Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Des sirènes
Boncenne Colombe
ZOE
17,00 €
Épuisé
EAN :9782889070008
Tant de choses à dire après avoir lu Des sirènes ! Mais le mot qui veut absolument être le premier à venir est celui-ci : délicatesse. Ce n'est pas toujours une qualité en littérature, mais il en faut pourtant beaucoup, de la délicatesse, tant pour composer avec les émotions que pour manier les explosifs. Et Colombe Boncenne ne craint ni les uns ni les autres. La sirène est la métaphore filée qui convenait pour nommer aussi la forme de ce livre, semblable à une toile tissée d'échos subtils. Sa nage est un mouvement d'aiguille, dessus, dessous, qui lie, recoud, répare, suture. L'écriture épouse ce mouvement, on plonge dans les abysses, on respire dans le ciel, le naufrage est toujours possible mais l'île n'est jamais loin. Il y a des trous dans cette toile : le père, pas même cité ni mentionné dans cette histoire de filiation où les pères sont si décevants. La cérémonie des adieux, pour reprendre la belle expression de Beauvoir, est au premier plan. La mère de la narratrice va mourir. Cette mort est la douleur présente qui formule dans son cri la souffrance de quatre femmes blessées (par les hommes, inévitablement) qui ont choisi (ou dû choisir) le silence, jusqu'à ce que ce livre peut-être les délivre. Mais Colombe Boncenne murmure encore, elle ne distribue pas des rôles de tragédiennes emphatiques aux femmes de sa famille qui n'en auraient pas voulu. La voix qui lui est venue pour écrire ce livre est très douce, apaisante, comme une consolation possible. Parle tout bas, si c'est d'amour, au bord des tombes, écrivait Paul-Jean Toulet? " Eric Chevillard
Résumé : Romanciers, poètes, essayistes, philosophes, historiens... : voici un recueil d'interviews qui constitue une formidable témoignages sur la vie littéraire et intellectuelle depuis plus de trente ans. Pierre Boncenne a pu (et voulu) rencontrer quelques-uns des auteurs les plus marquants de l'époque. A l'occasion de la sortie d'un livre mais tout en essayant d'évoquer l'ensemble de leurs ?uvres respectives, il les a longuement interviewés, se plaçant autant dans la position de journaliste que de lecteur passionné et cosmopolite, attentif et souvent complice. Dans les interviews ici rassemblés, on entend ce que Barthes appelait " le grain de la voix " mais on peut, surtout, trouver des clés pour mieux comprendre des ?uvres majeurs et glaner des confidences biographiques éclairantes. " Faites comme si je n'avais rien dit " : ! cette recommandation ironique de l'un des grands écrivains interrogés n'a, bien-sûr, pas été pris au pied de la lettre et c'est au lecteur, maintenant, de profiter de ces rencontres éclectiques avec des auteurs venus de tous les horizons.
En laissant croire que nous aurions été chassés du Paradis pour avoir croqué la pomme audiovisuelle, les belles âmes de la culture perdent le sens critique et nous bercent d'illusions dangereuses. Lorsque l'affreuse société du spectacle, exutoire obligé de tous nos débats, est soupçonnée d'assassinat à l'encontre de la littérature, des beaux-arts et de la métaphysique, c'est fort plaisant. Et parfois assez ridicule. Doit-on encore sourire lorsque ces doctes remontrances semblent s'inscrire dans un mouvement de correction et de redressement idéologique qui va jusqu'à se parer d'une prétendue autorité scientifique ? De multiples signes montrent sa progression et il m'a semblé nécessaire d'accorder à cette nouvelle forme de catéchisme quelques pages de... publicité. " P. B.
Résumé : Comment une écrivaine construit-elle ses histoires, comment s'entremêlent-elles à sa réalité? Chaque texte de ce recueil interroge le lien entre la narratrice et son imaginaire. Qu'elle raconte un souvenir, une scène quotidienne ou élabore un récit, nous la suivons dans son flux de conscience, où s'interpénètrent son ordinaire, ses rêves et la littérature. Cet enchâssement à la manière d'une matriochka, aussi doux que troublant, propose une réflexion intime et subtile sur nos vies et l'expérience de l'écriture.
Résumé : Normalien, agrégé de philosophie, auteur de nombreux essais au retentissement international, journaliste ayant, notamment, dirigé L'Express, éditeur, amateur éclairé d'art et de poésie, fin gastronome : Jean-François Revel (1924-2006), de l'Académie française, fut l'un des grands acteurs de la vie intellectuelle et politique contemporaine. Sur bien des sujets auxquels cet homme d'une exceptionnelle culture s'est confronté, il a vu juste avec une rare lucidité. Dès lors, comment se fait-il que l'Université, certains médias influents et une partie de l'opinion le considéraient surtout comme un auteur obsédé par le communisme et fasciné par l'Amérique ? Pourquoi Revel, au mépris de l'honnêteté la plus élémentaire, a-t-il été souvent ignoré et parfois calomnié ? Venu de la Résistance contre le nazisme, issu de la gauche démocratique, pourquoi a-t-il été catalogué comme de droite ultralibérale et réactionnaire ? Qu'est-ce qui a pu déranger chez cet intellectuel en quête de la vérité et s'exprimant, d'abord, dans un souci de clarté ? Pour la première fois, un essai polémique tente de répondre après une longue enquête s'appuyant sur des conversations menées en toute liberté avec Jean-François Revel, sa correspondance personnelle et de nombreux témoignages, en particulier ceux de Simon Leys et Mario Vargas Llosa.
Il faut se pénétrer de l'idée que l'Aide, dans l'univers de l'informatique grand public, est purement factice. Elle fait penser à ces aliments en plastique ou en carton-pâte qui permettent aux petites filles de jouer à l'épicière. Mais les petites filles savent bien qu'elles ne peuvent pas manger ces objets. " Ici, l'auteur raconte les découvertes et mésaventures de l'usager moyen, et se demande comment faire pour que l'informatique et Internet, inventions géniales, ne servent pas à fabriquer des ignares et des aliénés. Comment éviter d'être les esclaves de ces machines. Bref, comment faire de l'ordinateur un domestique plutôt qu'un tyran.
Tout commence lorsque David Chariandy est victime, dans un restaurant éthique de Vancouver, d'un acte de racisme ordinaire en présence de sa fille de trois ans. Dix ans plus tard, l'élection de Donald Trump lui donne l'occasion d'adresser à sa fille désormais adolescente une lettre pour évoquer les questions universelles de l'identité et de la race. Chariandy puise dans son propre passé, dans celui de ses ancêtres afro-asiatiques et dans des épisodes concrets vécus en famille une réflexion sur l'héritage de l'esclavage, le statut de " minorité visible " et d'immigré de deuxième génération : que ressent-on lorsqu'on est considéré comme un étranger alors que l'on est né au Canada ? Lorsqu'on nous demande, inlassablement, " non, mais d'où viens-tu vraiment ? "
C'était au mois de juin de l'année 1976. C'était le début des grandes vacances de mes treize ans. C'était l'année de la sécheresse.Des wagons-citernes acheminaient de l'eau puisée au fond des lacs vers les villages; sous un ciel aussi jaune que du papier maïs, les militaires avec leurs camions et leurs motopompes s'occupaient des arrosages de secours pour sauver les plantations qui pouvaient encore l'être. Les autorités avaient activé le plan ORCA.Il ne pleuvait plus depuis des semaines; comme il n'avait pas neigé sur les montagnes durant l'hiver, les nappes phréatiques ne s'étaient pas remplies au printemps. Tout était sec en dessous, tout était sec en surface et notre campagne ressemblait à un vieux biscuit dur. Certains disaient que le soleil s'était soudain rapproché de la Terre; d'autres disaient que la Terre avait changé d'axe et que c'était elle qui, au contraire, était attirée par le soleil. Je pensais que cette chaleur particulière était causée par un astéroïde tombé non loin de chez nous, par un gros corps céleste constitué d'un métal inconnu dégageant des vapeurs toxiques invisibles. Comment expliquer autrement que par des gaz lentement diffusés vers les maisons du village nous empoisonnant à notre insu la modification insidieuse du caractère de maman, sa transformation en une autre personne, la perte de la maîtrise de nos vies au cours de cet été, la fin du monde de mon enfance?Depuis quelques jours, Rudy me disait que l'herbe sentait mauvais. Quand je lui avais demandé pourquoi, il m'avait répondu triste et sérieux que c'était parce qu'elle souffrait. Rudy était exactement le genre d'individu capable d'imaginer une végétation qui manifesterait son inconfort par une transpiration malodorante. Dans l'air de notre arrière-cour parsemée de brins d'herbe malingres piétines par le bétail, il planait une odeur de céleri et de soufre. Le vert terne du lierre agrippé au muret du jardin potager était devenu presque noir. Le soleil chauffait la pierre, froissait ses feuilles, en tordait les tiges ratatinées qui faisaient un dernier effort pour ne pas se détacher de leur branche et basculer dans le sol sablonneux. En m'approchant pour observer les crampons de la plante, pareils à de minuscules poings serrés par le désespoir, je devais bien admettre qu'elle puait.