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Le déferlement
Borel Jacques
GALLIMARD
17,04 €
Épuisé
EAN :9782070733378
Joseph Saverne est un modeste professeur de philosophie, juif et marxiste, dont la retraite proche redouble la hantise de la mort. Poète méconnu, et souffrant de l'être, suspect au Parti auquel, malgré ses sarcasmes, il entend pourtant rester fidèle, il titube aussi sous la "hotte d'angoisse" de la séculaire malédiction juive. Avec un cruel humour, depuis des années que, chaque semaine, son ami B. vient le voir, il met en scène son angoisse dans une "comédie de l'abjection" dont il donne à l'autre et se donne à lui-même la représentation à la fois cocasse et déchirante. B. n'est là que comme le muet témoin de ce déferlement sans fin de la parole. S'il existe, ce n'est que par le portrait railleur qu'en dresse Saverne, s'en prenant avec une affectueuse mais non moins féroce ironie à la petite enfance catholique et provinciale de son ami - où les lecteurs de Jacques Borel retrouveront nombre de traits de son oeuvre autobiographique -, à ce petit-bourgeois volontiers soupçonné de jouer à la belle âme, tout ce avec quoi, on le sent, B. a lui-même de sérieux comptes à régler. C'est de miroirs jumeaux qu'on pourrait parler ici et comme d'un autoportrait dédoublé...
Dans le premier livre de son entreprise autobiographique, L'adoration, qu'ont suivi notamment Le retour et La dépossession, Jacques Borel faisait déjà allusion aux petites "rues à putes" du quartier de la Bastille. Par égard pour sa mère, il n'avait pas tout dit des conditions de sa vie entre l'âge de dix ans et l'adolescence. L'hôtel de France, où sa mère était l'employée de son frère et de sa belle-soeur, et où elle logeait avec son fils, était bel et bien un hôtel de passe. Tel est l'aveu longtemps différé sur ces années vécues dans la honte, l'humiliation, la culpabilité. Mais la profondeur pathétique de cette confession s'accompagne de verve, de maîtrise alerte dans la description des personnages. Le portrait des filles est inoubliable : Dédée, Blonblon, Pola, Louisette... L'intense curiosité de l'enfant, puis de l'adolescent, confronté à des réalités qui lui sont peu compréhensibles, et aux bizarreries du langage que l'on emploie pour les désigner, nous livre une étonnante chronique de cet hôtel, avec ses pensionnaires "normaux" et ses visiteuses intermittentes. Et toujours cet aveu, cette confession sont transfigurés, portés par le bonheur d'écrire, la plénitude et la vigueur du style.
L'ADORATION. Ce n'est pas seulement sa vie propre que relate ici le narrateur, mais, mêlée à elle, l'une de l'autre dépendante, celle de sa mère. Confession, sans doute, mais aussi et surtout recherche constante d'un être en quête de lui-même et de ses sources profondes.Que ce soit l'univers imaginaire de l'enfant, la tentative de suicide de l'adolescent solitaire, sa longue liaison avec la jeune femme médecin qui l'a soigné, la passion angoissée pour Anne ou l'amour ingénu, charnel et tendre pour Madeleine, le mariage, les sourdes relations de la mère et de la femme, la création littéraire longtemps retardée par la paralysante admiration pour Horace, à chaque expérience sentimentale, sexuelle ou intellectuelle, le passé ressuscité et passionnément interrogé ajoute ainsi sa dimension illuminante ou ses douloureuses entraves.«Peut-être un être ne change-t-il, ni même ne mûrit-il jamais : il recommence ; et c'est toujours le même mouvement, toujours, qui nous gouverne ; c'est le même moi toujours, aux prises avec la même aventure.».
Résumé : Deux personnages parlent tout seuls. De cette mère, de ce veuf, on entend la voix sourde, la parole rythmée tantôt par la peur, tantôt par l'angoisse de la solitude, tantôt par la fureur des passions. L'Attente : une femme âgée, se prenant elle-même au jeu, feint, comme chaque soir, d'attendre pour le dîner le retour de son fils, mort d'un accident de moto il y a des années. Divorcée, elle a la nostalgie de ce temps où elle vivait seule avec lui, étrangement complice de ses amours et, à la fois, jalouse des filles qui risquaient de lui enlever le jeune homme. Nullement "mère abusive" pourtant, mais toujours coquette et féminine, ce sont des confidences sur sa propre vie de femme qui, par bribes, si insolites que soient ces rapports avec le fils perdu, se mêlent aux souvenirs de leur vie à deux, que rien, depuis, n'est venu combler. La Clôture, second volet du même drame de la nostalgie amoureuse, fait parler un vieil homme dont l'épouse, Marie, est morte d'un cancer. Inconsolable, il s'est barricadé chez lui au milieu de ses souvenirs. S'il craint d'être agressé par d'éventuels assassins du genre de Landru ou Weidmann qu'il évoque avec terreur, c'est que la pire agression est pour lui le souvenir d'un rayonnant bonheur : la disparition de l'être cher l'en exclut désormais pour toujours. L'écriture précise et réservée de Jacques Borel, prix Goncourt 1965 pour L'Adoration, premier volet d'une oeuvre autobiographique, suivi en 1970 par Le Retour et en 1973 par La Dépossession, poignante relation du long internement de la mère, fait admirablement adhérer chaque lecteur à ces deux confidences où nous risquons tous de nous reconnaître.
Depuis 1960, Jacques Borel tient un journal des séjours qu'il passe auprès de sa mère entrée à l'hôpital psychiatrique de Ligenère pour un séjour qui devait, en principe, être de courte durée. Chaque visite ranime le désespoir de l'auteur de voir sa mère s'enfermer dans ce terrible univers rassurant et sans aucune perspective d'avenir. Ce drame a inspiré à Jacques Borel une longue méditation sur la rencontre de la littérature avec la folie et la mort. Ainsi se construit un grand livre. Une vie et une oeuvre y sont jour après jour remises en question à travers les tourments d'une âme assaillie par l'angoisse, la souffrance et la révolte.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.