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Le vie psychique du racisme. Tome 1, L'Empire du démenti
Boni Livio ; Mendelsohn Sophie
LA DECOUVERTE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782348066702
S'il n'est plus cautionné par la biologie ou l'anthropologie, comme il l'était à l'apogée de la période coloniale, le racisme est loin d'avoir disparu. Son énigmatique persistance puise ses ruses et ses raisons dans l'inconscient et dans les effets de croyance qui l'accompagnent. Ce livre part à la recherche des traces d'une vie psychique collective héritière d'une histoire largement tributaire des grands partages coloniaux, rendue illisible dans notre actualité postcoloniale. Pour s'orienter dans ces voies parfois tortueuses, il a fallu miser sur l'apport sous-estimé d'Octave Mannoni. Philosophe venu tardivement à la psychanalyse, il a évolué pendant un quart de siècle dans les colonies avant d'entamer un processus de " décolonisation de soi " coïncidant avec une tentative de décrire l'envers inconscient de la scène coloniale : sa cruauté mais aussi ses fragilités intimes, donnant à penser leurs effets de longue durée tant chez les anciens colonisés que chez les anciens colonisateurs. En redonnant une visibilité à ce trajet, ses échos, ses critiques et ses reprises, les auteurs explorent à partir de la mécanique du démenti les ressorts inconscients du racisme. Se dessine ainsi une histoire mineure de la psychanalyse française, qui avait affaire à la question raciale avant même que Fanon s'en saisisse ouvertement, et que Lacan annonce, une fois le cycle des décolonisations achevé, que " le racisme a bien de l'avenir ".
Boni Fabrice de ; Boni Marc de ; Lattuada Axel ; L
Et tout Le monde s'en fout est une websérie sur des sujets importants qui se trouvent sous notre nez et que l'on refuse pourtant de regarder en face, que ce soit à propos de l'environnement, de la science, de la psychologie ou de la société en général. Depuis sa cave, Lexa nous explique en râlant qu'avec des petites actions et une grosse prise de conscience, on peut se changer soi-même pour changer le monde !
Fruit de trois années d'études collectives, ce livre confronte les idées de Judith Butler avec ses références françaises (Derrida, Foucault, Lacan...). S'agit-il d'une rencontre ou d'une méconnaissance mutuelle entre les "gender studies" et la psychanalyse? La "performativité du genre" s'inscrit-elle dans les traditions ouvertes par Derrida et Foucault? Et quelles sont, à l'inverse, les questions, venues de la pensée "queer", qui interrogent les limites ou les points aveugles de la psychanalyse, tels que l'homosexualité, la portée politique des "transgenres", l'homoparentalité? Cet ouvrage donne de l'oeuvre de Judith Butler, prise entre éloges dithyrambiques et rejets violents, sa place: celle d'une pensée philosophique qui s'inscrit dans ce que nous appelons la modernité.
La représentation qu'on se fait le plus souvent de la ville indienne oscille entre une vision orientaliste et une vision pathologique. Pour la première, le génie urbain de l'Inde se résumerait au charme des villes historiques du Rajasthan, d'Agra ou de Varanasi, perçues comme lieux intemporels ; pour la seconde son mauvais génie se manifesterait dans le caractère informe de l'urbanisation contemporaine, incarné par le bidonville, sorte d'anti-ville phagocytant les mégapoles du sous-contient. Le parti pris de ce recueil - réunissant des contributions provenant de champs différents (philosophie, sociologie, anthropologie sociale, histoire, pensée politique, psychanalyse) est celui de sortir de cette fausse alternative, en envisageant la ville indienne comme point stratégique depuis lequel observer les contradictions qui marquent la société indienne, et en particulier la recherche d'une reconnaissance politique de la part de groupes sociaux demeurés jusqu'à présent aux marges de l'histoire, désormais impliqués dans une lutte pour trouver leur place en son sein. Lutte dont la ville "post-coloniale" devient le véritable champ de bataille. conception graphique
Résumé : Reprenant l'invitation de Jacques Derrida à renverser la formule " The West and the Rest " et à ne pas considérer la psychanalyse comme un pur produit de la civilisation occidentale, cet ouvrage collectif en présente une géo-histoire alternative. A partir des marges, des " restes " venus d'autres continents, se dessinent ainsi des voies de circulations diverses, parfois inattendues, des appropriations excentrées, des réinventions créatrices. Grâce aux regards croisés d'une trentaine d'auteurs du Nord et du Sud, on découvrira que la psychanalyse a existé et continue d'exister " ailleurs ", de l'Inde à Madagascar, en passant par le monde arabe, l'Afrique et les Caraïbes, ou encore la Chine contemporaine, sans oublier l'Amérique latine. Et qu'elle a activement pris part à la tâche cruciale et inachevée d'une décolonisation de soi, corollaire indispensable à toute émancipation politique. A travers des textes panoramiques, des entretiens, des portraits et des transversales qui exposent les débats interdisciplinaires suscités par l'événement freudien, Psychanalyse du reste du monde offre à la fois une autre histoire, un panorama inédit de lieux, de situations et de controverses dans lesquels la psychanalyse a été impliquée, et une cartographie de sa circulation, comme pratique et comme outil critique. Sur ces bases, résolument élargies, il devient possible d'envisager autrement l'avenir et la place de la psychanalyse dans le monde postcolonial qui est désormais notre monde commun.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.