Le Royaume-Uni, l'Europe et le monde est un recueil d'essais permettant de nourrir les réflexions sur la spécificité politique, diplomatique, culturelle et économique des Iles britanniques par rapport au continent et à la France. Les études sur le rayonnement et la puissance (notamment thalassocratique) du Royaume-Uni servent de points d'appui à des débats autour de la capacité à rester partie prenante dans l'échiquier mondial. L'insertion dans l'Union européenne a contribué d'ailleurs à attiser les débats. Mais la compétition porte aussi sur les enjeux culturels, l'anglophonie face à la francophonie ou l'originalité du modèle patrimonial britannique, par exemple. Ces essais veulent ainsi stimuler les parcours historiques de la "grandeur" britannique et les réflexions autour de la pérennité de l'originalité anglaise. Tout à la fois orienté vers l'histoire britannique, de façon délibérément comparative, et vers l'histoire des relations internationales, ce recueil contribuera à stimuler l'esprit d'ouverture critique.
Les historiens mobilisés dans cet ouvrage collectif procurent des faits et des analyses qui viennent utilement compléter les études déjà disponibles. Les chapitres approfondissent tel ou tel parcours de Français partis exercer des responsabilités dans l'outre-mer colonial ; ils scrutent les mentalités et pratiques. D'autres sont plutôt synthétiques dans leur champ de réflexion et jaugent les processus qui ont permis de fournir les cadres de l'expansion et de la "mise en valeur" coloniale. Des chapitres vont jusqu'au temps présent, grâce à des cas d'étude consacrés au monde de l'entreprise dans des pays devenus indépendants mais ayant besoin d'investisseurs et de manageurs. Ce livre met en valeur les méthodes d'analyse des historiens des outre-mers, confronte des pistes analytiques et thématiques et met en valeur l'historiographie en marche.
Chaque grand port a été riche de dynasties familiales qui ont créé et développé l'économie maritime et porté l'esprit d'entreprise et du profit sur les marchés ultramarins, coloniaux ou non. Bordeaux a bénéficié de plusieurs générations de familles qui ont défriché les territoires du négoce. Sans s'occuper de vin, en dehors de quelques vignobles, quatre à cinq générations de la famille Faure (avec leur maison Faure frères) sont devenus des acteurs de l'économie du rhum, du sucre, de l'océan Indien et des Antilles, ainsi que de l'armement maritime. Grâce à des archives de la famille, de banques et d'entreprise, leur parcours est reconstitué selon les règles de l'histoire d'entreprise (business history) avec sens critique et comparaisons. La position sociale des Faure sur la place de Bordeaux est également évaluée, par le biais des alliances matrimoniales et des croyances protestantes, des réseaux relationnels, des postes obtenus dans les institutions locales, en une contribution à l'histoire sociale du patronat et de la grande bourgeoisie régionale. La firme aura résisté aux nombreux soubresauts de la conjoncture, mais pas au krach des rhums qui frappe Bordeaux en 1931, et les efforts de reconversion auront manqué d'ampleur. Mais des Faure auront été ainsi mobilisés des années 1790 aux années 1950 en un beau cas d'étude du capitalisme familial européen. Et la famille a fourni une documentation iconographique qui illustre bien les étapes de cette histoire.
100 mots-clés d'histoire économique rassemble des faits, des notions, des idées. C'est un dictionnaire " raisonné " plus qu'une juxtaposition de fiches. Les données y sont interprétées selon des logiques explicatives : les grandes pulsations de l'innovation et de la croissance ; l'expansion et les menaces de déclin ; l'évolution de la géographie de la production et des échanges ; le rôle des capitalistes, des " entrepreneurs ", de l'Etat... ; les mutations de l'organisation des entreprises ; les structures des marchés de l'argent et du commerce, etc. Ancré dans l'histoire contemporaine des 19e et 20e siècles, 100 mots-clés d'histoire économique s'adresse certes à tous ceux qui veulent comprendre l'évolution économique et sociale, mais aussi aux économistes et aux spécialistes de l'entreprise ; en effet, l'analyse de l'aboutissement actuel de cette évolution, grâce à de nombreuses données touchant à la Grande Crise du dernier quart du 20e siècle, permet de donner un sens au " temps présent ".
Comment un petit territoire s'est-il construit sa propre histoire ? Des historiens se sont spécialisés dans cette histoire de Mayotte et de son environnement, de l'océan Indien à la côte orientale de l'Afrique. L'Histoire doit donc nourrir des réflexions sur l'identité historique de Mayotte, sur ses caractéristiques propres par rapport à La Réunion ou Maurice, par exemple. On ne peut que songer à la notion de "modèle". Est-ce que Mayotte va être capable de concevoir sa propre stratégie de développement et d'intégration, de mettre à jour sa propre "philosophie" sociétale, en vue de cimenter la cohésion de sa société, et de faire mûrir un champ culturel varié, "exotique" donc original, par rapport à l'américanisation ambiante des codes culturels ou à un risque de "métropolisation" ? Des îles (ou archipels) peuvent être érigées en "modèle" : le modèle cubain tout d'abord (communisme), bien sûr, le modèle Fidji (instabilité et incertitude), le modèle Maurice (démocratie, pluralisme ethnique et esprit d'entreprise), le modèle Seychelles-Sainte-Barthélémy (terrain de loisirs pour bourgeoisies moyenne et supérieure), le modèle Jersey-Guernesey-Bahamas (off-shore financier et fiscal), etc. D'autres îles-archipels français (Guadeloupe, Martinique, Réunion) peuvent bien sûr eux aussi nourrir le débat, sauf à parler de "contremodèle" à leur propos (dépendance vis-à-vis des subsides de la Métropole, inégalités fortes, urbanisation et déclin d'une économie rurale autonome, etc.).
Les sneakers sont bien plus que des chaussures dédiées aux sports ou aux loisirs. Elles sont les fétiches qui cimentent une communauté : celle des sneakerheads. Ces passionnés ont créé une sous-culture autour d'elles, au sein même de la culture hip-hop. La sociologue Yuniya Kawamura a bâti son livre au carrefour de plusieurs disciplines et thématiques : l'anthropologie, l'histoire, la technique, la communication, la marchandisation, la mode, le genre ou encore la jeunesse. Elle y décèle l'ensemble de la dynamique qui a fait passer les sneakers de la marginalité du Bronx à la culture de masse mondialisée. "Je suis ce que je porte à mes pieds", dit un membre de la sous-culture. Taille haute ou basse, épurées ou bariolées, ces chaussures peuvent exercer une emprise sur leur porteur, lui conférer un statut, mais aussi être revendues pour une somme extravagante. Les sneakers sont un mythe contemporain. Ce livre est la première étude universitaire nous invitant à en suivre les aventures.
Résumé : Le rôle historique du cinéma est de nous avoir donné le visible une seconde fois, en ajoutent le temps à l'image. Il reste pourtant dans tout film une large part d'invisible : c'est elle qui est ici décrite, et explorée. Le cinéma en effet nous rend conscients de l'ambiguïté fondamentale de notre relation au visible. Sa force documentaire, comme son jeu inné avec la fiction, lui ont permis de convoquer les invisibles essentiels du monde, et aussi bien, des effets psychiques qui mettent en péril la visibilité du visible. Il nous autorise à croire que nous voyons vraiment quelque chose d'autre que le monde des apparences. Ce livre ne fait ni la théorie, ni l'histoire de cette doublure du visible que transporte le cinéma, mais en donne un panorama complet, attentif à ne jamais trancher abstraitement, mais à toujours s'appuyer sur des exemples concrets, et nombreux.
Combattant les peintres académiques qui exposent aux Salons officiels, J.-K. Huysmans s'est posé dans L'Art moderne en promoteur de l'" art vivant " et des impressionnistes. Son roman A rebours (1884) marque une dissidence d'antimoderne qui ouvre aux oeuvres les voies de l'imaginaire. Avec lui s'opère un renouveau esthétique : le regard s'émancipe comme en témoigne sa vision de G. Moreau et sa libre interprétation de ses Salomé.
Nogry Sandra ; Boulc'h Laetitia ; Villemonteix Fra
Le rapport de l'école primaire aux technologies numériques fait l'objet d'une attention constante et suscite encore aujourd'hui de nombreuses questions : quels sont les usages qui en sont faits en classe ? Quelles modifications des pratiques pédagogiques induisent-elles ? Sur un autre plan, comment l'action pédagogique mobilisant ces instruments est-elle accompagnée ? C'est à ce double enjeu que tente de répondre cet ouvrage. En mobilisant différents cadres théoriques, il propose un ensemble de recherches récentes sur ces questions vives. L'influence des tablettes sur les pratiques d'écriture en classe ainsi que la question très actuelle de l'apprentissage de l'informatique à l'école primaire sont abordées. L'évolution des modes et pratiques de supervision pédagogique en France et dans différents pays d'Afrique subsaharienne est également développée. Cet ouvrage présente l'originalité de s'inscrire dans un contexte francophone, il met en avant la contribution des recherches en éducation aux débats sur le numérique à l'école.