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Langages et métaphores du corps dans le monde antique
Dasen Véronique ; Wilgaux Jérôme
PU RENNES
19,00 €
Épuisé
EAN :9782753507036
Le corps est devenu ces dernières années un thème majeur de la recherche en sciences sociales et humaines, une source de renouvellement profond de notre connaissance du monde antique. Issu d'une collaboration entre l'université Rennes 2 et les universités suisses de Fribourg, Lausanne et Neuchâtel, ce troisième volume des Cahiers d'histoire du corps antique poursuit le travail entrepris lors des précédentes publications. Revendiquant ouvertement le choix d'une histoire totale, les contributions à ce volume s'intéressent aussi bien aux corps en armes ou au corps héroïque qu'à la valeur de la pilosité ou aux stigmates de la vieillesse. Une attention particulière est consacrée à la physiognomonie antique, à savoir l'art de juger une personne d'après son apparence physique, ses gestes, ses expressions et ses attitudes afin de déterminer son caractère, voire son avenir. Il s'agit de déchiffrer les corps en prenant en compte la totalité des signes visibles. Attestée en Grèce dès la fin de l'époque archaïque, théorisée et développée dans différents traités, cette déconstruction du corps en autant de signes à interpréter ne pouvait que retenir l'attention des historiens et des archéologues. La trace de l'importance de ces théories est perceptible dans les arts figurés comme dans l'ensemble de la société. De l'examen des yeux, miroirs de l'âme, à celui des barbes féminines ou des tressaillements divinatoires du corps, l'analyse en profondeur des codes corporels antiques livre de nouveaux aspects d'un savoir collectif encore méconnu.
Les notions grecques et romaines, telles que oikos, oikia, familia, domus, que nous traduisons par "famille" ou "maisonnée", sont polysémiques et désignent un groupe de personnes réunies sous une même autorité, liées entre elles essentiellement par des relations de parenté ou des rapports de dépendance, et partageant au quotidien la même résidence et des activités communes ; dès lors, ces mêmes notions peuvent également désigner la composante matérielle de ce groupe, son patrimoine et son habitat. Considérée par les Anciens eux-mêmes comme l'unité primordiale de toute société, cette "famille" est perçue comme la cellule sociale et économique de base, susceptible de répondre aux besoins élémentaires de ses membres. Elle assure ainsi, d'un point de vue économique, les fonctions de production, d'échange et de consommation, d'un point de vue social, les fonctions de reproduction, de socialisation, d'assistance et de transmission. En Grèce et en Italie, la maisonnée se construit aussi au travers d'un ensemble de cultes, pratiques rituelles et croyances associées au cycle de la vie familiale. Ce sont ces multiples dimensions que cet ouvrage se donne pour objet de présenter, dans une démarche que nous avons souhaitée interdisciplinaire, comparative et didactique, soucieuse de mettre en évidence la diversité des sources disponibles ainsi que les directions prises aujourd'hui par les recherches pour en rendre compte.
La manière d'intégrer socialement et familialement les enfants et d'en prendre soin dans des sociétés à fort taux de mortalité infantile et juvénile constitue le fil conducteur de ce volume. Les études réunies s'inscrivent dans le courant des recherches renouvelant notre compréhension du rapport à l'enfant dans l'Antiquité et au Moyen Age, en réaction à l'ouvrage fondateur de Philippe Ariès, L'enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime (1960). L'affirmation, la contestation ou le rejet du lien naturel et légal entre parents et enfants, légitimes ou non, est ainsi examiné, aussi bien sur le plan du réel que dans le cadre d'une réflexion utopique. Le bien-être, la santé et l'éducation des enfants sont souvent des soucis dominants que montrent le rôle du jouet, l'importance de l'allaitement et des soins médicaux au travers des sources littéraires, médicales et iconographiques.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.