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Vie, Symbole, Mouvement. Susanne K. Langer et la danse
Boissière Anne ; Duplay Mathieu
DE L INCIDENCE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782918193166
Susanne Langer (1895 New York - 1985 Old Lyme, Connecticut), par trop inconnue en France, a développé une philosophie de l'art qui s'organise à partir de la question du symbolique, et accorde une place majeure à la notion, entièrement remaniée, du sentiment (feeling). L'art relève d'une connaissance et il a en cela un caractère toujours abstrait : ce n'est pas le sentiment de l'artiste, en sa personne, qui est donné à connaître, pas plus celui du spectateur. C'est la forme, en général, du sentiment qui est présentifiée dans l'art, laquelle se repère à un dynamisme d'un type particulier. Le présent volume propose la traduction de deux textes choisis extraits de Problems of Art (1957), l'un portant sur la danse, l'autre ayant pour thème la forme vivante. Y convergent les modalités d'une approche du mouvement et de la vie, permettant ainsi de prendre la mesure du travail mené dans les précédents livres de Susanne Langer, et d'entrevoir aussi ses prolongements ultérieurs, vers une philosophie de l'esprit en laquelle se transformera et s'élargira la question du sentiment. Une série d'études critiques portant sur divers aspects, philosophiques, artistiques et historiques, de cette œuvre contribuent à situer, approfondir et questionner une pensée qui reste à bien des égards à découvrir.
Le livre explore le statut et les qualités du " pathique " d'après la définition d'Erwin Straus, en se tournant vers le jeu et l'art, dans l'objectif d'interroger l'étonnante spontanéité des ces formes vivantes d'expérience. L'analyse de cette dynamique formelle, ici conçue comme un mode de communication irréductible opérant à même la motricité, mettra en valeur le playing plutôt que le game, ainsi que la Gestaltung plutôt que la forme perçue dans sa dimension identitaire. La perspective s'enrichira des créations d'art brut, témoins privilégiés d'une logique de l'inintentionnel, permettant avant tout d'habiter le " monde ". A la croisée de la psychanalyse et de la phénoménologie, le livre dialoguera entre autres avec les pensées de Marion Milner, Donald W. Winnicott, Johan Huizinga et Henri Maldiney.
La question de la musique n'est pas celle d'une sphère séparée, prétendument celle de l'esthétique. Chez Theodor W. Adorno. elle relève d'une position globale, celle de la philosophie clans son rapport au XXe siècle. Le présent ouvrage part de l'exigence méthodologique d'une philosophie du concret. pleinement réalisée dans le livre qu'Adorno consacre à la musique de Gustav Mahler en 1960. C'est une pensée du temps, cristallisée dans les catégories du roman, (le la narration, du conte et, plus généralement. de l'épique qui y est déployée. tout en renvoyant à l'horizon entier que constituent les noms du premier Georg Lukacs, de Walter Benjamin, d'Hernst Bloch et de Bertolt Brecht. Toutes les lignes significatives de l'oeuvre d'Adorno y convergent, ses déterminations musicales incluses : Beethoven. Wagner. Stravinsky et Schoenberg. L'expérience constitue ainsi la dimension décisive d'une pensée (le part en part travaillée par le problème de la mémoire, soucieuse en cela du populaire, de sa disparition et de sa sauvegarde. La musique, dans son caractère de langage ou de geste, vient porter cette dialectique de la raison par laquelle Adorno voulait répondre à son époque.
Cet essai entend mettre au jour et dénoncer la tendance dominante à théoriser le jeu à partir des règles, et à organiser les approches autour de dualismes non questionnés, au premier chef du game et du play. Une telle structuration ne s'impose qu'à exclure ou mépriser une phénoménalité pourtant décisive, celle qui engage l'expérience corporelle et spontanée du jeu, et dont l'enfance pourrait être le nom. Le geste philosophique consiste ici en une réappropriation de cette part vivante du jouer, d'autant plus précieuse qu'elle peut faire défaut. C'est sur fond de cette absence qu'est introduite la conceptualité du pathique : jouer est une activité irréductible, distincte de la connaissance et de la technique. S'y révèle une liberté sensible, liée au mouvement et à la spatialité, qui n'a pas d'équivalent. Opter pour le vivant du jeu, c'est mettre l'accent non sur la maîtrise mais sur l'être-saisi, non sur les règles mais sur le rythme, non sur la compétition mais sur les chants et la danse, dans l'horizon de la paix et non de la guerre. C'est dans l'art et non dans la science qu'une telle expérience du jouer est recherchée. La prise en compte de certains aspects du champ contemporain conduit cependant à s'interroger : le jeu, dans sa part vivante et sensible, serait-il en voie de disparition ?
Boissière Anne ; Boulanger Christophe ; Faupin Sav
A partir des notions de "mythologie individuelle" et de" mythe individuel ", il s'agit d'interroger les caractéristiques prêtées à l'art brut, renouvelées par leur extension ou déplacement dans le champ de la création moderne et contemporaine, ainsi que leur rapport à l'histoire. Ce qu'on nomme " l'art brut ", en incluant ses extensions dans l'Outsider Art, mérite une considération nouvelle. On doit se garder de réifier ou d'essentialiser cette notion: l'art brut, en vérité, est une question. Le point de départ de la recherche se trouve dans l'intitulé " Mythologie individuelle ", désignation par Harald Szeemann d'une section de la Dokumenta 5 de Kassel en 1972, réunissant des oeuvres d'artistes contemporains dont Etienne-Martin ; dans leur immédiate proximité étaient exposées des oeuvres principalement issues du contexte asilaire. C'est ce sens initial qui s'est vu enrichi, déployé et déplacé d'une manière qui rencontre les champs de l'histoire et de la critique de l'art, de la psychanalyse, de l'anthropologie et de la philosophie. L'objectif général de la démarche est de questionner les déterminations profondes des oeuvres : l'histoire, la fable et l'intrigue, selon une orientation susceptible de dialectiser les rapports entre l'individuel et le collectif, entre la structure et l'activité dynamique, entre l'écrit/dessin et l'oral. C'est non seulement la catégorie d'art brut mais le concept d'art, inclus le statut des processus créatifs, qui sont mis à l'épreuve.