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Antoine et Isabelle
Borel Vincent
SABINE WESPIESE
24,35 €
Épuisé
EAN :9782848050850
Antoine et Isabelle. Quand ils se rencontrent à Barcelone en 1925, Antonio et Isabel ont en commun une belle jeunesse et le désir de se construire une vie libre et neuve, à l?image des utopies du temps. Isabel, dont la famille a fui la misère de l?Andalousie, travaille dans un atelier de couture. Antonio, lui, a gravi les échelons au grand hôtel Oriente : affecté au service d?étage, il met à profit ce poste privilégié pour observer les grands de ce monde. Et c?est là, avec ses camarades de rang, qu?il se forge les convictions politiques qui vont infléchir son destin. Il ne jouit que peu de temps en effet de sa nouvelle situation d?homme marié, bientôt père de deux petites filles. L?engagement du côté de la jeune République espagnole a tôt fait de l?entraîner à marche forcée dans le tourbillon de l?histoire : le départ précipité en France avec la troupe en déroute, les retrouvailles avec sa famille dans un camp de réfugiés près de Gap, la Résistance et le maquis, l?arrestation par les Allemands et puis l?extradition dans un camp nazi, tels sont les épisodes de la vie d?un homme somme toute ordinaire auxquels s?attache l?auteur en consacrant une part importante de son livre au portrait de l?individu vaillant et opiniâtre que fut son grand-père. Vincent Borel, en effet, dans un prologue écrit à la première personne, ne cache pas son intention : rendre justice à ceux qui, en s?installant en France, devinrent Antoine et Isabelle. Mais en s?appropriant la mémoire des siens, le romancier prend la pleine mesure de la nécessité pour la littérature de témoigner. C?est ainsi que, se démarquant de la saga familiale, il entreprend d?inscrire le destin de ses proches dans l?épopée du vingtième siècle. L?histoire exemplaire de ses grands-parents, et ce dès le début du livre, il la met en regard avec celle non moins exemplaire d?une famille d?industriels lyonnais qui firent dans la tourmente de l?histoire de tout autres choix. L?écrivain mêle ici avec brio plusieurs registres narratifs : le « je » du prologue, s?indignant devant quelques héritiers des beaux quartiers de leur discours flirtant avec le révisionnisme (conversation ici relatée et qui mit en branle la machine romanesque), reprend la plume au moment de conclure pour consigner, en guise de réfutation, le témoignage brut qu?Antoine rapporta de Mauthausen. Dans l?intervalle, il aura imposé une verve épique pour tisser en parallèle le destin des siens, gens de peu, en opposition avec celui des nantis lyonnais. Car de cet Edmond Gillet aperçu par Antonio quand il était dans la claque à l?opéra de Barcelone, et de sa famille, le romancier retrace brillamment les tribulations: donnant chair et corps au monde des possédants, il s?immisce dans les mariages arrangés et les alliances stratégiques, dépeint avec une ironie certaine la fibre sociale des dames du beau monde, accompagne les capitaines d?industrie dans la course aux brevets, suit les sautes souvent fatales des cours de la bourse, bref retrace l?histoire du monde capitaliste en marche vers la deuxième guerre mondiale. Et rend ainsi lisibles les décisions qui furent prises au moment où la guerre éclata. Il s?agit bel et bien de sauver un empire, et on est loin des idéaux de la Résistance. Le tour de force de Vincent Borel dans ce grand et virtuose roman mêlant destins individuels et histoire collective est l?intelligence de ses personnages : ballotés par le vent de l?histoire, chacun ici a fait des choix que le romancier ne s?arroge pas le droit de juger. Il s?agirait plutôt de dire haut et fort le pouvoir des mots pour comprendre le monde.
Résumé : En cette nuit du 18 juin, sur le mont Valérien, l'Ifon 11 du jeune François-Joseph de la Fistinière est fin prêt à filmer son propriétaire dans une position attentatoire à l'honneur de sa famille de militaires. Afin d'enrayer la propagation virale de la vidéo, le patriarche appelle au secours son fils illégitime, patron de la firme Opié, elle-même conceptrice de l'Ifon et numéro un européen de l'énergie. A La Défense, la tour Opié s'éveille : Samia, l'hôtesse d'accueil, prend son poste au rez-de-chaussée ; au trente-sixième étage, le technocadre Kevin Klein convoque toute son habileté informatique pour maquiller la baisse dangereuse des stocks de tantale nécessaires au grand dessein de l'entreprise. A l'autre bout de la planète, en Iamalie, d'étranges aurores boréales plongent dans l'inquiétude une tribu de Kètes. A Cuzco, Pérou, on inaugure l'Horloge du Sud : il s'agit d'en finir avec l'impérialisme occidental et de s'approprier le temps qui, à l'image des saisons, s'égrènera désormais à l'inverse de l'hémisphère nord. Plutôt que de se lamenter sur ce monde qui va à sa perte, sur fond de course effrénée au profit, d'inégalités sociales vertigineuses et de désastres écologiques, le romancier s'invente démiurge. Décidant, lui aussi, d'inverser le processus, il embarque son lecteur éberlué dans une ébouriffante utopie. Les victimes d'hier se réapproprient leur destin : tandis que, dans les Andes, les terres minières reverdissent, deux licenciés d'Opié (dont notre Franjo), ayant rejoint la ZAD de Cadarache, trouvent le moyen de faire imploser la toute-puissance capitaliste ; la vie de Samia, elle, a changé depuis sa rencontre, lors de la Gay Pride, avec Yaqut, dont la défense d'un islam de paix et de lumière l'a convaincue de s'engager à ses côtés dans un djihad... de l'amour ; quant à Tyapsa, la seule survivante de la tribu de Kètes, on la retrouvera, après bien des tribulations, figure centrale d'un final libertaire, burlesque et transgressif. C'est un vibrant éloge au pouvoir de la fiction que cet éblouissant roman-monde, mené tambour battant par un écrivain qui jamais ne doute de la capacité de ses personnages d'aller au bout de leurs désirs.
Résumé : Vingt ans après sa parution chez Actes Sud, en 1998, ce récit frappe par sa maturité et par la distance - salvatrice - que Vincent Borel, né en 1962, observe face à sa propre maladie. Comme dédoublé, il apprivoise sa terreur en scrutant, avec un feint détachement, les bouleversements dont son corps devient le théâtre. Très vite, la vie, la vraie, celle des mots rédempteurs et des forces arrachées au royaume des songes, se réinvente et se déploie en un bel exorcisme. Si Vie et mort d'un crabe a été écrit sous le signe du Parsifal de Wagner, il est également annonciateur de la veine musicale des romans à venir, notamment La Vigne écarlate (2018), sur le fascinant Bruckner, dont les symphonies ont été la sublimation de la vie.
Né à Gap en 1962, Vincent Borel est critique musical et vit à Paris. Romancier, il est notamment l'auteur de Baptiste, son premier "portrait musical", consacré à Jean-Baptiste Lully (Sabine Wespieser éditeur, 2002). Antoine et Isabelle (Sabine Wespieser éditeur, 2010) a remporté deux prix de libraires (Page et Laurent Bonelli). 2013 est l'année du bicentenaire de la naissance de Richard Wagner (1813-1883).
Tsunamis, séismes, cyclones, grippe aviaire... Les dérèglements écologiques inspirent à Vincent Borel une fable ravageuse dont la nature en révolte est l'inquiétante protagoniste. Tandis qu'un moniteur de colonie de vacances conduit vers les cimes des délinquants prenant leurs quartiers d'été, une artiste contemporaine, observée par un étrange homme des bois, se livre à des expérimentations destinées à nourrir le destroy art. Au même moment, un technival grimpe à l'assaut des alpages. Aucun de ces insouciants profanateurs ne prend garde aux nuées accumulées, et quand la foudre tombe, la promenade tourne au cataclysme. Deux rescapés de la colonie se réveillent à l'hôpital : l'un sourd et muet, l'autre aveugle. Une mystérieuse communication s'établit entre ces deux qui, dans leur semi-conscience, pressentent que l'orage n'était qu'un avertissement. Appariés en un singulier attelage, l'un parlant par la bouche de l'autre, ils prophétisent la fin des temps à une assemblée médusée. Manière de moquer nos angoisses archaïques et nos paranoïas, manière peut-êtred'agiter devant nos yeux l'épouvantail d'un avenir déréglé, Vincent Borel décide de donner raison à ses oiseaux de mauvais augure : dans son apocalypse grinçante, le pire est toujours sûr, servi par une imagination débridée et une plume roborative.
Dans la chaleur de l?été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l?Irlanderurale. Bien qu?elle ait pour tout bagage les vêtements qu?elle porte, son séjour chez les Kinsella,des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s?agit de lasoulager jusqu?à l?arrivée du nouvel enfant. Au fil des jours, puis des mois, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier, où la végétation est étonnamment luxuriante, les bêtes grasses et les sources jaillissantes. Livrée à elle-même au milieu d?adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui pourtant l?entourent de leur bienveillance. Pour elle qui n?a connu que l?indifférence de ses parents dans une fratrie nombreuse, la vie prend une nouvelle dimension. Elle apprend à jouir du temps et de l?espace, et s?épanouit dans l?affection de cette nouvelle famille qui semble ne pas avoir de secrets. Certains détails malgré tout l?intriguent: les habits dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle, l?attitude de Mrs Kinsella lors de leurs rares sorties à la ville voisine?
Résumé : Chicago. Un soir d'automne, Ramona débarque à Chicago avec sa lourde valise et s'installe chez sa logeuse, à quelques blocks du campus. Arrivée d'Europe, elle vient enseigner le français pendant un an. Le lac, l'éclat scintillant de la ville, l'obsession de la performance qu'affichent ses étudiants, de même que leur zèle à se couler dans le moule américain ? toute cette efficacité de façade trouble la jeune femme, surtout curieuse de l'envers du décor. Convaincue que "Chicago n'est pas une page blanche d'où surgissent les gratte-ciels", elle part en quête de son coeur battant. Au concert, à l'opéra, elle ne cesse de croiser un étrange jeune homme dégingandé qui semble partout un intrus, mais comme elle entièrement absorbé par l'émotion du spectacle. Quand, dans un club de blues, elle les rejoint, lui et l'amie plus âgée qui l'accompagne, c'en est fait de sa solitude. Ces trois-là ne vont plus se quitter. En visite de fin d'année chez son père à Londres, Ramona se garde bien de lui révéler qu'elle occupe tout son temps libre à explorer la face cachée de Chicago avec un garagiste et une esthéticienne.
Résumé : Le champ. Comment caractériser une vie entière ? Les voix qui s'élèvent ici sont celles des habitants du cimetière, qu'on nomme "le champ" dans la petite ville de Paulstadt. A la concision des épitaphes, l'écrivain substitue les mots des défunts. Par un souvenir, une sensation fugace, une anecdote poignante, chacun de ces narrateurs évoque ce que fut son existence. Au fil de la lecture émerge le portrait d'une bourgade comme tant d'autres, marquée par le retour de la prospérité au mitan du siècle dernier. La vie tourne autour des figures locales : le maire, la fleuriste, le facteur, le curé dévoré par les flammes dans l'incendie de l'église, le marchand de légumes... Les voix se font écho, s'entrelacent, se contredisent parfois, formant le tableau d'une communauté riche d'individus et de sensibilités différentes. Subtil interprète de l'âme humaine, Robert Seethaler se penche sur leur intimité : les amours naissantes, les amours heureuses, ou moins harmonieuses - quand les fantasmagories de la femme signent pour son époux échec, malheur et drame. Le plus saisissant dans ce texte est l'émotion qui sourd de chaque histoire : non celle de savoir le protagoniste disparu, mais l'empathie que parvient à susciter l'auteur pour ces êtres si vivants, leurs espoirs, leurs doutes, leurs ambitions, leur solitude. Le Champ est un livre sur la vie, que Seethaler réussit à dire avec autant de simplicité que de profondeur.
La route des Balkans. Dans une forêt hongroise, après des mois d'errance, Asma, une jeune Syrienne, attend, avec d'autres réfugiés, un véhicule pour l'Allemagne. Son père, pharmacien à Damas, a été exécuté, son frère a rejoint la rébellion. Pour sa sécurité, sa famille l'a alors envoyée en Europe. Lorsqu'arrive enfin un camion frigorifique, elle éprouve presque du soulagement à s'y entasser. Même si, dans la bousculade, elle perd son sac... et son cahier rouge ? le journal intime qu'elle tient depuis l'arrestation de son père en 2006. Tamim parvient à le récupérer. Il le conservera précieusement. Sur les routes depuis trois ans, contraint à chaque étape de travailler pour payer la suivante, il a quitté l'Afghanistan à quatorze ans, après l'assassinat de son père et de ses frères par les talibans. Lui aura plus de chance qu'Asma ? abandonnée à bord du fourgon avec ses compagnons d'infortune sur une aire d'autoroute, et dont la fin tragique agira comme un électrochoc sur la politique et l'opinion. A Munich, en cet été 2015, Helga entend avec effarement la nouvelle. Elle se souvient d'avoir été une réfugiée elle aussi, fuyant l'Armée rouge qui marchait sur Königsberg en 1945. Et, quand la chancelière Angela Merkel prononce son désormais célèbre "Wir schaffen das, nous y arriverons", Helga, comme tant de ses concitoyens, va tout naturellement proposer son aide aux demandeurs d'asile affluant sur le territoire allemand. Revenant sur cet élan de générosité et sur l'espoir suscité, Christine de Mazières, dans ce roman polyphonique qui retrace le parcours des victimes, mais aussi des acteurs de ce drame, nous interroge avec force sur le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.
L'Amazonie.Perdue sous la canopée, une tribu d'Indiens isolés, fragilisés, menacés par les outrages faits à la forêt. Au-dessus de leurs têtes, un homme d'affaires seul et pressé, aux commandes de son avion, survole l'immense cercle formé par la boucle du fleuve délimitant leur territoire.Une rencontre impossible, entre deux mondes que tout sépare. Et pourtant, le destin va l'organiser.À la découverte de la " Chose ", tombée du ciel, un débat agite la tribu des Yacou : homme ou animal ? C'est en essayant de leur prouver qu'il est humain que l'industriel finira par le devenir.Le Cercle des Hommes n'est pas seulement un puissant roman d'aventures, d'une richesse foisonnante, c'est aussi un livre grave sur le monde d'aujourd'hui et notre rapport à la nature.Photographe, journaliste, réalisateur, Pascal Manoukian a couvert un grand nombre de conflits. Ancien directeur de l'agence CAPA, il se consacre désormais à l'écriture. Il a publié notamment, au Seuil, Le Paradoxe d'Anderson.
Résumé : A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "