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Le Principe Espérance. Tome 1
Bloch Ernst ; Wuilmart Françoise
GALLIMARD
39,60 €
Épuisé
EAN :9782070292950
Aboutissement des thèses formulées dès 1918 par L'Esprit de Utopie et développées par les oeuvres suivantes, Le Principe Espérance, qui parut en R.D.A. entre 1954 et 1959, fut sinon la cause du moins le pretexte idéologique de la rupture entre Bloch et le marxisme officiel. Le livre mettait en oeuvre sur le front philosophique de l'histoire un objectivité active, la conscience anticipante, où le marxisme officiel vit une véritable agression contre le matérialisme dogmatique de l'orthodoxie. Ce risque d'idéalisme, volontairement encouru, n'est certes pas seul paradoxe de l'oeuvre blochienne. Mais son enjeu livre le sens de tous les autres: lutter contre la pétrification de la dialectique, combattre toute clôture péremptoire en métaphysique. Car la reconquête de soi entreprise par l'homme, le dépassement du règne de l'aliénation et de la marchandise, la réalisation de ce monde nouveau dont toutes les utopies sont l'anticipation abstraite - en un mot: le projet même du marxisme - ne sont pas encore accomplis. En ce sens le système hégélien, pour Marx l'obstacle philosophique majeur, constitue pour Bloch aussi le carcan à briser pour se libérer de l'envoûtement de l'anamnèse et penser le futur. ?uvre-système, Le Principe Espérance remet en cause toute idée de système, tout système culminant en une Idée: il s'ouvre sur le futur de l'homme et du monde. Tel est le sens de l'affirmation, à la fin de l'ouvrage, de ce principe que la sécularisation de la religion ("Seul un chrétien peut être un bon athée") permet d'identifier comme celui celui de l'Espérance - principe d'un combat qui reste le nôtre et dans lequel, par un rappel de l'histoire, nous entreprenons l'apprentissage de l'espérance. Le tome 1 de l'oeuvre (qui en comprendra trois en français) constitue le premier moment de la réflexion. Bloch y enracine l'espérance dans une anthropologie des besoins et des désirs, des forces subjectives qui se mêlent aux avant-postes du réel avec les tendances historiques trouvent en elles leur corrélat objectif: le monde naturel et social dans son mouvement
Bloch Ernst ; Gandillac Maurice de ; Labica Thierr
Thomas Münzer était un prédicateur révolutionnaire du début du XVIe siècle. Maître en théologie d'abord rallié à Luther, il prit la tête du soulèvement armé qui, en 1525, traversa l'Allemagne des rives du lac de Constance jusqu'à la Thuringe et la Franconie en passant par le Tyrol, la Forêt-Noire et l'Alsace, contre les seigneurs féodaux et le clergé, ramassis diabolique "d'anguilles" et de "serpents", selon son Sermon aux princes de 1524. Ce soulèvement regroupa des ouvriers des mines, des paysans, des hommes "du commun" dans une guerre qui devait passer à la postérité sous l'appellation de Guerre des Paysans. Peu après l'extermination des insurgés à la bataille de Bad Frankenhausen en mai 1525, Thomas Münzer fut arrêté, torturé et décapité. Une première fois. Car par la suite, entre occultations, oublis et résurgences, Münzer devient l'un de ces noms à travers lesquels se déploient nombre des aspirations, des craintes, des affrontements dans lesquels s'articule la politique moderne. Pour la pensée libérale du XXe siècle, c'est un terroriste, un fanatique, un précurseur du totalitarisme. Ernst Bloch prend toute cette tradition à contre-pied: en prônant avec intransigeance une lecture littérale de la Bible, Münzer revendiquait l'égalité concrète de tous avec tous. C'est une figure éternelle de l'utopie, une allégorie de l'émancipation populaire.
Nous ne sommes pas encore nés. Pris dans l'obscur de ce qui n'est qu'une préhistoire, nul d'entre nous ne peut prétendre être l'héritier du passé, nul ne peut y chercher la lumière. Livre de rupture et de passion écrit tout au long des années de guerre, d'avril 1913 à mai 1917, L'esprit de l'utopie, première, oeuvre provocante plus que démonstrative d'Ernst Bloch, est animé d'un double mouvement de révolte et d'espérance. Sa révolte s'élève contre un univers qui a perdu le sens du Nous, de la communauté, qui a réifié l'être, qui a réduit Dieu à un simple fait, lui qui est une "question inconstructible". La musique, objet central du livre, est la voix privilégiée de cette révolte, car elle fait exploser la distinction entre le sujet et l'objet, entre l'âme et le monde. Sans conclure aucune paix avec le monde, Bloch veut nous apprendre à espérer à partir de notre ici-bas. Il déchiffre comme autant de signes tangibles de noter réalité encore à naître, comme autant de traces de la venue de la "vraie patrie", comme autant d'utopies concrètes et agissantes, l'oeuvre la plus humble d'un potier inconnu, l'audace plastique du cubisme et du futurisme, le mystère de la musique - le plus utopique de trous les arts -, enfin la grande voix libératrice d'un marxisme réconcilié avec son essence prophétique. Car ces chemins expriment tous l'effervescence du réel, sa tendance utopique interne. En pleine Apocalypse donc, Bloch découvre l'"esprit de l'utopie", le génie paraclétique de la culture et les racines métaphysiques de toute espérance révolutionnaire. Il renoue ainsi avec la tradition millénariste. Depuis, ce livre n'a cessé de représenter une véritable force de vie et de combat qui animera Ernst Bloch tout au long de son oeuvre, jusqu'au Principe Espérance et aux derniers textes du solitaire de Tübingen.
Le Principe Espérance est l'?uvre majeure du philosophe allemand Ernst Bloch, récemment disparu à Tübingen où il s'était retiré. Dans cet ouvrage monumental, Ernst Bloch s'applique à recenser ce qui, sous la forme de rêves diffus, d'utopies fragiles, sous la forme même de contes d'enfants, se trouve porteur des espérances de l'humanité. Il insiste sur la catégorie du possible dont il montre comment elle tend à se réaliser dans ce qui n'en livre encore que des traces. Il dresse un tableau du destin humain dont sa pensée visionnaire discerne les contours futurs à travers ce que révèlent le passé et le présent. Dans ce tome II, consacré aux "Epures d'un monde meilleur", l'auteur passe en revue - les utopies médicales et tout ce que l'homme a imaginé pour faire échec au vieillissement ou même pour abolir la mort; - les utopies techniques, depuis le grand eeuvre des alchimistes jusqu'aux ambitions modernes de maîtrise de la nature; - les utopies architecturales, où l'auteur oppose notamment la conception de l'espace des Egyptiens et celle du monde gothique; - les utopies géographiques, des îles Fortunées, de l'Eldorado, de Thulé, parmi d'autres; - et bien entendu les utopies sociales auxquelles Ernst Bloch consacre le plus long chapitre du livre et dont il dresse un magnifique panorama, de Platon jusqu'à la société socialiste telle que Marx l'a conçue. Cette somme, qui repose sur un savoir impressionnant, fournira même au sceptique d'innombrables sujets de réflexion. Elle retrace en quelque sorte l'histoire du désir humain à la recherche de sa réalisation, la trajectoire de son mouvement vers un but final de l'humanité
Résumé : L'écriture expressionniste d'Héritage de ce temps, composé sous forme de tableaux, de petites vignettes ne faisant jamais totalité mais qui se contentent de nous livrer des détails significatifs, "des prodiges de petits détails", le rend impossible à résumer. Il comporte une introduction, "La poussière", et trois parties : "Employés et distraction", "Non contemporanéité et environnement", "Grands bourgeois, objectivité et montage". Retenons par conséquent deux idées essentielles : Ernst Bloch propose dans cet ouvrage une thèse tout à fait nouvelle sur la pluralité des temps sociaux. Se tournant successivement vers différents groupes, il montre que certains d'entre eux, par exemple les paysans, vivent dans un décalage temporel par rapport au temps présent, ce qu'il appelle une "non-contemporanéité". Il apparaît alors que la société est composée d'une pluralité de temps en lutte pour constituer une temporalité dominante. "Tous ne sont pas présents dans le même temps présent". Il discerne également, derrière la raison instrumentale en rapport avec la technique moderne et qui triompherait avec le nazisme, une irrationalité, véritable tohu-bohu idéologique, nourri d'occultisme et d'archaïsme. Ces thèses sont à comparer avec celles du sociologue G Gurvicht sur la pluralité des temps sociaux, et avec celles de Neumann sur l'irrationalité nazie : ce dernier se refuse à parler à son sujet d'un Etat totalitaire dans la mesure où l'Etat reste une figure de la raison. Il préfère donc définir le nazisme comme un non-Etat.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.