Les notions grecques et romaines, telles que oikos, oikia, familia, domus, que nous traduisons par "famille" ou "maisonnée", sont polysémiques et désignent un groupe de personnes réunies sous une même autorité, liées entre elles essentiellement par des relations de parenté ou des rapports de dépendance, et partageant au quotidien la même résidence et des activités communes ; dès lors, ces mêmes notions peuvent également désigner la composante matérielle de ce groupe, son patrimoine et son habitat. Considérée par les Anciens eux-mêmes comme l'unité primordiale de toute société, cette "famille" est perçue comme la cellule sociale et économique de base, susceptible de répondre aux besoins élémentaires de ses membres. Elle assure ainsi, d'un point de vue économique, les fonctions de production, d'échange et de consommation, d'un point de vue social, les fonctions de reproduction, de socialisation, d'assistance et de transmission. En Grèce et en Italie, la maisonnée se construit aussi au travers d'un ensemble de cultes, pratiques rituelles et croyances associées au cycle de la vie familiale. Ce sont ces multiples dimensions que cet ouvrage se donne pour objet de présenter, dans une démarche que nous avons souhaitée interdisciplinaire, comparative et didactique, soucieuse de mettre en évidence la diversité des sources disponibles ainsi que les directions prises aujourd'hui par les recherches pour en rendre compte.
Le corps est devenu ces dernières années un thème majeur de la recherche en sciences sociales et humaines, une source de renouvellement profond de notre connaissance du monde antique. Issu d'une collaboration entre l'université Rennes 2 et les universités suisses de Fribourg, Lausanne et Neuchâtel, ce troisième volume des Cahiers d'histoire du corps antique poursuit le travail entrepris lors des précédentes publications. Revendiquant ouvertement le choix d'une histoire totale, les contributions à ce volume s'intéressent aussi bien aux corps en armes ou au corps héroïque qu'à la valeur de la pilosité ou aux stigmates de la vieillesse. Une attention particulière est consacrée à la physiognomonie antique, à savoir l'art de juger une personne d'après son apparence physique, ses gestes, ses expressions et ses attitudes afin de déterminer son caractère, voire son avenir. Il s'agit de déchiffrer les corps en prenant en compte la totalité des signes visibles. Attestée en Grèce dès la fin de l'époque archaïque, théorisée et développée dans différents traités, cette déconstruction du corps en autant de signes à interpréter ne pouvait que retenir l'attention des historiens et des archéologues. La trace de l'importance de ces théories est perceptible dans les arts figurés comme dans l'ensemble de la société. De l'examen des yeux, miroirs de l'âme, à celui des barbes féminines ou des tressaillements divinatoires du corps, l'analyse en profondeur des codes corporels antiques livre de nouveaux aspects d'un savoir collectif encore méconnu.
Labyrinthique, désordonnée, la médina de Marrakech est souvent présentée comme exemple d'une structure urbaine et spatiale de formation spontanée. Cette apparente anarchie ne cacherait-elle pas, par superposition, plusieurs ordres, géométriques ou non, répondant à des logiques spatiales, sociales et culturelles différentes ? Le parcellaire des quartiers, le plan même de la ville et de ses remparts, semblent marqués autant par des hésitations historiques quant à l'orientation correcte de la prière que par l'évolution des systèmes d'alimentation et de distribution de l'eau, et par la cohabitation de différents modes de structuration des espaces, qu'ils soient de traditions tribales et nomades ou plus nettement orientaux et citadins. La première partie de cet ouvrage propose une analyse morphologique de la médina, d'abord abordée dans son site et dans sa forme générale, puis autour de certains sujets : les populations, l'habitat, les quartiers, les fonctions urbaines, avant d'aborder des angles d'analyse plus précis sur : l'orientation sacrée, l'eau et le tracé des remparts. La seconde partie qui pourrait s'appeler " morphogenèse de Marrakech " reprend ces thèmes dans une perspective historique, en suivant les principales dynasties qui ont marqué l'évolution de la ville. La troisième partie tente d'élargir le cadre de l'analyse et de dégager des thèmes susceptibles d'aider à la compréhension des villes arabo-musulmanes traditionnelles : l'importance de l'eau et des jardins comme modèles ; la privatisation et la sacralisation des espaces par le mur, l'enclos et le marquage du centre ; leur orientation vers le centre du monde musulman, La Mecque.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.