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Le livre de la Guerre de Cent Ans
Bofa Gus ; Mac Orlan Pierre
CORNELIUS
31,50 €
Épuisé
EAN :9782915492316
Publié en 1921, mais conçu avant même que s'achève le conflit de 1914, Le Livre de la guerre de Cent Ans s'amuse à transposer au beau milieu du XIVe siècle les grands malheurs et les petites misères de la "Der des Ders". Le travestissement médiéval, en dépouillant la guerre de ses artifices modernes, révèle par l'absurde le véritable visage d'une humanité qui découvre, apeurée et misérable, l'absurdité de sa destinée. Sous le crayon de Gus Bofa, le conflit prend des allures de théâtre amateur et les personnages, déguisés en guerriers et poussés sur scène pour tuer ou être tués, cabotinent et pérorent, pleins de bonne volonté mais incapables de comprendre le drame terrifiant qu'on leur fait jouer. Le flot imbécile de l'Histoire emporte les hommes, qui se débattent entre le ridicule et l'horreur. Tandis que les badernes ronchonnent, que les toubibs coupent, que les profiteurs profitent et que les femmes se pâment, les Pauvres Cons du Front font le dos rond : " Il faut bien que tout le monde vive ". Gus Bofa, qui fut l'un de ces hommes d'armes improvisés, les décrit tels qu'il les a vus, plus proches des clowns de Beckett que des héros de la Chanson de Roland, " las, silencieux et mornes, sans désirs vains, sans espoirs et résignés au pire ". Son pamphlet, à l'humour cruel, ne dénonce pas une guerre particulière, mais toutes les guerres, passées, présentes et à venir, lorsque les circonstances rendent la bêtise humaine tragique. Jamais réédité, Le Livre de la guerre de Cent Ans est proposé ici dans une version restaurée qui corrige certains défauts de l'original et complétée d'inédits récemment découverts.
Le capitaine Karl, surhomme nietzschéen et travailleur discipliné, se voit confier par l'Empereur Guillaume II une mission si secrète qu'on ne peut lui en révéler le but. Le guerrier aquatique prend le commandement d'un colossal bijou de plusieurs milliers de tonnes, le sous-marin U-713, chef d'oeuvre de technologie militaire. Mais cet hyper-poisson s'éprend d'une jolie senorita et se révolte contre ses créateurs. Après s'être débarrassé de son commandant, le sous-marin tue son équipage et, plongeant au fond des abysses, s'accouple avec diverses créatures marines. Roman satirique et fantastique, à l'ironie inquiétante, U-713 ou les Gentilshommes d'infortune affirme l'incompatibilité de l'aventure et de la guerre moderne, mécanique et industrielle. Composé à quatre mains, ce petit livre marque le vrai début de la collaboration littéraire de Pierre Mac Orlan et Gus Bofa. Le dessinateur y révèle une imagination résolument fantastique. Sous son crayon surgissent des vaisseaux fantômes, des créatures mi-animales, mi-mécaniques, et des corps humains dans divers états de mutilation. L'insouciance de la Belle Epoque le cède au traumatisme de la Grande Guerre. L'humour qui anime U-713 comprend, selon la formule de Mac Orlan, tout ce qui tient une place entre la vie et la mort.
Résumé : Maître de la littérature illustrée de l'entre-deux-guerres, Gus Bofa fait la rencontre d'un auteur clé dans son parcours, Jacques Perret. Deux nouvelles du romancier sont assorties en 1952 de quinze gravures originales de l'artiste, parues en tirage très limité. Ce livre culte, avec un Bofa au sommet de son art, est ici pour la première fois réédité avec ses recherches et croquis préparatoires. Naviguant de conserve, les deux stylistes conjuguent en majesté un imaginaire lié au voyage, à la mer et à ses superstitions.
Résumé : La symphonie de la peur est une oeuvre sombre, rythmée comme une composition musicale. Elle est organisée en quatre mouvements : allegro, andante, scherzo, largo qui illustrent chacun l'évolution de la peur dans l'histoire de l'humanité. Gus Bofa cadence son récit en alternant entre textes sarcastiques et dessins au crayon pour créer une ambiance unique de plus en plus angoissante. Malgrè une atmosphère pesante, Bofa réussit l'exploit de glisser quelques touches d'humour noir et amer, qui parviennent à faire sourire le lecteur. Rescapé de la guerre des tranchées qui l'a laissé infirme et à l'aube de la seconde guerre mondiale, Gus Bofa use du sentiment universel de la peur pour créer une oeuvre sans concession et d'une grande modernité. Publiée en 1937, La symphonie de la peur témoigne d'une humanité prise entre deux terreurs, l'éternité et le néant, et qui tente de trouver refuge dans la religion, la morale et la science. Les hommes repliés derrière la masse sociale et les lois du groupe, se retrouvent malgré tout rattrapés par la frayeur engendrée par les crises économiques, guerres ou émeutes. A contre-courant de son époque - où l'on vit frénétiquement pour laisser les spectres de la guerre derrière soi - Gus Bofa décrit l'image d'un monde sans lumière ni espérance à travers 40 illustrations toutes aussi impressionnantes que celles contenues dans Malaises. Il livre ici un chef-d'oeuvre, grandiose et implacable qui, près de 100 ans plus tard, n'a rien perdu de sa puissance. Au terme de cette symphonie, aucune consolation n'est offerte au lecteur, qui ne peut s'empêcher d'y projeter ses propres inquiétudes.
Présentation de l'éditeur Quand donc finira l'incompréhensible purgatoire dont est victime depuis bientôt 50 ans l'un des plus prodigieux dessinateurs du 20ème siècle? Quand donc cet inventeur de génie cessera-t'il d'être le trésor jalousement gardé de quelques initiés? On reste abasourdi devant un tel mystère! Comment ce rénovateur des formes peut-il rester à ce point méconnu de nos jours alors même que la liste de ses descendants ressemble au plus extraordinaire panthéon de l'illustration et de la bande dessinée? Saint-Ogan, Jean Bruller (alias Vercors), Hergé, Tardi, Moebius, de Crécy, Avril, Dupuy & Berberian, tous ont puisé avec bonheur dans les voies ouvertes dès le début du siècle dernier par cet homme farouchement libre. Artiste aux multiples facettes, Gus Bofa publia de son vivant un nombre incalculable d'affiches, de dessins satiriques et d'illustrations, variant les registres et les techniques sans jamais cesser d'être le meilleur. Il écrivit un roman, il illustra ceux des autres, il collabora à toutes les revues d'importance... Mais il réalisa surtout des livres hors-norme dans lesquels la virtuosité de son trait se refusait à la décoration et à la rigolade pour mieux éblouir l'oeil et faire se crisper les maxilaires. Il prouva avant tout le monde que le minimalisme, avant de devenir une affaire de style, était aussi une façon précise et extraordinairement construite de dire magnifiquement et simplement les choses les plus complexes du coeur humain. Il est décisif de redécouvrir au plus vite ce chaînon manquant du dessin moderne et de lire enfin ses livres, dont l'acidité et la puissance continuent d'avoir aujourd'hui comme hier des résonnances troublantes sur nos petites cervelles de primates évolués. Nous reprenons ici un ouvrage publié il y a quelques années par La Machine et qui, faute d'une diffusion correcte et malgrè une irréprochable qualité technique, ne connut pas de réelle existence en librairie. Cette édition comprend 5 dessins inédits de plus que l'original et est accompagnée d'une préface de Nicolas de Crécy. "Malaises" sera suivi rapidement par la réédition de "Slogans", un pamphlet intemporel sur la bêtise des chefs de meutes. Qui devrait lui-même être suivi, nous l'espérons, de bien d'autres redécouvertes...
Les histoires réunies dans ce volume complètent La promesse, achevant de rendre disponible l'intégralité des récits composés par Shohei Kusunoki. Elles ont pour la plupart été publiées dans Garo la légendaire revue d'avant-garde fondée en 1964 qui a révélé des auteurs aussi incontournables que Yoshiharu Tsuge Yoshihiro Tatsumi (édités tous deux chez Cornelius), accompagnant pendant les décennies 1960 et 1970 une jeunesse réfractaire au conservatisme de la classe dirigeante. Shohei Kusunoki a imaginé ces histoires entre 1968 et 1974 dans un Japon qui cherchait à se réinventer par une course à la modernité peu soucieuse du sort des classes populaires. Comme son ami Susumu Katsumata (Neige rouge, Cornelius), il fut marqué par l'apparition de Yoshiharu Tsuge, qu'il fréquenta à cette époque et dont l'influence se retrouve dans plusieurs des récits regroupés ici. Délaissant le registre contemporain sans renoncer à parier de son époque, Shohei Kusunoki s'attache à décrire avec justesse la vie du peuple, tout en lui insufflant une dimension épique. Au travers de genres aussi codés que le conte traditionnel ou le récit de samouraï, il décortique l'ambiguïté des rapports humains. Mettant à nu les sentiments qui unissent les êtres, les raisons pour lesquelles ils s'attirent et les malentendus qui les séparent, Shohei Kusunoki parvient, à travers un style limpide, à exprimer ce qui ne l'est pas. Un auteur immense qu'il est urgent de redécouvrir et de célébrer. Shohei Kusunoki est né le 17 janvier 1944 à Tokyo. souffre très jeune de graves problèmes cardiaques qui l'éloignent de l'école et le contraignent à rester le plus souvent inactif. C'est pendant : ces longues journées d'école buissonnière forcée que le jeune Shohei développe son intérêt pour les mangas, qu'il loue dans les librairies de prêt de son quartier. Il fonde un fanzine avec quelques ara qui aspirent comme lui à devenir mangakas. Ses auteurs favoris sont alors Tokao Saitô (Golgo 13, Glénat) ou Hiroshi Hirata (L'Ame de Kuydo, Akato). Mais son admiration se concentre plus particulièrement sur le grand Sanpei Shirato (Kamui-den, Kana), dont Shohei Kusunoki deviendra l'assistant en 1961, à dix-sept ans. Il publie ses propres histoires en tant qu'auteur à partir de 1964, notamment dans la revue Garo où il portage ne saine émulation auprès de Shin'ichi Abe (Un Gentil Garçon, Cornelius), Yoshiharu Tsuge (anthologie en sept volumes chez Cornelius) et Susumu Katsumata (Poissons en eaux troubles, Le Lézard noir), avec lequel il partagera un véritable compagnonnage. Cette carrière prometteuse est malheureusement interrompue par la maladie, qui le rattrape pendant l'été 1973.Il décédera l'année suivante à l'âge de 30 ans, avant que ne soient publiés les recueils qui lui valent le souvenir ému de ses admirateurs, dont nous espérons que cette traduction accroîtra le nombre.