Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'aveu différé
Borel Jacques
GALLIMARD
23,20 €
Épuisé
EAN :9782070747375
Dans le premier livre de son entreprise autobiographique, L'adoration, qu'ont suivi notamment Le retour et La dépossession, Jacques Borel faisait déjà allusion aux petites "rues à putes" du quartier de la Bastille. Par égard pour sa mère, il n'avait pas tout dit des conditions de sa vie entre l'âge de dix ans et l'adolescence. L'hôtel de France, où sa mère était l'employée de son frère et de sa belle-soeur, et où elle logeait avec son fils, était bel et bien un hôtel de passe. Tel est l'aveu longtemps différé sur ces années vécues dans la honte, l'humiliation, la culpabilité. Mais la profondeur pathétique de cette confession s'accompagne de verve, de maîtrise alerte dans la description des personnages. Le portrait des filles est inoubliable : Dédée, Blonblon, Pola, Louisette... L'intense curiosité de l'enfant, puis de l'adolescent, confronté à des réalités qui lui sont peu compréhensibles, et aux bizarreries du langage que l'on emploie pour les désigner, nous livre une étonnante chronique de cet hôtel, avec ses pensionnaires "normaux" et ses visiteuses intermittentes. Et toujours cet aveu, cette confession sont transfigurés, portés par le bonheur d'écrire, la plénitude et la vigueur du style.
Résumé : Deux personnages parlent tout seuls. De cette mère, de ce veuf, on entend la voix sourde, la parole rythmée tantôt par la peur, tantôt par l'angoisse de la solitude, tantôt par la fureur des passions. L'Attente : une femme âgée, se prenant elle-même au jeu, feint, comme chaque soir, d'attendre pour le dîner le retour de son fils, mort d'un accident de moto il y a des années. Divorcée, elle a la nostalgie de ce temps où elle vivait seule avec lui, étrangement complice de ses amours et, à la fois, jalouse des filles qui risquaient de lui enlever le jeune homme. Nullement "mère abusive" pourtant, mais toujours coquette et féminine, ce sont des confidences sur sa propre vie de femme qui, par bribes, si insolites que soient ces rapports avec le fils perdu, se mêlent aux souvenirs de leur vie à deux, que rien, depuis, n'est venu combler. La Clôture, second volet du même drame de la nostalgie amoureuse, fait parler un vieil homme dont l'épouse, Marie, est morte d'un cancer. Inconsolable, il s'est barricadé chez lui au milieu de ses souvenirs. S'il craint d'être agressé par d'éventuels assassins du genre de Landru ou Weidmann qu'il évoque avec terreur, c'est que la pire agression est pour lui le souvenir d'un rayonnant bonheur : la disparition de l'être cher l'en exclut désormais pour toujours. L'écriture précise et réservée de Jacques Borel, prix Goncourt 1965 pour L'Adoration, premier volet d'une oeuvre autobiographique, suivi en 1970 par Le Retour et en 1973 par La Dépossession, poignante relation du long internement de la mère, fait admirablement adhérer chaque lecteur à ces deux confidences où nous risquons tous de nous reconnaître.
Ce n'est pas seulement sa vie propre que relate ici le narrateur, mais, mêlée à elle, l'une de l'autre dépendante, celle de sa mère. Confession d'un fils, sans doute, mais aussi et surtout recherche constante d'un être en quête de lui-même et de ses sources profondes, et qui se cherche à la fois dans son propre passé et dans le passé même de cette mère accablée et démesurément aimée. D'où, sans cesse, ces remontées dans le temps, ces allers et retours qui viennent bien moins rompre la chronologie du récit que l'éclairer au contraire, l'étayer, l'approfondir.
Entreprenant le minutieux et maniaque inventaire de la maison de sa grand-mère, à Mazermes, le narrateur de L'Adoration a eu aussi la tentation, en se réfugiant dans le paradis du passé, d'échapper à l'irrespirable présent qu'est devenue sa vie avec sa femme et l'obsédant amour qu'il a pour elle. Mais, tandis que le passé faisait, dans L'Adoration, sans cesse irruption dans le présent, c'est le présent qui, de plus en plus, va faire irruption ici dans le passé et miner l'entreprise dont le narrateur découvre à mesure qu'elle ne pouvait être, comme toute fuite, que faussement salvatrice.
L'absurde entreprise, que de se faire l'historien de ses rêves." Jacques Borel, autobiographe émerveillé, tient trop à son angoisse, ce serait le tuer que de l'en guérir.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.