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Etoile distante
Bolaño Roberto ; Amutio Robert
BOURGOIS
6,10 €
Épuisé
EAN :9782267018189
Etoile distante est une sorte de roman noir, qui mêle Histoire, politique, art et horreur.Un certain Alberto Ruiz-Tagle, jeune homme séduisant et mystérieusement lointain, se présente dans un atelier d'écriture que suivent le narrateur et son ami Bibiano O'Ryan, dans une ville provinciale du Chili. Le coup d'Etat de Pinochet donne l'occasion à cet étrange artiste - qui désormais s'appelle Carlos Wieder - de mettre en pratique sa conception radicale de l'art de la cruauté en assassinant quelques femmes de sa connaissance dans des circonstances que le lecteur, comme le narrateur, ne peuvent qu'imaginer. Ce lointain disciple de Dorian Gray élève ses cauchemars au rang d'une esthétique de la cruauté.Pendant les années suivantes, Wieder (ou Octavo Pacheco, Masanobu, Juan Sauer, entre autres noms) poursuit sa carrière artistique (créateur de wargames, réalisateur de snuff movies) jusqu'à ce que, 20 ans plus tard, poursuivi par un détective privé payé par des famille des "disparues", il soit finalement tué dans les environs de Barcelone.Mais Etoile distante, c'est aussi une prolifération tourbillonnante d'histoires qui accompagnent ce récit sur la démence et le mal. Histoires folles, invraisemblables, traversées de rumeurs invérifiables, comme autant de visions égarées de ceux que l'Histoire du Chili a brisés, d'épisodes cruels et pathétiques où l'espace de quelques pages des monstres terriblement (in)humains s'ébrouent : destins picaresques et tragiques de Lorenzo ou Lorenza, "gay" chilien handicapé, de Juan Stein, poète, professeur de littérature et guerrillero au Nicaragua, de Diego Soto, traducteur de Georges Perec, de Raoul Delorme, ancien légionnaire, devenu concierge et écrivain barbare... Autant de vies où se bousculent l'horreur, le comique, la dérision, la parodie...
Entre parenthèses, publié de manière posthume en Espagne en 2004, réunit un ensemble de textesque Roberto Bolaño a écrit au cours des cinq dernières années de sa vie, c?est-à-dire entre 1998,année de parution des Détectives sauvages en Espagne et 2003, date à laquelle sa mort suspenddéfinitivement l?écriture de son roman 2666. Bolaño avait le projet, comme en témoignent lespropos tenus dans des conversations ou des courriers échangés avec ses amis, de les ordonner etd?en faire un ouvrage. C?est à ce livre projeté que s?est attelé son ami Ignacio Echevarría.Bolaño a écrit ces textes en diverses circonstances, pour différentes publications. Il s?agit aussibien du discours prononcé à l?occasion de la remise du Prix Rómulo Gallegos, l?un des plus grandsprix littéraires de langue espagnole, décerné à Caracas, que de conférences données ici et là, oude chroniques, de recensions, de réflexions sur l?écriture et la littérature, de récitsautobiographiques ou non, pour des quotidiens et des revues de langue espagnole (chiliens,mexicains, espagnols) et, dans un cas, de langue catalane. On pouvait craindre que leurjuxtaposition ne fasse ressortir leur disparité mais c?est paradoxalement la remarquable unité deton que l?on perçoit. Bolaño est toujours et partout lui-même et cet ensemble rappelle combienl?auteur pouvait passer d?un genre à un autre avec aisance, et brouiller les frontières. Entre parenthèses, comme le dit Ignacio Echevarría dans sa présentation, constitue une sorted? « autobiographie fragmentée ». Cet aspect « autobiographique » n?implique cependant aucunépanchement. C?est un homme souvent pris dans son quotidien qui écrit, un homme qui nousinvite à de brèves rencontres avec des amis chez lui ou ailleurs, avec sa libraire, son vendeur dejeux vidéo, son pâtissier à Blanes où il résidait; qui nous convie à passer avec lui un après-midi àla plage auprès d?une femme qui lit debout et de trois jeunes femmes au comportementénigmatique, à rester une nuit dans sa chambre, dans une immense demeure déserte, sur lesbords du Wannsee, à tuer des moustiques; un homme avec qui nous faisons quelques pas au Chili,et dont nous devinons la souveraine indifférence aux rancunes, à l?hostilité, que suscitent, dans sonpays natal, ses affirmations lucides et provocantes. Mais c?est surtout un Bolaño écrivain, qui manietoujours l?auto-ironie, l?humour (souvent cinglant), qui a le goût de l?amitié et de l?exigencelittéraire, l?exécration des médiocres et des arrivistes, le don de percevoir l?étrangeté derrière lespectacle le plus banal, qui refuse tout sentimentalisme et tout auto-apitoiement, que nous lisons.Entre ces parenthèses, Bolaño déploie tout le spectre de son talent littéraire, un paysagereconnaissable entre tous.
Le jeune Juan García Madero abandonne ses études de droit pour déambuler dans les bas-fonds de Mexico. Avant de partir, moderne Don Quichotte, en compagnie de la prostituée Lupe, en quête de Cesárea Tinajero, poétesse mythique dont la trace se perd dans le désert... La littérature et la vie sont-elles deux choses différentes? Ce roman polyphonique, d'une richesse et d'une drôlerie rares, marque le début d'une nouvelle ère dans la littérature latino-américaine. La critique internationale l'a comparé aux grandes oeuvres de Cortázar, de Borges et de Kerouac. De Barcelone à Paris, d'Israël à la Californie, Roberto Bolano nous offre l'épopée lyrique, tragi-comique, d'hommes en quête de la vraie vie, "le voyage infini de gens qui furent jeunes et désespérés mais ne s'ennuyèrent jamais" (Enrique Vila-Matas).
Ce roman est constitué d'une trentaine de biographies traitant d'auteurs du XXe siècle ayant en commun leur fascination pour le fascisme ou le nazisme. On trouvera ainsi la biographie d'une famille d'admirateurs argentins d'Adolf Hitler, celle d'un prédicateur poète nord-américain, celle d'un Guatémaltèque absolument inculte qui écrit de la science-fiction "aryenne", celle d'un Chilien d'origine allemande dont l'?uvre gravite autour des plans de camps de concentration, celle d'un Cubain, cryptographe, anti-castriste et pro-nazi... Mais cette parodie grinçante s'en prend aussi à certaines réalités sud-américaines, et ne constitue pas un simple exercice de vertige littéraire. Biographie: Roberto Bolaño est né en 1953 au Chili. Après avoir vécu au Mexique il retourne dans son pays d'origine au moment du coup d'Etat de Pinochet. Il y sera brièvement incarcéré. Revenu au Mexique, il fonde "l'infraréalisme", groupe littéraire d'avant-garde, héritier de Dada et de la Beat Generation, entre autres. Vers la fin des années 70, il s'installe en Espagne où il exerce divers métiers, tels que vendeur de bijoux, ou veilleur de nuit dans un camping. Il faut attendre le milieu des années 90 pour que son ?uvre soit reconnue et qu'il soit perçu comme l'une des figures les plus importantes de la littérature hispano-américaine contemporaine. Roberto Bolaño est mort à Barcelone le 15 juillet 2003.
Texte dévasté, sorte de saison en enfer, apocalypse et acte de naissance sombre et désespérée, Anvers a été écrit en Espagne en 1980 dans le dénuement et l?illégalité. S?y concentrent les éléments qui se déploieront dans les oeuvres ultérieures de Bolaño: la violence et l'humour noir, le désir et la mort, la peur et la pitié, la parodie et l'hommage. On trouve, dans ce thriller sans solution, des cadavres et des flics, des scènes sado-masochistes, des plages balayées par l'automne méditerranéen, des campings déserts comme celui où un clandestin chilien écrit ce roman, des hallucinations, des transcriptions de cauchemars, les premiers détectives fantômes qui dérivent. Cadavre, policier, enquête, atmosphère poisseuse, suspects : tous les codes du roman policier classique sont respectés. Mais tout y est outré et bouffon, halluciné, pareil à la retranscription de cauchemars qu'on ferait des nuits durant. Un meurtre a été commis, semble-t-il, sur la côte méditerranéenne, et on pourrait croire que le récit s'attellerait à la résolution du crime, mais les éléments au lieu de s'articuler les uns aux autres et finir par donner un sens, se soulèvent, s'engloutissent sous la poussée violente de l'écriture, qui désarticule, violente, redéploie dans un nouvel ordre et redéfinit le genre noir. Il n'y a aucune concession à la recréation du sens après-coup, l'énigme reste entière, comme un immense corps qu'éclairerait de manière intermittente des éclairs, un orage violent, mais dont à la fin le lecteur finirait par admettre qu'il ne peut le saisir dans sa totalité, et qui le laisserait seul dans la tourmente et la nuit, tourné comme le récit vers le nord. Prose convulsée sur la rage de la littérature, la mémoire, la mort, la mort violente, et l'amour, Anvers est aussi le récit beau et poignant de l'exil et de la solitude, le compte rendu d'un face à face entre Roberto Bolaño et l'abîme.
Un jour j?ai sorti un livre, je l?ai ouvert et c?était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l?or à la décharge publique. J?ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d?une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose sculpté dans le texte. Voilà enfin un homme qui n?avait pas peur de l?émotion. L?humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi. J?avais une carte de la bibliothèque. Je sortis le livre et l?emportai dans ma chambre. Je me couchai sur mon lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu?il y avait là un homme qui avait changé l?écriture. Le livre était Demande à la poussière et l?auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m?influencer dans mon travail" (Charles Bukowski, 1979).
Résumé : "Toute ma vie son influence a illuminé mon travail... Oui, Fante a eu un énorme effet sur moi. [...] Fante était mon dieu." Charles Bukowski. "En tant qu'écrivain, je suis très heureux de recevoir une bonne leçon. Comme simple lecteur, j'ai poussé les portes du paradis." Philippe Djian. "A l'image de Fante, Bandini et Molise, ses héros de papier, débordent de rancoeur, de tendresse, de générosité ou d'une méchanceté noire inouïe. Ils sont infects, drôles, adorables, émouvants." La Vie. "Les histoires de Fante ressemblent toujours à la sienne. Son héros, Arturo Bandini, est aussi fils d'immigrés italiens, il a aussi envie de prendre sa revanche sur les années de dèche, de se faire une place sur les rayons des bibliothèques, d'aimer les femmes. Tout cela, Fante le fait passer dans une écriture dégraissée, déblayée de toute littérature." Télérama.
Résumé : Dans l'appartement en dessous de Bob et Constance, qui s'aiment malgré une maladie vénérienne les obligeant à se réfugier dans la pratique d'un jeu pervers qui ne tardera pas à avoir des conséquences irrémédiables sur leur relation, John et Patricia sont les propriétaires fortuits de Willard et ses trophées de bowling - Willard, un oiseau de papier mâché créé par un sculpteur particulièrement inspiré. Ces trophées ont autrefois été gagnés par puis volés aux frères Logan, trois sportifs médiocres, dépourvus d'intelligence, qui se mettent alors en tête de ratisser les Etats-Unis afin de récupérer leur dû. Ils arrivent, grâce à un appel téléphonique anonyme, jusqu'à l'immeuble où habitent les deux couples.
Résumé : Ecrit en 1969, Love est un roman trouble et bouleversant où le féminisme radical, mais nuancé, de l'auteur se présente sous les dehors les plus pervers et les plus violents. Love raconte une étouffante histoire d'amour à trois où les émotions les plus subtiles côtoient les pulsions sexuelles les plus grossières et les névroses sentimentales les plus cruelles. Le tout sanctionné par l'acte de violence et d'amour le plus définitif. Illuminé par la présence d'une héroïne aussi fragile que radieuse, ce livre vibrant représente la quintessence du talent d'Angela Carter.