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L'attente, la clôture
Borel Jacques
GALLIMARD
13,30 €
Épuisé
EAN :9782070717361
Deux personnages parlent tout seuls. De cette mère, de ce veuf, on entend la voix sourde, la parole rythmée tantôt par la peur, tantôt par l'angoisse de la solitude, tantôt par la fureur des passions. L'Attente : une femme âgée, se prenant elle-même au jeu, feint, comme chaque soir, d'attendre pour le dîner le retour de son fils, mort d'un accident de moto il y a des années. Divorcée, elle a la nostalgie de ce temps où elle vivait seule avec lui, étrangement complice de ses amours et, à la fois, jalouse des filles qui risquaient de lui enlever le jeune homme. Nullement "mère abusive" pourtant, mais toujours coquette et féminine, ce sont des confidences sur sa propre vie de femme qui, par bribes, si insolites que soient ces rapports avec le fils perdu, se mêlent aux souvenirs de leur vie à deux, que rien, depuis, n'est venu combler. La Clôture, second volet du même drame de la nostalgie amoureuse, fait parler un vieil homme dont l'épouse, Marie, est morte d'un cancer. Inconsolable, il s'est barricadé chez lui au milieu de ses souvenirs. S'il craint d'être agressé par d'éventuels assassins du genre de Landru ou Weidmann qu'il évoque avec terreur, c'est que la pire agression est pour lui le souvenir d'un rayonnant bonheur : la disparition de l'être cher l'en exclut désormais pour toujours. L'écriture précise et réservée de Jacques Borel, prix Goncourt 1965 pour L'Adoration, premier volet d'une oeuvre autobiographique, suivi en 1970 par Le Retour et en 1973 par La Dépossession, poignante relation du long internement de la mère, fait admirablement adhérer chaque lecteur à ces deux confidences où nous risquons tous de nous reconnaître.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Résumé : Tata est la (triste) histoire d'un jeune homme tué par la douceur. Charles est un "enfant du péché". Certes, il va avoir dix-huit ans ; mais c'est bien en tout petit enfant que le traitent Josèphe, sa mère, et Albine, sa tante, dans la pavillon isolé dont il n'est jamais sorti. Elles le lavent, elles le peignent, elles l'habillent ; à toute minute du jour et de la nuit, elles sont là ; elles ne le quittent pas des yeux. C'est que, pour Albine - pour "Tata" - il s'agit de préserver Charles de ce "péché" qui a su, un jour, atteindre Josèphe. On ne saurait penser à tout : Charles a beau sembler jouer le jeu, des livres de la comtesse de Ségur lus en cachette l'amèneront à se construire un univers imaginaire des plus singuliers. Non moins singulière sa révolte : toutefois Tata est là ; avait-il cru pouvoir lui échapper ? Farce, qui surprendra peut-être les lecteurs qui se souviennent de L'Adoration, prix Goncourt 1965, cocasse et cruelle satire d'une certaine éducation, et par là même, comme le croit l'auteur, "pièce morale et didactique" ? Au lecteur, à l'éventuel spectateur, d'en décider.
Entreprenant le minutieux et maniaque inventaire de la maison de sa grand-mère, à Mazermes, le narrateur de L'Adoration a eu aussi la tentation, en se réfugiant dans le paradis du passé, d'échapper à l'irrespirable présent qu'est devenue sa vie avec sa femme et l'obsédant amour qu'il a pour elle. Mais, tandis que le passé faisait, dans L'Adoration, sans cesse irruption dans le présent, c'est le présent qui, de plus en plus, va faire irruption ici dans le passé et miner l'entreprise dont le narrateur découvre à mesure qu'elle ne pouvait être, comme toute fuite, que faussement salvatrice.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.