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L'esprit de l'utopie
Bloch Ernst
GALLIMARD
26,90 €
Épuisé
EAN :9782070295487
Nous ne sommes pas encore nés. Pris dans l'obscur de ce qui n'est qu'une préhistoire, nul d'entre nous ne peut prétendre être l'héritier du passé, nul ne peut y chercher la lumière. Livre de rupture et de passion écrit tout au long des années de guerre, d'avril 1913 à mai 1917, L'esprit de l'utopie, première, oeuvre provocante plus que démonstrative d'Ernst Bloch, est animé d'un double mouvement de révolte et d'espérance. Sa révolte s'élève contre un univers qui a perdu le sens du Nous, de la communauté, qui a réifié l'être, qui a réduit Dieu à un simple fait, lui qui est une "question inconstructible". La musique, objet central du livre, est la voix privilégiée de cette révolte, car elle fait exploser la distinction entre le sujet et l'objet, entre l'âme et le monde. Sans conclure aucune paix avec le monde, Bloch veut nous apprendre à espérer à partir de notre ici-bas. Il déchiffre comme autant de signes tangibles de noter réalité encore à naître, comme autant de traces de la venue de la "vraie patrie", comme autant d'utopies concrètes et agissantes, l'oeuvre la plus humble d'un potier inconnu, l'audace plastique du cubisme et du futurisme, le mystère de la musique - le plus utopique de trous les arts -, enfin la grande voix libératrice d'un marxisme réconcilié avec son essence prophétique. Car ces chemins expriment tous l'effervescence du réel, sa tendance utopique interne. En pleine Apocalypse donc, Bloch découvre l'"esprit de l'utopie", le génie paraclétique de la culture et les racines métaphysiques de toute espérance révolutionnaire. Il renoue ainsi avec la tradition millénariste. Depuis, ce livre n'a cessé de représenter une véritable force de vie et de combat qui animera Ernst Bloch tout au long de son oeuvre, jusqu'au Principe Espérance et aux derniers textes du solitaire de Tübingen.
Résumé : L'écriture expressionniste d'Héritage de ce temps, composé sous forme de tableaux, de petites vignettes ne faisant jamais totalité mais qui se contentent de nous livrer des détails significatifs, "des prodiges de petits détails", le rend impossible à résumer. Il comporte une introduction, "La poussière", et trois parties : "Employés et distraction", "Non contemporanéité et environnement", "Grands bourgeois, objectivité et montage". Retenons par conséquent deux idées essentielles : Ernst Bloch propose dans cet ouvrage une thèse tout à fait nouvelle sur la pluralité des temps sociaux. Se tournant successivement vers différents groupes, il montre que certains d'entre eux, par exemple les paysans, vivent dans un décalage temporel par rapport au temps présent, ce qu'il appelle une "non-contemporanéité". Il apparaît alors que la société est composée d'une pluralité de temps en lutte pour constituer une temporalité dominante. "Tous ne sont pas présents dans le même temps présent". Il discerne également, derrière la raison instrumentale en rapport avec la technique moderne et qui triompherait avec le nazisme, une irrationalité, véritable tohu-bohu idéologique, nourri d'occultisme et d'archaïsme. Ces thèses sont à comparer avec celles du sociologue G Gurvicht sur la pluralité des temps sociaux, et avec celles de Neumann sur l'irrationalité nazie : ce dernier se refuse à parler à son sujet d'un Etat totalitaire dans la mesure où l'Etat reste une figure de la raison. Il préfère donc définir le nazisme comme un non-Etat.
Long entretien inédit en français avec l'auteur du Principe Espérance, l'un des grands livres de pensée du XXe siècle, réalisé en 1974, soit trois ans avant sa mort. Où Ernst Bloch revient dans le détail sur son itinéraire intellectuel et politique. Sur son enfance, passée dans un milieu familial modeste, acculturé ; sur la formation de sa pensée, ensuite : Schopenhauer, pour commencer, puis Schelling, et, simultanément, Luxemburg, Marx et Engels (premières lectures politiques) ; Hegel enfin. Bloch évoque ensuite ceux grâce auxquels cette formation s'est affinée : Simmel, puis Lukacs avec qui il se lia d'amitié. Amitié qu'il eut aussi, après 1918 et son premier livre, L'Esprit de l'utopie, pour Benjamin, Kracauer, Adorno, Klemperer, Weill et Brecht, dont il fait autant de portraits vivants et beaux. Les rapports du communisme au nazisme y sont longuement évoqués, qui occupèrent une place importante dans sa vie politique, et les concepts de ses livres principaux clairement explicités : d'Héritage de ce temps à l'oeuvre maîtresse, Le Principe Espérance. La biographie, dans cet entretien, n'est jamais distincte de l'analyse ; elles s'entremêlent. Rêve diurne, station debout et utopie concrète constitue en quelque sorte une autobiographie intellectuelle, vivante, passionnante.
Ce livre est un cri de guerre contre toutes les formes contemporaines d'oppression. Dans le sillage des Lumières, Bloch écrit un « traité de droit » d'une espèce particulière. Le destinataire? Ni les juristes qui travaillent au service des puissants, ni ceux qui utilisent le droit comme un gagne-pain, mais les humiliés et les offensés. À l'heure où s'effectue un retour du droit voisin de l'idéologie, Droit naturel et dignité humaine jette un pont entre les utopies sociales, projet de bonheur, et le droit naturel, projet de dignité. Vers l'émancipation intégrale.
Théoricien de l'utopie concrète et du prophétisme révolutionnaire, Bloch s'est aussi proclamé marxiste. Mais l'est-il encore vraiment? Certes, il prend au pied de la lettre consigne de Marx pour qui la philosophie ne doit pas seulement interpréter mais aussi changer le monde. Toutefois l'enjeu profond de son ?uvre est son opposition au matérialisme vulgaire, au marxisme mécaniste et à l'impuissance politique qui en découle. Bloch se propose de réhabiliter l'imaginaire et le sentiment dont il souligne l'effet dynamisant. C'est l'oubli de l'idéal socialiste qui a mué celui-ci en son contraire: le totalitarisme. Quelle que soit la classe à laquelle il appartient, l'individu acquiert une fonction primordiale en tant que contradiction humaine purement et simplement: celle figurée par Prométhée, l'homme qui se crée soi-même, par Job, l'instigateur de la révolte contre toute forme de despotisme, par Moïse, "l'inventeur de la catégorie de l'Exode", par le Christ qui prêche l'Apocalypse et veut "faire toute chose nouvelle", par Faust enfin à qui il importe fondamentalement d'extraire la quintessence (l'or) de ce qui se trouve dispersé et dégradé sous tant de formes (le plomb) dans le monde. Ce tome 3, consacré à l'"Identité", sanctionne l'inadéquation de la raison technique en situant sa vérité plus loin et plus haut: vers ce qui se nommait jadis Royaume de Dieu ou Souverain Bien. Pour Bloch, ce chrétien athée, le facteur humain subversif, à la recherche de son soi et de son Chez-soi (Heimat), transcendera donc mais sans plus aucune transcendance. C'est d'une part le franchissement de frontières sous toutes ses formes, et de l'autre l'échec par excellence, la mort, cet "ultime fiasco", que Bloch analyse dans cet cinquième et dernière partie où il passe en revue: les différents paradigmes, souvent contradictoires, de l'existence de bon aloi - les prototypes du franchissement de frontières abstrait ou au contraire médiatisé - la musique, le plus utopique de tous les arts, ce "partout et nulle part" où l'homme pressent la révélation de son incognito - la mort enfin, la riposte la plus dure qui soit à l'utopie; Bloch s'interroge ici sur les rêves de l'Espérance en une victoire sur la mort, qui se déploient dans l'art et surtout dans la religion. Le dernier chapitre réaffirme que le dépassement de l'inadéquation et la quête "Foyer" (Heimat), ce lieu de l'identité avec soi-même et avec les choses, sont aussi tâche politique
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.