le "Sans Dieu ni maître" anarchiste subvertissait le propos religieux ou politique. Il n'y a là aucune thèse démonstrative. Chacun peut se repérer par rapport aux mythes de l'expansion, aux promesses sociales et à l'illusion du tout possible pour tous insoutenable. Au-dessus du désordre, une oligarchie de privilégiés confisque le meilleur des biens. L'indépendance d'esprit et la nécessité de l'altérité sont ici les thèmes majeurs. La référence à Paul Valéry, dont il faudrait relire les Regards sur le monde actuel dans leur dimension visionnaire et libertaire, s'inscrit en filigrane. C'est un ouvrage qui peut être lu dans le désordre. Il n'offre ni origine ni conclusion, si ce n'est la nécessité constante de se donner le langage suffisant pour partager ses impressions, ses ressentis et définir sa position.
Dans ce travail, Serge Botet s'efforce d'éclairer un mouvement littéraire qui se développa en Allemagne vers la fin du XVIIIe siècle et qui est connu sous le nom de "romantisme d'Iéna". Ce romantisme "précoce", qui se distingue sous de nombreux aspects du romantisme qui vit le jour un peu plus tard (entre autres à Heidelberg autour d'Arnim ou des frères Grimm), est un phénomène original spécifique à l'Allemagne. Loin d'induire une rupture avec l'idéalisme des "Lumières", le premier romantisme s'inscrit au contraire dans la continuité de celui-ci, en le prolongeant d'une certaine manière, mais aussi en l'infléchissant et en s'opposant à lui sur de nombreux points. En somme, le romantisme d'Iéna et son chef de file, Friedrich Schlegel, créent dans l'histoire de la littérature et dans l'histoire des idées en Allemagne une sorte de trait d'union, sans doute encore mal connu et reconnu, là où l'on avait surtout vu un hiatus ou un schisme. Ce romantisme, tout à la fois baigné dans la pensée des "Lumières" et animé par la volonté de l'extraire de ses cadres rigides, a aussi le rare mérite de faire converger et même fusionner ces deux domaines habituellement clivés que sont la philosophie et la littérature, eux-mêmes mis à l'unisson de l'humanité concrète qui pense, ressent et agit. Cette symbiose presque panthéiste, qui culmine dans ce que Novalis et Schlegel - renversant la connotation ésotérique ou tout au moins exclusive du terme - appelaient la "poésie", trouvera un puissant écho dans des pensées plus modernes, en particulier sans doute dans le vitalisme nietzschéen. Centrée plus spécifiquement sur l'?uvre et la pensée de Schlegel, mais sans exclure ponctuellement d'autres auteurs représentatifs du mouvement, l'étude s'articule autour des notions clés qui structurent le premier romantisme, et dont la connaissance est encore trop réduite au regard de leur importance, tant pour la littérature que pour l'histoire des idées et la philosophie: poésie, ironie, arabesque, Witz, roman et fragment.
Dans ce travail, nous avons voulu aborder le Zarathoustra de Nietzsche sous un angle nouveau : au lieu d'appréhender Zarathoustra comme œuvre philosophique véhiculant seulement des contenus, nous avons voulu mesurer son impact communicationnel en tant que " performance illocutoire ". C'est une évidence : " faire savoir ", l'information, n'est pas la vocation première du Zarathoustra. Pour rester cohérente avec elle-même, la philosophie de Nietzsche, qu'il est convenu de définir comme une philosophie du vouloir, doit aussi chercher à " faire vouloir ". Il nous semblait donc que ce que les pragmaticiens nomment aujourd'hui la " fonction appellative " y tenait à coup sûr une place essentielle. C'est pour aiguiser leur vouloir que le tribun Zarathoustra cherche continuellement à faire agir et réagir ses auditeurs et adeptes. Ce sont donc les nuances de cet " appel " véhiculé par Zarathoustra - médiatisant lui-même un autre appel adressé par Nietzsche à la communauté des lecteurs - que nous avons cherché à mieux cerner en nous servant des outils de la pragmatique moderne. Au final notre objectif reste pourtant philosophique : découvrir et explorer dans l'œuvre immense qu'est Zarathoustra une nouvelle strate, une nouvelle dimension, une nouvelle cohérence jusque-là pressentie, mais non encore explicitée.
J'ai longtemps eu les clés de Chavin. Plusieurs années, quand j'habitais Paris. Baby me les avait données. Un après-midi de printemps. J'étais comme anesthésiée. Impossible de vivre pleinement. Quelque chose à nouveau était mort en moi. Quand il était parti. Ces clés ont rouvert beaucoup de portes. J'ai pris l'habitude de m'y échapper. De quitter Paris le temps d'un weekend. Filer au loin vers Argenton-sur-Creuse". L'auteur nous emporte dans une errance affective, comme un voyage permanent à l'intérieur d'elle-même au gré des endroits traversés, avec ou sans l'autre. Une quête d'amour impatiente.
Zarathoustra, l'annonciateur du surhomme, le chantre de la volonté de puissance et de l'éternel retour disparut seul face au soleil, ne laissant à ses adeptes qu'un seul message pouvant se résumer ainsi : "Il vous faut vivre et vouloir par vous-mêmes !". Mais comme tout ce qui vit, comme tout ce qui veut, Zarathoustra lui-même faisant partie du cycle éternel, il ne pouvait que revenir. C'est ce retour qu'évoque ce récit qui se veut littéraire et même souvent poétique. Revenu du passé par la porte du temps, Zarathoustra trouve devant lui un monde dominé par un monstre : le "Marché", qui à force de tout dévorer a fini par se dévorer lui-même. Au milieu d'un champ de ruines, aux confins d'un monde où il est même devenu impossible et impensable de vivre, dans un monde qui cherche pathétiquement sa résurrection dans le "Marché" qui l'a justement conduit à sa perte, Zarathoustra et ses nouveaux adeptes quêtent et trouvent dans un pauvre désert les signes d'un espoir à renaître. "Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve", écrivait Hölderlin. Cette citation illustre mieux que tout le message philosophique, poétique et esthétique qui apprendra au monde à se sauver du destin unique auquel le monstre phagocyte l'avait définitivement condamné.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.