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Défense du catholicisme populaire
Bonnet Serge ; Rondeau Daniel ; Raison du Cleuziou
CERF
39,00 €
Épuisé
EAN :9782204110044
Durant les années 1960 et 1970, les dévotions populaires sont considérées par une partie du clergé comme une forme de paganisme dont il faut affranchir les catholiques. Les saints sont congédiés des nefs, la communion solennelle supprimée et les fêtes votives délaissées. Le dominicain Serge Bonnet, à la fois prédicateur de talent et chercheur au CNRS, fut alors un des seuls à dénoncer les prétentions d'une élite religieuse à décider des formes de catholicisme légitime. Avec un positionnement iconoclaste assumé et un humour corrosif, il attaqua violemment le néo-cléricalisme des avant-gardes de gauche et affirmera l'autonomie des laïcs. Renvoyant dos à dos les traditionnalistes et les progressistes, il défendra un christianisme incarné et la nécessaire liberté de conscience et de dévotion des catholiques. Très proche de Raymond Aron et de Philippe Ariès, admiré par Maurice Clavel, ses interventions sont redoutées et ses ouvrages respectés. De la géniale histoire de l'ermitage de Saint Rouin à ses études sur la prière, la fête ou sur la domination cléricale, Serge Bonnet emprunte des pistes originales et renouvelle les analyses. Cet ouvrage rassemble pour la première fois ses recherches sur le petit peuple catholique et ses textes polémiques pour le défendre. Toujours à la frontière entre sociologie et histoire, l'oeuvre de Serge Bonnet y apparaît dans toute sa densité, sa cohérence et sa profondeur.
Le premier ouvrage philosophique du savant naturaliste suisse Charles Bonnet (1720-1793) a été publié sous le titre Essai de psychologie. Par mesure de prudence, il se cache cependant sous le voile de l'anonymat en faisant imprimer son livre à l'étranger. Il s'agit du premier ouvrage en langue française qui porte en son titre le mot " psychologie " tout en traitant explicitement de cette matière. Dans l'exposition de ses idées, Bonnet n'a pas observé un ordre didactique, il a simplement suivi le fil de ses pensées. Le point de départ de l'ouvrage se trouve dans l'idée maîtresse que nous ne connaissons l'âme que par ses facultés et que nous ne connaissons ces facultés que par leurs effets qui se manifestent par l'intervention du corps qui est, ou il paraît être, l'instrument universel des opérations de l'âme. Ce n'est qu'avec le secours des sens que l'âme acquiert des idées, et celles qui semblent les plus spirituelles n'en ont pas moins une origine très corporelle. La diversité des sensations tient à la diversité des fibres nerveuses qui servent de substrat physiologique aux opérations intellectuelles. L'année même de la publication anonyme de l'Essai de psychologie, Bonnet entreprend la rédaction d'un second écrit psychologique en continuité avec le précédent, son fameux Essai analytique sur les facultés de l'âme (1860). Pour présenter de manière plus méthodique les idées déjà esquissées dans son Essai de psychologie, il a l'idée d'utiliser un procédé analogue à celui imaginé par le philosophe français Etienne Bonnot de Condillac (1715-1780) à la même époque : animer graduellement une statue humaine pour expliquer la nature et le développement des opérations de l'âme. Nous proposons ici la réédition de l'ouvrage de Bonnet : Essai de psychologie (1755). La reproduction de l'ouvrage est précédée d'une introduction sur la vie et l'œuvre de Bonnet ainsi que d'une étude peu connue mais fort pertinente d'Albert Lemoine (1824-1874) sur la philosophie du naturaliste suisse. Ce livre s'adresse aux philosophes, psychologues, historiens et étudiants désireux de découvrir un des écrits originaux les plus fondamentaux de la psychologie sensualiste de langue française.
Le philosophe et naturaliste suisse Charles Bonnet (1720-1793) a publié en 1760 un Essai analytique sur les facultés de l'âme qui constitue un ouvrage de référence dans la philosophie du XVIIIe siècle au même titre que l'œuvre du philosophe français Etienne Bonnot de Condillac (1715-1780). La méthode est identique chez les deux philosophes des lumières : animer graduellement une statue humaine pour expliquer la nature et le développement des opérations de l'âme. Cette coïncidence fortuite fit d'ailleurs soupçonner à tort Bonnet de plagiat. Ayant déjà débuté la rédaction de son livre, il s'aperçut effectivement que Condillac l'avait devancé dans une analyse semblable. Bonnet va cependant aller beaucoup plus loin que Condillac en développant une psychophysiologie des facultés mentales. L'insertion physique du psychisme humain est une des marques caractéristiques de sa philosophie analytique. De plus, cette révélation sensualiste rompt avec la pensée de Condillac dans la mesure où Bonnet n'adhère pas à une conception purement passive du développement des facultés. En effet, le philosophe genevois installe l'activité de l'âme au commencement, dès la première sensation, en accord avec les idées de son philosophe favori : Wilhelm Gottfried Leibniz (1646-1716). La richesse du livre se retrouve surtout dans ses études sur la mémoire et l'attention. C'est le texte de l'édition originale (1760) de l'Essai analytique sur les facultés de l'âme que nous avons retranscrit ici. Contrairement à son Essai de psychologie publié anonymement en 1755, le nom de l'auteur apparaît sur la couverture de ce nouvel ouvrage. Nous avons donné en introduction son Extrait raisonné de l'ouvrage publié en 1764 ainsi que la retranscription partielle d'un manuscrit de Bonnet sur le sujet de la réminiscence datant de 1786. Ce livre s'adresse aux philosophes, psychologues, historiens et étudiants désireux de découvrir un des écrits fondamentaux de la philosophie de langue française du XVIIIe siècle.
Au coeur des années 1970, alors qu'une partie du clergé disqualifie les dévotions et jette le soupçon sur la demande populaire de rites, le dominicain Serge Bonnet prend la défense des malcroyants et autres pratiquants irréguliers. Il s'adresse à eux dans des prédications qui déploient un christianisme incarné, pour chaque homme dans sa vie quotidienne. Pour atteindre ceux du "parvis" , ce dominicain n'a cessé de rechercher ces carrefours où l'Eglise croise le peuple : les fêtes. Bonnet prêche au fil des saisons, de Noël à Pâques, à l'occasion de ces messes où le cercle des pratiquants s'élargit aux catholiques "festifs". "Toute ma vie je me suis répété : "Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pêcheurs''. Il aurait été possible de s'enfermer dans l'aumônerie d'un petit groupe de pratiquants fervents. Il est bon de penser davantage à ceux qui se disent ''dehors'' qu'à ceux qui se disent ''dedans''" , écrit le dominicain Serge Bonnet au crépuscule de sa vie. Le dominicain aime à rappeler la sagesse des usages populaires et défend une conception très incarnée du christianisme : "Le catholicisme n'est pas la religion du seul oratoire, mais la religion de toutes les pièces de la maison : de la salle à manger, de la chambre à coucher, de l'atelier, du grenier et de la cave". Au fil de ses sermons une spiritualité d'une grande cohérence et très accessible se déploie. On y découvre le combat édifiant de Serge Bonnet pour la religion populaire. Edition établie et présentée par Yann Raison du Cleuziou
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.
Résumé : Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ? Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Eglise ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles. Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Eglise chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Eglise donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle. Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Eglise aujourd'hui. Un livre passionnant et nécessaire. Loïc de Kerimel est agrégé de philosophie. Il a un rôle actif dans l'Amitié judéo-chrétienne de France et au sein de la Conférence catholique des Baptisé-e-s francophones
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.