La drépanocytose, maladie génétique grave, liée à une mutation de l'hémoglobine, est malheureusement très fréquente en France et dans le monde. La naissance d'un enfant atteint fait dévier les familles vers un chemin chaotique, dangereux et bien mal tracé. Même avec les progrès continuels des soins, une grande incertitude pronostique persiste qui tient pour une bonne part aux conditions d'accès réel aux soins optimisés. Ainsi il est aujourd'hui impératif de donner la parole aux familles confrontées à cette maladie et à ses complications. Les parents disent le traumatisme majeur qu'ils ont vécu lors de l'annonce de la drépanocytose, leurs interrogations sur sa transmission, et leur inévitable sentiment de culpabilité. Ils évoquent le bouleversement de leur vie familiale, la souffrance et les contraintes du quotidien, l'incertitude continuelle planant sur la vie de leur enfant. Ces parents, enfin, ont évoqué le décalage immense entre le contexte africain et français, ainsi que les circonstances qui les ont amenés à abandonner dans la douleur, et leur pays d'origine, et le foyer familial et leur emploi. Ces témoignages montrent à quel point l'Europe et l'Afrique doivent associer leurs efforts en partageant non seulement compétences et technologies, mais aussi une commune culture de la maladie.
Résumé : Par une journée pluvieuse, trois femmes se retrouvent dans une arrière-salle de café. Trois figures, une mère de famille au bout du rouleau, une jeune vendeuse pleine de bon sens et une femme sous anti-dépresseurs, qui ne se connaissent pas et qui vont échanger pendant toute la pièce sous l'oeil narquois du serveur. Une comédie légère et savoureuse.
Semelin Jacques ; Babicz Lionel ; Bazin Anne ; Buc
Une vague de regrets, mêlée d'excuses et de quelques éléments de repentance, a déferlé sur la planète à partir de la fin des années 1980. Bill Clinton a exprimé ses " regrets " pour l'esclavage qui fut pratiqué aux Etats-Unis. En juillet 2008, le Congrès américain a adopté un texte " présentant des excuses aux Noirs américains au nom du peuple des Etats-Unis pour le mal qui leur a été fait " sous les lois ségrégationnistes et " pour leurs ancêtres qui ont souffert de l'esclavage ". Tony Blaira, de son côté, exprimé en 2006 des " regrets " sur le rôle joué par le Royaume-Uni dans le commerce triangulaire, mais sans aller jusqu'à présenter des excuses pour la traite des Noirs. Pourtant, en 1997, le même Tony Blair demandait pardon pour la négligence des autorités britanniques face à la grande famine d'Irlande. La reine Elisabeth II avait présenté pour sa part, en 1995, des excuses officielles à la plus grande tribu Maori de Nouvelle-Zélande pour la dévastation de ses terres au XIXe siècle. En Australie, un vaste mouvement de mémoire collective et de contrition s'est développé à l'égard des agissements passés des colons blancs à l'encontre des Aborigènes. Le 12 février 2008, le Premier ministre Kevin Rudd a finalement présenté les excuses officielles de son pays aux Aborigènes pour les injustices qu'ils ont subies pendant deux siècles. La liste est longue et la France y aura aussi contribué en 1995, lorsque le Président Jacques Chirac reconnut la responsabilité de la France de Vichy dans la déportation des juifs entre 1942 et 1944. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces actes de repentance ou d'excuse ne vont pas sans difficulté. Politiquement, de façon générale, ne pas présenter des excuses paraît désormais de plus en plus inexcusable. Mais s'excuse-t-on jamais assez ? Pire : dans les cas extrêmes, les excuses ont-elles encore un sens ? Au fond, quelle est la validité morale des " excuses " institutionnelles ou collectives. Ces interrogations en entraînent d'autres : qui peut présenter de telles excuses ? Ces regrets sont-ils sincères, ces excuses sont-elles pleines et entières ? Que valent des regrets sans excuses ? L'ombre d'une intention politique de circonstance enlève-t-elle toute valeur à l'expression de regrets ou d'excuses ? Des excuses sans réparation matérielle ont-elles une valeur ? Etc. Dans le fond, la question est bien de savoir si la notion même de " réparation morale " a un sens. Si l'on considère que cette réparation vise à restaurer ou instaurer la confiance, comment un tel programme est-il réalisable dans le cas particulier des institutions ou des entités collectives ? A partir d'analyses de cas, ce dossier, coordonné par Jacques Sémelin et Kora Andrieu, s'attache à faire le point sur cette difficile question des excuses d'État.
Braziunas Vladas ; Druckute Genovaite ; Uosyte-Buc
Les poèmes de Vladas Brazinnas manifestent un art consommé du lyrisme, dans de courts poèmes d'une densité et d'une ferveur admirables. Celui qui dit je est une sorte d'Ulysse, une figure du franchissement des limites, qui traverse " une géographie secrète ", qui dissout l'histoire des peuples dans un rêve d'union, ou revient " du long chemin du Styx ", pour proclamer la renaissance de la Nature. Le poète est ici le représentant d'une langue, d'un ordre qui se libèrent, et en même temps un îlot de désordre ; il met en scène cette double gestation. Il indique magnifiquement l'épreuve totale de résistance à la rupture qui caractérise l'individu pris dans le collectif humain, la langue, de même que l'épreuve du dépassement de l'individu dans un lyrisme qui fait droit à la vérité de la sensation, à l'exigence de l'amour, hors des conflits de prétendues civilisations, dans l'espace de liberté entre l'animal et la machine où pointe l'utopie d'une communauté humaine.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.